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21e Conférence des Parties : changement climatique, réfugiés et couture

Une robe cousue dans une tente du HCR est exposée à la gare St Pancras de Londres pour marquer le début de la COP21.

Une robe cousue dans une tente du HCR est exposée à la gare St Pancras de Londres pour marquer le début de la COP21. © HCR / David Betteridge

LONDRES, le 30 novembre (HCR)—Une robe faite à partir du lourd tissu d’une tente utilisée par les réfugiés en Jordanie revient à la vie de façon inattendue à la gare ferroviaire de Londres, où elle arbore des données météorologiques fournies par le Met Office.

La création haute couture, conçue par l’une des plus célèbres créatrices de mode britanniques, Helen Storey, professeur, Membre de l’ordre de l’Empire britannique (MBE), souligne une question de plus en plus préoccupante pour le HCR : le rôle, important, des changements climatiques dans le déplacement de populations.

Ce problème sera l’un des sujets de discussion de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques. L’objectif de la conférence, qui réunira du 30 novembre au 11 décembre des représentants de plus de 190 pays, est de conclure un accord mondial, ayant force exécutoire, visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à limiter la hausse des températures de la planète.

Le HCR estime que des événements liés aux changements climatiques (sécheresses, inondations et tempêtes) vont être, dans un avenir proche, les principaux facteurs de déplacement des populations à l’intérieur d’un pays ou hors des frontières.

La création d’Helen Storey, baptisée « Dress for our Time » (Robe pour notre époque) est exposée dans la gare internationale Saint-Pancras de Londres. Elle a été créée à partir d’une tente du HCR utilisée pour abriter une famille syrienne dans le camp de réfugiés de Zaatari, à l’est de la Jordanie. La robe, sur laquelle des données structurées fournies par le Met Office (le service de météorologie national du Royaume-Uni) ont été portées, démontre quelles seraient les répercussions environnementales de changements climatiques dont la croissance se poursuivrait au rythme actuel.

« Je voulais créer un symbole puissant de l’être humain face à la nature précaire de son existence », explique Helen Storey. « En donnant une deuxième vie à la tente, l’œuvre démontre un lien immuable avec l’humanité et montre combien il est important de soutenir et de protéger toutes les personnes et les générations à venir », ajoute t elle.

Chaque année, 26,4 millions de personnes en moyenne sont forcées de quitter leur demeure en raison de catastrophes naturelles, et un nombre croissant de personnes vulnérables vit dans des zones sujettes à des catastrophes naturelles.

En conclusion d’une récente étude, le HCR, qui constate que l’insécurité alimentaire et hydrique entraîne une plus grande concurrence pour des ressources plus rares, s’alarme sur le fait que des déplacements de populations plus importants attribuables aux changements climatiques pourraient survenir dans les années à venir.

Illuminée par la lueur rouge des données, l’œuvre d’Helen Storey est exposée à l’entrée de la gare Saint-Pancras, à l’Eurostar, passerelle menant à Paris où aura lieu la Conférence sur le changement climatique, connue sous le nom de la 21e Conférence des Parties (COP21). Les délégués qui passeront par la gare vont se trouver face à face avec la robe : elle doit éveiller leur imagination et susciter des questions sur les mesures à prendre pour lutter contre les changements climatiques.

« « Dress for our Time » est là pour faire entendre la voix du peuple et partager les espoirs et les craintes à l’égard de l’avenir de notre planète », explique encore Helen Storey. « Aucun d’entre nous n’a de réponse pour toutes les questions. Mais, en utilisant des moyens créatifs pour aborder les enjeux qui nous importent tous, nous et nos générations futures, nous pouvons trouver de nouvelles façons pour explorer les éléments probants et préserver un lien avec la vérité. »

 

Par Laura Padoan, Londres