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De brutales violences dans le nord du Nigéria forcent des milliers de personnes à fuir au Niger

Des réfugiés nigérians portent des bâches en plastique pour recouvrir des abris dans le camp de réfugiés de Savam Forage à Diffa au Niger. Photo d’archives, mai 2016. © HCR / Hélène Caux

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Babar Baloch – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 27 septembre 2019 au Palais des Nations à Genève.

Plus de 40 000 habitants ont été forcés de fuir depuis le nord-ouest du Nigéria vers le Niger suite à un regain d’attaques violentes contre les civils au cours des dix derniers mois.

Ces personnes cherchent à se mettre à l’abri des attaques aveugles lancées par des groupes armés organisés contre des hommes, des femmes et des enfants. De nombreux cas d’enlèvement, de torture, d’extorsion, de meurtre, de violence sexuelle ainsi que de destruction de maisons et de biens ont été signalés.

L’escalade de la violence dans les États nigérians de Sokoto, Zamfara et Katsina – commises par d’autres groupes que Boko Haram – a conduit à une nouvelle situation d’urgence humanitaire dans les régions frontalières du Niger. Les réfugiés nigérians continuent d’arriver dans plus de 50 villages des départements de Guidan Roumji, Guidan Sori et Tibiri. Durant la seule journée du 11 septembre dernier, plus de 2500 personnes ont fui lorsque des civils ont été pris pour cible par des groupes armés au Nigéria. Alors que la situation sécuritaire continue de se détériorer dans l’État de Sokoto, nous nous attendons à ce que l’afflux se poursuive vers le Niger.

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, travaille avec les autorités locales et ses partenaires humanitaires pour aider les réfugiés, dont beaucoup arrivent traumatisés et avec peu d’effets personnels.

Les villageois en fuite signalent que les attaquants sont bien équipés et bien organisés, et que certains réfugiés ont été chassés de l’autre côté de la frontière jusqu’au Niger.  Certains chefs de villages au Niger auraient également été pris pour cible et tués par les groupes armés.

Les réfugiés, dont beaucoup sont des femmes et des enfants, arrivent avec des détails effroyables sur la violence extrême. Une réfugiée de 14 ans a déclaré au personnel du HCR que des agresseurs avaient tué plus de 50 personnes dans son village, dont des membres de sa famille. Son père et ses deux jeunes sœurs, âgées de trois et quatre ans, ont été tués par balle, tandis que son frère de cinq ans a été tué à la machette. Les agresseurs ont volé toutes les possessions de sa famille.

Les agresseurs, qui prennent des civils en otage, en laissent d’autres libres afin qu’ils avertissent le reste de la communauté des conséquences s’ils ne paient pas de rançon et s’ils ne fuient pas leur maison.

Le HCR fournit une assistance d’urgence dans la région et enregistre les nouveaux arrivants avec six unités mobiles dans les régions frontalières. Nous avons ouvert un nouveau bureau de terrain et déployé du personnel ainsi que des ressources d’urgence pour répondre aux besoins humanitaires. Un avion-cargo 747 transportant 98 tonnes d’articles de secours du HCR a atterri à Niamey lundi 23 septembre. Des articles de secours sont distribués aux réfugiés et aux communautés hôtes qui les accueillent dans leurs villages.

La plupart des réfugiés se trouvent dans des villages proches de la frontière, qui subissent des incursions de groupes armés. Le HCR travaille avec les autorités locales pour transférer les réfugiés dans dix villages identifiés comme étant dans des endroits plus sûrs.

Il faut de toute urgence davantage de ressources pour soutenir les réfugiés et leurs hôtes. Un plan interorganisations d’aide aux réfugiés lancé cette semaine vise à recueillir 35,5 millions de dollars d’ici la fin 2019. Jusqu’à présent, nous ne disposons que de 6 % du financement nécessaire.

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter :

Publie par le HCR, le 27 septembre 2019