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Début de la mousson au Bangladesh : l’opération d’aide bat son plein

Les travaux de terrassement se poursuivent dans le centre de transit des réfugiés rohingyas à Ukhia, au sud-est du Bangladesh, en prévision de possibles inondations durant la saison de la mousson. © HCR / Caroline Gluck

Les travaux de terrassement se poursuivent dans le centre de transit des réfugiés rohingyas à Ukhia, au sud-est du Bangladesh, en prévision de possibles inondations durant la saison de la mousson. © HCR / Caroline Gluck

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, achemine du matériel d’aide supplémentaire au Bangladesh où les premières pluies de mousson ont touché le district de Cox’s Bazar et les centaines de milliers de réfugiés rohingyas qui s’y trouvent.

Le premier des trois ponts aériens humanitaires planifiés transportant du matériel d’abri supplémentaire est arrivé au Bangladesh le 1er mai. A son bord se trouvait un chargement de 1 400 tentes, le premier lot d’un total de 10 000 tentes que le HCR prévoit de transporter par avion d’ici la fin mai. L’objectif est que les tentes fournissent un abri d’urgence à environ 60 000 réfugiés résidant actuellement dans des zones à haut risque de glissements de terrain et d’inondations. L’aide est également acheminée par voie maritime – notamment des tentes supplémentaires, 170 000 bâches et autres articles de première nécessité.

Selon les partenaires humanitaires, entre 150 000 et 200 000 réfugiés rohingyas seront en danger durant cette saison de mousson. Ils vivent sur des parcelles sujettes aux glissements de terrain et aux inondations et ils doivent être relogés d’urgence. Parmi eux, 24 000 personnes sont exposées à un risque critique en raison de la grande instabilité du terrain sur lequel leurs abris ont été construits.

Depuis août 2017, plus de 670 000 réfugiés rohingyas ont fui au Bangladesh, rejoignant ainsi plus de 200 000 réfugiés déjà présents dans le pays. Dans un effort massif pour abriter les réfugiés et répondre à leurs besoins fondamentaux, le Bangladesh a généreusement alloué des centaines d’hectares de terrains sur lesquels vivent déjà les réfugiés.

De plus, le Gouvernement a récemment alloué de nouveaux terrains aux réfugiés afin qu’ils puissent s’y installer. Des ingénieurs civils du HCR, de l’OIM et du PAM travaillent jour et nuit pour aplanir ces terrains, afin de répondre aux besoins de ceux dont la vie est menacée. De lourds engins de terrassement et des milliers d’ouvriers y travaillent. Néanmoins, ces travaux avancent plus lentement qu’initialement prévu en raison de la pente et de l’instabilité du terrain. Le HCR espère relocaliser quelque 5 000 personnes sur ces nouveaux terrains d’ici la fin mai.

En l’absence d’un plus grand nombre de terrains disponibles et utilisables, le HCR a pris des dispositions temporaires pour la relocalisation d’urgence, qui seront activées selon les besoins. On estime que 35 000 réfugiés peuvent être accueillis par d’autres réfugiés vivant dans des zones plus sûres ; 34 000 réfugiés peuvent être accueillis au sein de structures communales dans des camps de réfugiés ; et 66 000 réfugiés peuvent être accueillis dans des tentes ou d’autres abris d’urgence à l’intérieur ou à proximité des camps actuels. Ces dispositions ne constituent pas une solution durable, mais elles peuvent sauver des vies humaines à court terme.

Parallèlement, en appui aux efforts intensifs du Bangladesh pour préparer les camps de réfugiés aux moussons, le HCR continue de renforcer sa propre capacité de préparation et d’intervention en cas d’urgence – afin de sauver des vies humaines, de réduire les risques de santé, de glissements de terrain et d’inondations ainsi que de préserver l’accès aux camps.

D’ici la fin mai, le HCR prévoit d’allouer à toutes les familles réfugiées des kits d’abris, qui comprendront des poteaux en bambou, des cordes, des bâches pour les abris, des sacs de sable et des outils. De plus, le HCR distribue 80 000 kits de pré-mousson pour aider à sécuriser les abris en cas de tempête, et stocke 160 000 kits de réponse post-catastrophe naturelle à distribuer aux réfugiés, ainsi que 30 000 kits de réponse post-catastrophe naturelle à distribuer à toutes les familles qui pourraient être affectées au sein de la communauté d’accueil. Le HCR a déjà installé cinq tentes-hôpital et des kits de santé d’urgence à Cox’s Bazar. D’autres médicaments et matériels de santé sont commandés.

Les réfugiés eux-mêmes travaillent avec nous sur les efforts de préparation. Les agents communautaires réfugiés de santé ont bénéficié d’une formation aux premiers secours et à la préparation aux cyclones. Certains d’entre eux ont été formés pour faire partie d’équipes de recherche et de sauvetage. Le HCR et ses partenaires travaillent en étroite collaboration avec les réfugiés pour mettre au point des systèmes d’alerte rapide et des campagnes d’information sur les situations d’urgence.

Le 16 mars, le HCR et ses partenaires ont lancé le Plan conjoint pour la réponse à la crise humanitaire des Rohingyas, et ils recherchent plus de 950 millions de dollars pour répondre en 2018 aux besoins immédiats de plus de 880 000 réfugiés rohingyas et plus de 330 000 Bangladais dans les communautés affectées par la crise. La part du HCR dans cet appel de fonds s’élève à plus de 180 millions de dollars.

En mai, seulement 16 % des fonds nécessaires ont été reçus. Le HCR est reconnaissant de l’appui généreux et dans un délai approprié qui a déjà été fourni par les donateurs – notamment pour les contributions sans affectation particulière qui nous ont permis de poursuivre notre travail sans interruption. Néanmoins il est vital que le HCR et ses partenaires disposent de davantage de ressources pour sauver des vies humaines et améliorer les conditions de vie des réfugiés pendant la saison de la mousson, ainsi que pour continuer, en temps voulu, à leur fournir une assistance et à assurer leur protection.