Les réfugiés : une contribution positive au Canada

les avantages sociaux et économiques d’accueillir les personnes contraintes de fuir

Les réfugiés arrivent au Canada en provenance d’une grande diversité de pays cherchant à échapper à la guerre, à la persécution et aux violations des droits de la personne.

Ils sont unis par le désir profond de reconstruire leur vie. Comme tout le monde, ils veulent aller de l’avant, trouver un emploi, voir leurs enfants aller à l’école et s’épanouir et apporter leurs contributions à leurs communautés. Si la plupart arrivent avec très peu, ils apportent pourtant énormément au Canada. Leur présence renforce notre pays et enrichit son économie, sa culture et ses communautés.

Ce que les données nous disent

À partir des données de Statistique Canada et d’autres sources*, le HCR Canada a dressé un aperçu de l’intégration des réfugiés au Canada – emploi, rémunération, professions et éducation.

Voici ce que les données révèlent :

  • Les réfugiés renforcent la main-d’œuvre canadienne
    Les réfugiés sont deux fois plus susceptibles que les travailleurs nés au Canada d’occuper un emploi dans les secteurs de la fabrication et des services d’utilité publique, et une proportion plus importante des réfugiés travaillent dans les secteurs de la santé et des métiers spécialisés.
  • Les réfugiés arrivent prêts à travailler
    La majorité d’entre eux arrivent au cours de leurs premières années de vie active. Les réfugiés aident à compenser le vieillissement de la population canadienne et favorisent la viabilité économique à long terme.
  • Les revenus des réfugiés augmentent de manière constante
    Au cours des dix années qui suivent leur arrivée, le revenu d’emploi médian des réfugiés augmente de 31,5 %.
  • Les réfugiés s’investissent au Canada
    Plus de 80 % des réfugiés choisissent de devenir citoyens canadiens au cours des dix années qui suivent leur arrivée, ce qui témoigne d’un profond désir de participer pleinement à la vie civique et démocratique du pays.

Les statistiques montrent les gains réalisés par les réfugiés dans le pays d’un océan à l’autre. Les données témoignent également de l’incroyable potentiel des réfugiés lorsque le Canada offre la sécurité aux personnes qui ont fui leur pays.

Il convient de reconnaître le rôle important joué par les gouvernements, les administrations municipales, les entreprises, les écoles et la société civile pour offrir aux réfugiés des possibilités de réussite.

Le Canada comme pays d’accueil

Pendant des dizaines d’années, au fil des gouvernements et des époques, le Canada a ouvert ses portes aux personnes fuyant la guerre, la violence et la persécution. Qu’il s’agisse des Hongrois en 1956, des Ougandais d’origine asiatique dans les années 1970, du mouvement des réfugiés d’indochine dans les années 1980 ou, plus récemment, des Syriens, des Afghans et des Ukrainiens, le Canada est toujours demeuré un refuge sür pour les réfugiés, leur offrant l’espoir et un nouveau départ.

Entre 1980 et 2024, le Canada a accueilli environ 1,5 million de réfugiés. Ces chiffres comprennent les personnes reconnues comme réfugiés au Canada ou réinstallées à partir de l’étranger.

Soutenir l’économie canadienne

Recherche d’emploi

Les réfugiés affichent un taux d’emploi comparable à celui des travailleurs nés au Canada. D’année en année, le taux d’emploi des réfugiés augmente de façon constante. Pour les réfugiés arrivés au Canada avant 2010, le taux de chômage est pratiquement le même que celui des citoyens canadiens nés au Canada (10 % contre 8 %), ce qui constitue un indicateur clair d’une intégration réussie.

Les réfugiés font souvent preuve d’initiative pour gagner leur vie, que ce soit en démarrant des petites entreprises ou en exerçant une activité autonome. Dans les deux cas, les réfugiés contribuent à leur communauté en payant des impôts, en participant au marché du travail et en procurant des biens et des services essentiels.

