UN Secretary general stands on a podium speaking into several mics

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, s’exprime lors du Sommet d’Islamabad sur les réfugiés, au Pakistan © HCR/Ivor Prickett

Lors du Sommet d’Islamabad sur les réfugiés, les dirigeants présents ont souligné la générosité sans faille du Pakistan et de l’Iran dans leur accueil des Afghans – et ont exhorté les autres États à faire davantage pour les aider.

Par Christopher Reardon à Islamabad, Pakistan


Le monde doit se mobiliser et faire davantage pour les réfugiés afghans, a déclaré aujourd’hui le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, en appelant à une plus grande solidarité et à un engagement accru dans le cadre de l’une des crises de réfugiés les plus importantes et prolongées au monde.


« L’Afghanistan et son peuple ne peuvent pas être abandonnés », a déclaré António Guterres. « Le moment est venu pour la communauté internationale d’agir et de tenir ses promesses. »

António Guterres s’est exprimé ce matin en ouverture d’une conférence de deux jours sur le sort des millions de réfugiés afghans, alors que l’évocation d’un éventuel accord de paix offrait une nouvelle lueur d’espoir.

Quatre décennies de conflit ont poussé des millions d’Afghans à fuir en exil. Les pays voisins, le Pakistan et l’Iran, ont fait preuve d’une générosité et d’une hospitalité extraordinaires au fil des ans. Pourtant, l’attention du monde s’est détournée vers d’autres régions du globe en raison du nombre important de personnes qui ont fui des pays comme la Syrie, le Soudan du Sud, le Myanmar et le Venezuela, ce qui a eu des implications en matière de financement également.

L’accueil d’un si grand nombre de réfugiés afghans a indéniablement mis à rude épreuve les communautés d’accueil en Iran et au Pakistan, qui abritent actuellement 90% des 2,7 millions d’Afghans enregistrés en tant que réfugiés à travers le monde.

Mais l’accueil des Afghans a également eu des effets bénéfiques, a déclaré le Premier ministre pakistanais Imran Khan, car les réfugiés et leurs hôtes ont tissé des liens étroits à bien des niveaux. « C’est une relation remarquable qui a perduré dans le temps », a-t-il déclaré.

Un « effet secondaire positif », a ajouté Imran Khan sur une note plus légère, est la façon dont les réfugiés afghans ont appris à jouer au cricket auprès de leurs hôtes pakistanais. « Mais ce qui est plus gênant, c’est que leur équipe de cricket des moins de 19 ans a battu l’équipe pakistanaise des moins de 19 ans ! »

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Imran Khan, Premier ministre du Pakistan, s’exprime lors du Sommet sur les réfugiés, au cours duquel les dirigeants ont salué la générosité du Pakistan et de l’Iran en tant que pays d’accueil et ont appelé à un soutien accru envers les réfugiés afghans et leurs hôtes. © HCR/Ivor Prickett

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Filippo Grandi, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (à droite), s’exprime lors d’une table ronde au Sommet sur les réfugiés, à Islamabad. © HCR/Ivor Prickett

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Des enfants afghans et pakistanais en costume national traditionnel chantent les hymnes nationaux des deux pays au début du Sommet sur les réfugiés, à Islamabad. © HCR/Ivor Prickett

L’Iran et le Pakistan ont chacun pris des mesures pour garantir l’accès des réfugiés aux écoles publiques et aux systèmes de santé nationaux. Ces initiatives, qui remontent à de nombreuses années, ont contribué à ouvrir la voie au Pacte mondial sur les réfugiés, qui vise notamment à alléger les pressions sur les pays d’accueil et à renforcer l’autonomie des réfugiés.

« C’est ce que nous sommes venus célébrer aujourd’hui », a déclaré Filippo Grandi, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. « La compassion, l’hospitalité, la solidarité des populations des pays d’accueil – et le courage et la résilience du peuple afghan. »

« Notre objectif est de mobiliser davantage de ressources et d’investissements [et] d’élargir le cercle des partenaires. »

Filippo Grandi et d’autres intervenants ont lancé un appel à une solidarité accrue envers les réfugiés afghans et leurs hôtes.

