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Véronique Lamontagne reçoit le Prix national Métropolis 2019 pour son travail de mobilisation des villes et en faveur des migrants et réfugiés

Véronique Lamontagne, dans un parc au centre-ville de Montréal. Photo courtoisie de Audrey Gaspard.

« Je félicite chaudement Véronique Lamontagne pour ce prix qui honore ses années d’expérience et sa grande implication pour la défense des droits humains » : Valérie Plante, mairesse de Montréal.

OTTAWA, Canada, 23 mars (HCR) – Véronique Lamontagne est conseillère en relations internationales au Bureau des relations internationales de la Ville Montréal. En reconnaissance de son travail exceptionnel, notamment dans l’accueil et l’intégration des réfugiés à Montréal, Véronique, une jeune femme dynamique et passionnée par la question des migrations en milieu urbain, se voit décerner aujourd’hui le Prix national Métropolis 2019 dans la catégorie « décideurs ». Métropolis est un forum qui réunit des chercheurs, des décideurs et les organismes qui œuvrent dans le secteur de l’immigration. Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, a accueilli la nouvelle avec beaucoup d’enthousiasme. Véronique s’est récemment entretenue avec Denise Otis, cheffe du bureau du HCR à Montréal.

Qu’est-ce qui vous intéresse le plus dans votre travail?

Les parcours de vie, la détermination, la résilience de réfugiés offrent de grandes leçons de vie et sont sources d’inspiration. Deux exemples me viennent en tête.

J’ai récemment revu, après plus de vingt ans un réfugié que j’ai eu la chance de représenter à titre d’avocate et dont je gardais un excellent souvenir. Un juge du Maghreb arrivé au Canada dans les années 1990 qui, à défaut de pouvoir occuper un emploi dans le domaine juridique, faute d’équivalence, a accepté avec humilité un travail dans une auberge de jeunesse. Il m’a raconté son parcours personnel et professionnel réussi. Ironie du sort, il travaille maintenant à la sécurité à l’aéroport de Montréal et a effectué mon contrôle aux douanes lors d’un déplacement vers les États-Unis!

Je salue aussi le parcours d’un défenseur des droits humains rwandais qui après avoir survécu au génocide dont nous commémorons le 25eme anniversaire ces jours-ci, a eu le courage de continuer à militer. Forcé de quitter son pays, il a trouvé refuge au Canada pour y  amorcer son intégration en pleine crise du verglas! Il a mené de front un processus de réunification familiale et un retour aux études. Fidèle à ses convictions, il travaille aujourd’hui pour les Nations-Unies, à la Cour pénale internationale.

Des histoires comme celles-là suscitent l’admiration et stimulent un désir, voire un devoir, de mettre en place les moyens pour faciliter l’intégration et l’inclusion des migrants dans nos sociétés, nos villes. Ils sont ceux qu’il faut saluer pour leur courage et leur apport vital à nos sociétés.

Qu’avez-vous accompli à travers votre rôle actuel avec la ville de Montréal?

J’occupe un poste de conseillère en relations internationales au Bureau des relations internationales de la Ville où je suis responsable des dossiers migration, climat et droits humains.

J’ai aussi eu la chance d’occuper le poste de Directrice par intérim du Bureau d’intégration des nouveaux arrivants (BINAM) de la Ville de Montréal. À travers ce Bureau, la Ville de Montréal joue un rôle croissant en matière d‘accueil, d’intégration et d’inclusion des nouveaux arrivants, et, sans tenir compte de leur statut d’immigration, elle tente de répondre à leurs besoins et de protéger leurs droits. À titre de ville engagée et responsable, la Ville de Montréal reconnaît l’importance d’agir pour les personnes à statut précaire incluant les demandeurs d’asile et les personnes sans statut légal. La Ville travaille à assurer leur accès aux services municipaux grâce à une politique d’accès sans peur.

 Dans tout ce qui a été fait par la Ville de Montréal pour les réfugiés, qu’est-ce qui vous donne le plus de fierté?

Je suis fière de la volonté et des moyens déployés par la Ville pour agir de manière complémentaire sur la scène internationale, nationale et locale car cela offre un puissant levier d’actions et de changement. En particulier, je suis fière du leadership de la mairesse Valérie Plante sur cet enjeu, tant localement que sur la scène internationale. Je suis aussi fière du  travail de proximité  du BINAM qui a notamment démontrer sa capacité à mobiliser et à agir en concertation avec les divers paliers de gouvernements et les acteurs locaux pour faciliter l’accueil des réfugiés face à une hausse importante d’arrivées de demandeurs d’asile en 2017-2018.

Selon vous, que pourraient faire les villes pour mieux intégrer les nouveaux arrivants, en particulier les plus vulnérables comme les réfugiés et les demandeurs d’asile?

L’intégration des migrants est l’affaire de tous : il faut donc des mesures pour soutenir les immigrants et réfugiés, mais aussi pour que la société d’accueil facilite et contribue à leur inclusion. Il s’agit de créer des espaces où les réfugiés peuvent contribuer à l’identification des besoins et à l’élaboration des programmes qui leur sont destinés. Pour ce faire, il est important d’accroitre la coordination et l’appui aux acteurs locaux qui livrent ces services pour  une action concertée et efficace.