Croissance des revenus d’emploi

Le revenu des personnes réfugiées augmente régulièrement au fil de leur intégration et de leur progression professionnelle. Même si les premières années de réinstallation constituent une période de transition importante, les données montrent une trajectoire ascendante claire et constante en matière de stabilité économique. Au cours de la première année après leur arrivée au Canada, le revenu d’emploi médian des réfugiés se situe à environ 25 400 $. Après dix ans de participation au marché du travail et d’intégration dans leurs communautés, les réfugiés voient leur revenu médian grimper à 33 400 $, ce qui représente une hausse importante de 31,5 %.

Cette croissance constante met en lumière la résilience et la détermination des réfugiés qui, en reconstruisant leur vie à partir de zéro, évoluent vers la classe moyenne et apportent une contribution de plus en plus importante à l’économie canadienne.

Répartition des revenus

En accédant à la classe moyenne, 40 % des réfugiés gagnent 40 000 $ ou plus par année. Les réfugiés travaillent assidûment pour améliorer leur situation financière. De nombreux réfugiés évoluent des tranches de revenu inférieures vers les tranches de revenu supérieures – se rapprochant ainsi de la classe moyenne – autre indicateur de leur réussite économique et de leur intégration.

Façonner l’avenir du Canada

La main-d’œuvre qualifiée dont le Canada a besoin

Les réfugiés apportent l’expertise diversifiée nécessaire au fonctionnement des industries les plus essentielles du Canada. Les réfugiés sont plus susceptibles que les citoyens canadiens nés au Canada de travailler dans les domaines des soins de santé, des métiers et de la fabrication : rôles qui sont non seulement très recherchés, mais également essentiels à l’infrastructure et à la vie quotidienne du pays.

Si les catégories de données sont larges, un examen plus approfondi de la Classification nationale des professions** montre que les réfugiés occupent des rôles « pilier » de notre économie.

  • Métiers, transport et machinerie :
    Les réfugiés jouent un rôle essentiel dans les secteurs de la construction et du transport au Canada. Ce groupe comprend les professionnels de la construction qui construisent nos maisons et nos hôpitaux, les mécaniciens qui entretiennent nos véhicules, ainsi que les chauffeurs et les exploitants dans le transport en commun qui assurent le fonctionnement de nos chaînes d’approvisionnement nationales et de nos communautés locales.
  • Fabrication et services d’utilité publique :
    Les réfugiés sont deux fois plus susceptibles que les travailleurs canadiens nés au Canada d’être employés dans ces secteurs, qui représentent ensemble environ 11,5 % du PIB total du Canada (9,5 % pour l’industrie de la fabrication et 2 % pour les services d’utilité publique). Les réfugiés occupent des postes de conducteurs de machines dans les secteurs de l’agroalimentaire, du textile, de la production de bois et de contrôleurs d’équipement au sein de nos réseaux d’électricité et d’eau, assurant ainsi la production de biens essentiels et la stabilité de notre infrastructure énergétique.
  • Soins de santé et services :
    Un pourcentage plus élevé de réfugiés que de citoyens canadiens nés au Canada exercent des professions de la santé et offrent des soins essentiels dans nos hôpitaux et nos maisons de soins de longue durée. Leur présence dans ces domaines et leur forte participation dans les secteurs de la vente et des services soulignent leur volonté d’occuper des postes dans lesquels la pénurie de main-d’œuvre persiste.

En apportant la main-d’œuvre et les compétences techniques nécessaires à ces secteurs essentiels, les réfugiés ne se contentent pas de s’intégrer dans l’économie; ils renforcent les systèmes mêmes qui soutiennent la croissance économique et le bien-être communautaire de l’ensemble de la population canadienne.

Dans les secteurs de la santé et des métiers en particulier, les projections relatives au marché du travail du gouvernement canadien pour 2024-2033 font état d’un certain nombre de postes présentant des risques de pénurie. Notamment dans le domaine des soins infirmiers et des services de soutien en santé, postes que des réfugiés comme Tekle Mehari aident à pourvoir pour soutenir leur communauté.

Population en âge de travailler

La population canadienne vieillit. La plupart des réfugiés arrivent au Canada assez jeunes, offrant ainsi une main-d’œuvre et un capital humain pour de nombreuses années.

Un pourcentage important de réfugiés sont en âge de travailler, aptes et disposés à contribuer au marché du travail canadien. Cet avantage démographique soutient la croissance économique et le développement durable du pays.

