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Les non désirés : un portrait de la crise des réfugiés rohingyas

Des centaines d'enfants Rohingya font la queue pour se nourrir dans le camp boueux, insalubre et temporel d'Unchiprang au Bangladesh. Ils sont venus en bateau ou marchaient pieds nus pendant des jours à travers de vastes rizières. © HCR / Roger Arnold

Des centaines d’enfants Rohingya font la queue pour se nourrir dans le camp boueux, insalubre et temporel d’Unchiprang au Bangladesh. Ils sont venus en bateau ou marchaient pieds nus pendant des jours à travers de vastes rizières. © HCR / Roger Arnold

Par Fiona Irvine-Goulet

Depuis le 25 août 2017, plus de 600 000 personnes réfugiées rohingyas ont fui les violences au Myanmar. Elles sont dans l’ensemble des femmes et des enfants ; beaucoup ont été battues, torturées, violées ou ont vu leurs maisons et leurs villages complètement réduits en cendre. Leurs proches ont été assassinés ou ils ont tout simplement disparu. Depuis plusieurs années, le HCR assiste les personnes réfugiés rohingyas au Bangladesh, où la majorité a fui, et continue à leur fournir des produits de première nécessité.

Qui sont les Rohingyas et pourquoi sont-ils autant persécutés ?

Les Rohingyas forment une minorité musulmane de près de 1,3 million de personnes et représentent le plus grand groupe de population apatride dans le monde. Ils vivent dans le nord de l’État de Rakhine au Myanmar, un pays essentiellement bouddhiste. Considérés comme des « étrangers » à l’intérieur même de leur pays, ils n’ont pas de nationalité et sont privés de plusieurs droits humains fondamentaux, incluant le droit à la santé, à l’éducation et à l’emploi. La plupart d’entre eux vivent en dessous du seuil de la pauvreté. Au cours des années, des flux de personnes réfugiées rohingyas ont pris la fuite pour échapper à la persécution et aux violences au Myanmar.

 Qu’est-ce qui a provoqué cet exode récent ?

Le 25 août 2017, les médias officiels du Myanmar ont rapporté que 12 agents de sécurité avaient été tués par des insurgés rohingyas. Les opérations de répression menées ensuite par l’armée de l’État de Rakhine, les violences et la destruction des villages ont déclenché un exode. En seulement six jours, 270 000 Rohingyas avaient fui à pied ou par bateau vers le Bangladesh.

 

Un bébé dort sainement parmi quelque 5 000 personnes déplacées vers un nouveau site près du camp de réfugiés de Kutupalong. © HCR / Roger Arnold

Un bébé dort sainement parmi quelque 5 000 personnes déplacées vers un nouveau site près du camp de réfugiés de Kutupalong. © HCR / Roger Arnold

Où se trouvent les Rohingyas à l’heure actuelle ?

Depuis des décennies, le Bangladesh accueille des centaines de milliers de personnes réfugiées rohingyas. En 2017, pour faire face à l’afflux des nouveaux arrivants, le HCR a agrandi les camps de réfugiés déjà établis dans le district de Cox’s Bazar et a distribué des matériaux pour la construction d’abris ainsi que des produits de première nécessité. Le gouvernement bangladais a également alloué quelque 2 000 acres de terre à proximité du camp de réfugiés de Kutupalong pour l’installation de tentes familiales et d’abris collectifs temporaires devant recevoir les nouvelles personnes réfugiées. Malheureusement, il reste encore beaucoup de Rohingyas dans l’État de Rakhine ; c’est pourquoi le HCR a lancé un appel pour demander qu’on mette fin aux violences et qu’on lui garantisse un accès humanitaire pour venir en aide à cette population.

Que fait le HCR pour aider ?

Depuis ce jour, soit le 25 août 2017, le HCR a acheminé par avion vers le Bangladesh environ 1 500 tonnes d’aide de première nécessité, notamment des couvertures, des bâches en plastique, des nattes pour dormir, des rouleaux de plastique, des tentes familiales, des batteries de cuisine, des bidons et des seaux, afin d’assister 250 000 personnes réfugiées. Avec ses partenaires, le HCR aide à l’installation de l’annexe de Kutupalong, un nouveau site à proximité du camp de réfugiés de Kutupalong. Cette aide comprend également le financement d’une route visant à faciliter la construction et l’accès pour les personnes réfugiées, le soutien à la planification du site, la construction de latrines et de puits, l’amélioration des infrastructures pour l’eau et l’assainissement et la distribution de matériaux pour les abris.

Comme dans toutes les crises humanitaires où les familles peuvent être séparées, le HCR procède à l’enregistrement des familles et a mis au point un système afin de réunir les enfants non accompagnés avec leurs parents. Les victimes de violence sexuelle sont en particulier orientées vers des lieux sûrs. Le HCR intensifie aussi ses efforts pour identifier et orienter les enfants en danger afin qu’ils bénéficient d’un soutien adéquat.