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Le HCR appelle les belligérants à protéger les populations déracinées et les communautés d’accueil dans les régions du Sahel et du lac Tchad

Aïcha Moussa, originaire du Nigéria, et ses deux enfants ont été forcés de fuir des violences dans la région du lac Tchad et du Sahel. Les voici devant leur nouvelle “maison” dans un camp de réfugiés au Tchad. © HCR / Aristophane Ngargoune

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, appelle à accroître la protection des personnes prises au piège de la violence résultant d’un regain d’actions militaires contre les groupes armés dans les régions du Sahel et du lac Tchad en Afrique de l’Ouest.

Des milliers de personnes ont fui quotidiennement leur foyer et leur village depuis le 29 mars, date à laquelle les forces de sécurité du Niger, du Tchad, du Nigéria et du Cameroun ont lancé des opérations militaires dans des régions frontalières, contre les groupes armés responsables d’attaques contre les civils et des membres des forces de l’ordre de ces pays.

« La sécurité des personnes déracinées et des communautés les accueillant doit être une priorité pour toutes les parties impliquées dans ce conflit », a déclaré Aissatou Ndiaye, directrice adjointe du bureau du HCR pour l’Afrique occidentale et centrale. « Trop de civils dans le Sahel et le bassin du lac Tchad ont déjà payé un prix élevé et ne devraient pas souffrir encore davantage. »

Près de 50 000 personnes, dont des milliers de femmes, d’enfants et de personnes âgées, ont été déracinées dans la région cette année, dont 25 000 d’entre elles depuis que l’armée tchadienne a lancé l’offensive « Colère de Boma » sur les rives du lac Tchad, à la fin mars, avec le soutien des militaires de pays voisins. Les autorités tchadiennes ont déclaré les départements du Fouli et de Kaya comme zone de guerre.

Par ailleurs, plus de 4000 personnes ont été déplacées par les affrontements qui ont eu lieu au début du mois dans la région de Tillaberi au Niger, tandis que des centaines d’autres ont traversé les frontières pour chercher refuge dans certaines régions du Mali, elles-mêmes déjà en proie à l’insécurité.

« Les attaques et les contre-attaques ne cessent de pousser les populations vivant dans les zones frontalières dans une misère plus profonde et risquent d’anéantir toute avancée pour assurer leur résilience », a ajouté Mme Ndiaye du HCR.

Quelque 6000 personnes ont par ailleurs fui le Niger vers le Mali, rejoignant au moins 10 000 Maliens déplacés internes par les troubles qui ont balayé toute la région du Sahel depuis janvier 2020.

Au Niger, le HCR et ses partenaires ont enregistré 191 incidents avec 549 victimes au cours des trois premiers mois de 2020 dans des localités situées à moins de 50 kilomètres des frontières. Ces incidents incluent des attaques armées, assassinats, enlèvements, vols et extorsion ainsi que les violences sexuelles et sexistes.

Le HCR rappelle aux gouvernements leurs obligations internationales et leurs engagements pris lors des dialogues régionaux de haut niveau l’année dernière à Abuja et à Bamako. Les Etats avaient alors réitéré leur engagement de protéger les civils et d’éviter qu’ils ne deviennent des victimes lors d’opérations anti-terroristes.

Le HCR se tient prêt à soutenir leurs efforts régionaux pour maintenir la nature civile et humanitaire de l’institution de l’asile et pour faciliter l’accès humanitaire. Le HCR continue à travailler avec les autorités pour identifier des lieux sûrs afin de relocaliser les personnes déracinées.

Les régions du Sahel et du lac Tchad sont toutes les deux confrontées à des conflits armés et à la violence depuis de nombreuses années. La situation humanitaire y est effroyable et l’accès est limité. Quelque 3,8 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur de ces deux régions et 270 000 autres ont fui vers les pays voisins en tant que réfugiés.

 

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Publie par le HCR, le 23 avril 2020