« Notre objectif », a déclaré António Guterres, « est de mobiliser davantage de ressources et d’investissements, d’élargir le cercle des partenaires et de forger des liens plus solides entre les efforts humanitaires, de développement et de paix. »

Après des décennies de conflit, l’Afghanistan reste un pays instable. Plus de 400 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays l’année dernière – à cause du conflit, de la sécheresse et d’autres catastrophes naturelles. Parallèlement, seuls 8000 réfugiés ont pu rentrer chez eux grâce au programme de rapatriement librement consenti.

Et pourtant, le soutien mondial aux réfugiés afghans – et aux pays et communautés qui les accueillent – a diminué. Pour la troisième année consécutive, le HCR a reçu moins de la moitié du budget nécessaire pour la situation en Afghanistan. Ces financements insuffisants, année après année, pèsent lourdement sur les réfugiés et les communautés d’accueil, car les programmes sont réduits, ainsi que sur les gouvernements des pays d’accueil, qui doivent faire face aux conséquences.

Ceux qui paient le plus lourd tribut sont souvent les jeunes réfugiés. Les efforts déployés pour éduquer et responsabiliser les jeunes Afghans en exil peuvent les préparer à jouer un rôle de premier plan dans la reconstruction de leur pays lors de leur retour. Mais il faut investir davantage dans les infrastructures scolaires, le personnel enseignant et les bourses universitaires.

Un soutien international accru permettrait également d’intensifier les programmes de formation dans le cadre desquels les Afghans et leurs hôtes étudient côte à côte, et développent des compétences qui leur permettent de gagner leur vie.

« Nous devons les considérer comme des individus à part entière et mettre en place des solutions adaptées au XXIe siècle. »

« Pendant des décennies, j’ai entendu parler des Afghans comme étant des pions sur un vaste échiquier politique, et cela doit changer », a déclaré Sania Nishtar, médecin pakistanaise qui occupe le poste d’Assistante spéciale auprès du Premier ministre pour la protection sociale et la lutte contre la pauvreté. Elle a ajouté : « Nous devons les considérer comme des individus à part entière et mettre en place des solutions adaptées au XXIe siècle. »

Parmi les autres intervenants au Sommet sur les réfugiés figuraient Sarwar Danish, deuxième Vice-président de l’Afghanistan, Shah Mahmood Qureshi, Ministre des affaires étrangères du Pakistan, et Zalmay Khalilzad, Représentant spécial des États-Unis pour la réconciliation en Afghanistan.

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Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés Filippo Grandi rencontre un groupe de réfugiés, dont de nombreux Afghans, dans un hôtel d’Islamabad à la veille du Sommet sur les réfugiés. © HCR/Ivor Prickett

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Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, rencontre un groupe de réfugiés, dont de nombreux Afghans, dans un hôtel d’Islamabad à la veille du Sommet sur les réfugiés. © HCR/Ivor Prickett

Avant le sommet, le Secrétaire général et le Haut Commissaire ont rencontré dimanche à Islamabad un groupe de 20 réfugiés, parmi lesquels des doyens de la communauté et de jeunes étudiants universitaires prometteurs.

« Je suis une enfant de la guerre. Je suis née réfugiée », a déclaré Zainab Maha Shah, 22 ans, qui étudie maintenant la bio-informatique dans l’une des universités les plus prestigieuses du Pakistan, Quaid-i-Azam. Elle fait partie des quelque 350 réfugiés au Pakistan bénéficiant de bourses DAFI financées par l’Allemagne et administrées par le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés.

La plupart de ses camarades n’ont pas cette chance. Shah et d’autres participants à la rencontre ont plaidé pour davantage de bourses, de formations et d’opportunités leur permettant de gagner leur vie.

Après quatre décennies, la communauté internationale doit investir davantage pour l’avenir des réfugiés afghans, en les aidant à acquérir les savoirs et les compétences nécessaires afin de reconstruire leur pays lorsque la paix et la stabilité seront enfin rétablies.

« En attendant », a déclaré Filippo Grandi, « nous ne pouvons pas abandonner les réfugiés afghans – ni les Afghans à l’intérieur du pays – à une autre année, et encore moins à une autre décennie, d’une existence précaire en attendant le rétablissement de la paix. »

Publie par le HCR, le 17 février 2020

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