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Le rapatriement des Ivoiriens reprend depuis le Libéria après l’épidémie du virus Ebola

Une réfugiée ivoirienne au Libéria prépare ses bagages avant le rapatriement.

Une réfugiée ivoirienne au Libéria prépare ses bagages avant le rapatriement. © HCR / D.Diaz

PROLLO, Côte d’Ivoire, 18 décembre (HCR)—L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés a repris son programme de rapatriement volontaire de dizaines de milliers de réfugiés ivoiriens depuis le Libéria, après une pause de plus d’un an du fait de la fermeture des frontières terrestres fermées pour contenir l’épidémie du virus Ebola.

Quelque 11 000 personnes parmi 38 000 réfugiés ivoiriens hébergés dans des camps au Libéria ont fait part de leur souhait de rentrer immédiatement. Un convoi transportant 244 personnes a quitté vendredi la ville côtière de Harper dans l’est du Libéria, à destination de la périphérie de Tabou dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire. La rivière frontalière a été traversée en ferry à hauteur de Prollo.

Un second convoi, transportant 401 personnes, a quitté le camp PTP dans le comté de Grand Gedeh vers Toulepleu dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Toulepleu est également situé près de la frontière, à environ 300 kilomètres au nord de Tabou.

« C’est une journée très importante et encourageante qui permettra aux réfugiés sur ces convois de rentrer, d’aider à reconstruire leur pays et de reprendre le cours de leur vie dans leurs maisons, après plusieurs années d’exil », a déclaré Ndeye Ndour, Représentante du HCR au Libéria. Elle a remercié les gouvernements des deux pays qui ont facilité la reprise des convois de retour.

Deux autres convois sont prévus d’ici la fin de l’année, ce qui portera le nombre de rapatriés d’ici la fin 2015 à plus de 1000 personnes. Les convois emprunteront des corridors humanitaires spécifiques car les frontières demeurent fermées. Les retours se poursuivront en janvier 2016, tandis que des travaux de réparations sont prévus pour améliorer l’accès par la route.

A l’arrivée à Tabou et Toulepleu, les rapatriés passeront une journée dans les centres de transit où ils recevront un repas chaud et passeront un examen médical, y compris un test pour le virus Ebola. Une campagne de sensibilisation visant à réduire le risque de discrimination et de stigmatisation liées au virus Ebola sera menée dans les communautés où ils seront de retour.

Avant leur rapatriement vers leurs villes ou villages, les rapatriés recevront des ustensiles de cuisine, des matelas, des moustiquaires et d’autres articles humanitaires de première nécessité de la part du HCR pour les aider à reconstruire leur vie ainsi que des rations alimentaires du PAM pour trois mois.

Le HCR aidera les rapatriés à la réinsertion dans leur patrie d’origine, via des programmes de génération de revenus, de formation et d’aide à la création d’entreprise. Le Gouvernement ivoirien a mis en œuvre des programmes d’aide aux rapatriés afin qu’ils retrouvent leurs terres et que les enfants aient accès à l’éducation.

Quelque 300 000 personnes avaient fui la violence qui a suivi les élections présidentielles de novembre 2010 en Côte d’Ivoire. Plus de 200 000 d’entre elles avaient trouvé refuge au Libéria voisin. Les crises se sont terminées en avril 2011 à la suite d’un accord politique ayant confirmé Alassane Ouattara en tant que Président.

Le rapatriement volontaire des réfugiés ivoiriens avait commencé à la fin 2012. Le HCR avait facilité le retour de quelque 40 000 réfugiés en provenance du Libéria. Toutefois environ 160 000 autres sont rentrés par leurs propres moyens.

L’épidémie du virus Ebola en Afrique de l’Ouest survenue l’an dernier a entraîné la fermeture de la frontière terrestre entre la Côte d’Ivoire, le Libéria et la Guinée voisins, forçant le HCR et ses partenaires à suspendre l’opération de rapatriement en juillet 2014.

Aucun réfugié ivoirien au Libéria n’a contracté le virus Ebola et de robustes mesures de prévention avaient été mises en œuvre dans les camps depuis le début de l’épidémie en mars 2014.

La paix est rétablie en Côte d’Ivoire dans la plupart des régions depuis avril 2011. Toutefois des attaques sporadiques et localisées ont eu lieu dans le sud-ouest. La sécurité dans la région a été renforcée, avec des mesures supplémentaires mises en œuvre pour garantir un passage sûr pour les convois. Le Gouvernement de la Côte d’Ivoire s’est concentré à développer la situation économique.

Par Diana Diaz à Prollo