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L’insécurité permanente dans l’est de la RDC menace l’action engagée pour endiguer le coronavirus

Une femme se lave les mains

Une déplacée interne se lave les mains avant de recevoir une allocation d’aide en espèces dans le site de Kigonze, province d’Ituri, en République démocratique du Congo (RDC). © HCR

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Babar Baloch – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 17 avril 2020 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, est alarmé par les récentes flambées de violence dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) qui ont déplacé des milliers de personnes et pourraient avoir de terribles conséquences pour le pays, aux prises avec un nouveau combat contre le coronavirus mortel.

Plus de cinq millions de personnes ont été déracinées par le conflit à l’intérieur des frontières de la RDC, soit la plus vaste population de déplacés internes en Afrique. Le pays abrite également plus d’un demi-million de réfugiés qui ont fui les troubles et les persécutions dans les pays voisins.

Les récentes attaques lancées dans les provinces du Nord-Kivu et d’Ituri auraient déplacé plus de 35 000 personnes au cours des dernières semaines, dont environ 25 000 dans les villages situés au sud du territoire de Lubero.

Parallèlement, la sécurité s’est détériorée dans le territoire de Djugu, dans la province d’Ituri, où les attaques toujours plus nombreuses livrées par des assaillants inconnus ont déjà déplacé plus de 12 000 personnes ce mois-ci.

Ces attaques font obstacle à l’accès humanitaire, empêchent de porter assistance à des déplacés désespérés et perturbent la coordination capitale des efforts de sensibilisation et de prévention du Covid-19.

La violence et l’insécurité permanente dans d’autres parties du pays pourraient également empêcher les déplacés d’accéder aux centres de santé publique. Par ailleurs, nombre des sites et zones d’accueil de déplacés étant surpeuplés, le respect des mesures de distanciation physique et sociale n’est guère possible.

Tandis que les cas de Covid-19 ne cessent de croître en RDC, avec 287 cas confirmés et 23 décès principalement à Kinshasa, la capitale, le HCR travaille en étroite collaboration avec d’autres agences des Nations Unies et des partenaires humanitaires pour prévenir la propagation de la maladie au sein des populations de réfugiés et de déplacés internes. Parallèlement, nos équipes poursuivent les activités engagées pour protéger et aider les réfugiés et les déplacés internes.

A ce jour, aucun cas de contamination par le COVID-19 n’a été signalé chez les réfugiés et les demandeurs d’asile en RDC. Le HCR redouble d’efforts pour mettre en œuvre des mesures de prévention et de réponse dans les camps et sites de réfugiés.

Nous sommes extrêmement préoccupés par l’insécurité et la réduction de l’accès humanitaire qui vont entraîner des difficultés majeures pour le pays dont les services de santé sont déjà submergés et à bout de ressources.

L’insécurité dans l’est du pays a contraint des partenaires du HCR à retirer les équipes déployées sur les sites de déplacement à Drodro et Bule dans la province d’Ituri, à la fin du mois de mars, laissant les déplacés sans aucune aide concrète. Le HCR et ses partenaires ont facilité la création de 14 comités humanitaires chargés d’assurer la gestion temporaire à distance jusqu’à ce que la sécurité s’améliore.

Nous poursuivons par ailleurs nos efforts de prévention et de lutte contre le Covid-19 malgré les difficultés rencontrées dans de nombreuses autres régions de la RDC, en tirant profit de l’expérience acquise durant l’épidémie d’Ebola, seconde épidémie mondiale par son ampleur, qui avait déjà frappé le pays en 2018.

Partout où c’est possible, le HCR renforce ses activités habituelles de santé et de désinfection dans les camps, les sites et les centres de transit. Les mesures actuelles de prévention du COVID-19 consistent notamment à relever les températures aux points d’entrée dans les camps, sites et centres de transit et nous avons installé environ 365 points de lavage des mains et d’ores et déjà distribué plus de 23 000 savonnettes.

Le HCR mène également des campagnes de sensibilisation de masse pour informer les populations des mesures sanitaires mises en œuvre par le gouvernement et fournir des conseils sur les mesures de prévention permettant de réduire le risque d’infection.

Les réfugiés et les personnes déplacées expriment souvent des craintes au sujet du virus, principalement dues à de mauvaises informations. Même si la distanciation physique peut être difficile à mettre en œuvre dans les camps et sites d’installation surpeuplés, le lavage des mains est dans l’ensemble rigoureusement appliqué.

A travers tout le pays, le HCR apporte également son appui au système national de santé pour lui permettre d’intensifier sa réponse. Ainsi, nous avons établi trois centres d’isolement dans la province du Kasaï où les patients présentant les symptômes du Covid-19 pourront être adressés pour traitement, ce qui réduira la charge des hôpitaux et des structures de santé publique.

En collaboration avec nos partenaires, nous distribuons également des équipements médicaux, des lits, des masques chirurgicaux de protection, des gants et d’autres fournitures pour contribuer à combler de graves pénuries dans les zones d’accueil de réfugiés et de déplacés internes. Ces zones sont souvent isolées dans des régions déjà mal dotées en infrastructures de santé et connaissant de fréquentes pénuries de médicaments.

En outre, nous maintenons les programmes existants dans la mesure du possible. Nous continuons d’aider les déplacés dans la province du Nord-Kivu au moyen d’allocations en espèces permettant de satisfaire différents besoins, qu’il s’agisse de nourriture, de soins de santé ou d’abris. Nous avons désormais recours à des transferts d’argent via la téléphonie mobile afin de réduire les contacts physiques et avons déjà fourni des téléphones portables et des cartes SIM à plus de 5900 ménages de déplacés internes.

Par ailleurs, près de 2000 demandeurs d’asile burundais récemment arrivés et logés dans un centre de transit de la province du Sud-Kivu seront transférés vers une installation permanente. Des abris temporaires sont en cours de construction et ces nouveaux arrivants demeureront en quarantaine pendant 14 jours et recevront des allocations d’aide en espèces transférées via la téléphonie mobile pour construire leurs propres abris.

Le HCR continue de plaider pour l’accès égal des réfugiés et des déplacés aux systèmes nationaux de santé mis en place pour combattre le Covid-19.

 

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter :

Publie par le HCR, le 17 avril 2020