Contribution sociale : les réfugiés s’investissent dans l’avenir du Canada

Les réfugiés contribuent aux communautés dans lesquelles ils vivent. Les communautés canadiennes prospèrent grâce à une longue tradition de bénévolat et de participation civique. Les réfugiés occupent une place centrale dans cette tradition : ils ne se contentent pas de vivre dans leurs communautés, ils participent activement à leur développement. Cet engagement transparaît surtout dans leurs taux élevés d’obtention de la citoyenneté et leur engagement au service des autres.

Contribuer par le service communautaire et le bénévolat

Selon les données de l’enquête sur les résultats des nouveaux arrivants d’IRCC, près d’un réfugié sur trois a déclaré participer à des activités de bénévolat, apportant ainsi un soutien essentiel aux quartiers qu’ils habitent.

Cette participation s’effectue souvent dans les domaines où les communautés en ont le plus besoin :

  • Groupes confessionnels et associations culturelles :
    De nombreux réfugiés assument des rôles de leadership au sein d’organismes religieux, où ils coordonnent des cuisines communautaires, gèrent des collectes de vêtements ou organisent des festivals qui célèbrent l’identité multiculturelle du Canada.

     

  • Activités jeunesse et sportives :
    On retrouve souvent des réfugiés bénévoles dans les coulisses en tant qu’entraîneurs et organisateurs. Ils utilisent des sports comme le soccer pour aider les enfants nouvellement arrivés à retrouver leur confiance et à surmonter les barrières culturelles, créant ainsi un sentiment d’appartenance pour tous les jeunes.

     

  • Écoles et éducation :
    Contrairement à la perception selon laquelle les barrières linguistiques empêchent de s’impliquer, de nombreux réfugiés interviennent bénévolement dans les écoles en tant que « conseillers culturels ». Ils participent aux activités parents-enseignants, aident dans les classes et offrent des services de traduction informels aux autres familles de nouveaux arrivants pour s’assurer qu’aucun enfant ne soit laissé pour compte.

     

Citoyenneté

Prendre la décision de devenir citoyen canadien est un engagement très fort. Il exprime la volonté de contribuer au pays et d’assumer l’ensemble des responsabilités liées à la citoyenneté. Les taux d’obtention de la citoyenneté des réfugiés sont élevés – plus de 80 % au bout de trois ans.

Pour devenir citoyens canadiens, les réfugiés doivent vivre au Canada pendant au moins trois ans, payer des frais et réussir un test de connaissance de l’histoire, de la géographie, de l’économie, des lois et des symboles du Canada, ainsi que produire des déclarations de revenus et attester de leurs compétences linguistiques en français ou en anglais.

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des réfugiés deviennent citoyens canadiens

Éducation

L’éducation est une priorité pour les réfugiés, plus de la moitié d’entre eux obtenant un certificat d’études postsecondaires ou de niveau supérieur. Ces diplômes leur offrent les outils nécessaires pour contribuer à l’avenir du Canada.

* Remarque sur les données : La présente étude utilise le terme réfugié pour décrire les personnes : 1) qui ont été admises au Canada à titre de résidents permanents (immigrants reçus) dans le cadre de l’un des programmes canadiens de réinstallation des réfugiés; ou 2) qui ont été reconnues comme réfugiés au Canada et ont par la suite obtenu la résidence permanente au Canada. L’étude examine les dernières données et recherches disponibles pour offrir un aperçu de la vie et des réalisations des 1,5 million de réfugiés arrivés au Canada depuis 1980. Une grande partie de l’information repose sur une analyse des résultats du Recensement de 2021. Le HCR remercie la Direction générale de la recherche et de l’évaluation d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada pour son aide et Statistique Canada pour avoir fourni les données sources sur lesquelles s’appuie l’étude. Cette contribution ne signifie pas pour autant que les deux ministères cautionnent le présent document.

** Les catégories professionnelles ci-dessus sont tirées de la Classification nationale des professions (CNP) 2021 du gouvernement canadien. La liste complète des professions de chaque catégorie peut être consultée à l’adresse suivante : https://noc.esdc.gc.ca/Structure/Hierarchy?GoCTemplateCulture=fr-CA

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