Un jeune réfugié soudanais est assis sur un sac de vêtements au centre de réception de Dzaipi dans le nord de l'Ouganda.

Un jeune réfugié soudanais est assis sur un sac de vêtements au centre de réception de Dzaipi dans le nord de l’Ouganda. © HCR / F. Noy

GENÈVE, 16 décembre (HCR)—Du Moyen-Orient à l’Afrique, les guerres et les conflits poussent un nombre sans précédent de personnes à fuir leurs maisons.

Parallèlement, ailleurs et particulièrement en Asie, des inondations, des ouragans, des cyclones et des sécheresses détruisent de plus en plus de foyers et de moyens d’existence.

Alors que les gouvernements et la communauté humanitaire tentent de trouver des solutions efficaces, le besoin se fait grandement ressentir de comprendre les causes profondes des niveaux actuels de déplacements.

C’est le thème de la huitième conférence annuelle du Dialogue du Haut Commissaire sur les défis en matière de protection qui a commencé ce jour à Genève (16 décembre).

« Aujourd’hui, le monde est à la croisée des chemins », a déclaré le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés Antonio Guterres à l’ouverture de la conférence annuelle de deux jours intitulée « Comprendre les causes profondes des déplacements et y faire face ».

« Du point de vue humanitaire, cette situation est déterminée par deux problèmes majeurs, à savoir la multiplication apparemment incontrôlable de violents conflits, dans un contexte marqué par l’insécurité mondiale, et les effets croissants et omniprésents des catastrophes naturelles et du changement climatique, qui dessinent déjà les contours de notre présent et détermineront davantage notre avenir », a-t-il ajouté.

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, dont le mandat se termine à la fin du mois de décembre après 10 ans de service au HCR, a appelé à une approche allant au-delà la réponse d’urgence immédiate pour analyser « le facteur responsable en premier lieu de la situation ».

« Je considère le présent Dialogue comme l’occasion de prendre du recul pour examiner les causes profondes des déplacements, telles qu’elles sont, à savoir multiples, liées, se recoupant et se renforçant les unes les autres, c’est-à-dire des facteurs qui s’accumulent et qui contribuent en fin de compte à contraindre les gens à fuir leurs maisons », a-t-il indiqué.

« Il est évident que nous ne saurions traiter ces causes d’une manière isolée. Nous devons les examiner ensemble », a-t-il ajouté.

Le nombre de personnes déracinées par les conflits et la violence a atteint un niveau inégalé depuis la Seconde Guerre mondiale, avec près de 60 millions de personnes déracinées à la fin 2014.

Parmi les crises générées par de multiples causes, il y a le Soudan du Sud, la plus jeune nation au monde, où 1,6 million de personnes sont dû quitter leur foyer à cause de l’éruption de la guerre il y a deux ans ou de la famine qui a suivi, ou des deux.

Dans les régions proches du niveau de la mer au Bangladesh, parallèlement, des milliers de personnes sont déjà déplacées par des marées de tempêtes et la hausse du niveau de la mer qui sont liées au changement climatique. Des millions d’autres risquent encore d’être déracinés à l’avenir.

Le Dialogue du Haut Commissaire, qui dure jusqu’à jeudi, rassemble des représentants de gouvernements, d’organisations intergouvernementales, de la société civile et d’autres partenaires humanitaires et universitaires.

En signalant la nécessité de comprendre de façon plus nuancée les causes profondes de déplacements anciens, nouveaux et futurs, António Guterres a souligné le besoin accru de distinguer les déclencheurs et les causes sous-jacentes de déplacement.

Il a également souligné le besoin de renouveler la volonté politique et le leadership afin de protéger et de trouver des solutions pour les personnes déracinées et de se concentrer sur le développement durable, la bonne gouvernance, l’état de droit et le respect des droits humains pour pouvoir prévenir le besoin de fuir et mettre en œuvre des solutions durables.

« Le leadership et la volonté politique sont essentiels pour mettre fin aux violents conflits ayant déraciné des dizaines de millions de personnes et pour enfin dompter la progression du réchauffement climatique », a indiqué António Guterres. « Mais en attendant, la coopération au développement a également un rôle clé à jouer dans les efforts visant à traiter les causes profondes des déplacements. »

Pour lire le discours d’ouverture du Haut Commissaire pour la huitième conférence annuelle du Dialogue du Haut Commissaire sur les défis en matière de protection, cliquez ici.

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