Une famille prend son ppetit-déjeuner sur le site PK3 pour les personnes déplacées internes à Bria, en République centrafricaine. Mai 2019

Une famille prend son ppetit-déjeuner sur le site PK3 pour les personnes déplacées internes à Bria, en République centrafricaine. Mai 2019. © HCR/Adrienne Surprenant

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, a averti que des millions de personnes déracinées ayant besoin de protection et d’assistance, ainsi que leurs communautés d’accueil, ressentent l’impact d’un sous-financement massif, alors même que la crise de Covid-19 continue d’accroître les besoins humanitaires au niveau mondial.

A ce jour, l’agence n’a reçu que 49% (soit 4,5 milliards de dollars) sur le montant de 9,1 milliards de dollars nécessaires à ses opérations mondiales cette année. Les conséquences de cette pénurie de fonds sont particulièrement dévastatrices dans les pays à faible et moyen revenu, qui accueillent actuellement plus de 85% des réfugiés à travers le monde. Dans un grand nombre de ces pays, la pandémie a déstabilisé la situation économique, augmenté les déplacements internes et réduit l’accès aux procédures d’asile.

Selon un rapport publié aujourd’hui par le HCR, la pandémie de Covid-19 constitue un « véritable effet multiplicateur », augmentant les besoins des réfugiés dans de nombreux pays tout en les rendant encore plus difficiles à satisfaire.

Le manque de ressources pour les opérations humanitaires pourrait avoir des conséquences dévastatrices pour des millions de personnes dans le monde, notamment en exposant les femmes et les enfants à des risques accrus, en perturbant les services vitaux tels que la santé, les abris, l’eau et l’assainissement, ainsi que de nombreux autres programmes de secours essentiels.

Le rapport met en lumière 10 situations particulièrement touchées par des déficits de financement : Afghanistan, Burundi, République centrafricaine, l’itinéraire de la Méditerranée centrale, Irak, République démocratique du Congo, Somalie, Soudan du Sud, Syrie et Venezuela. Ces situations représentent 56% du budget annuel du HCR.

Si certains cas de sous-financement sont dus à de nouveaux besoins résultant de la crise de Covid-19, beaucoup d’autres sont antérieurs à la pandémie et démontrent l’impact qu’un sous-financement chronique peut porter sur la vie des populations détacinées et des communautés d’accueil.

« Alors que les violences, la persécution et les troubles civils continuent à déraciner des millions de personnes, la pandémie de coronavirus déstabilise des pans entiers de l’économie, avec des millions de personnes dépendant de revenus fragiles et désormais menacées », a déclaré la Haut Commissaire adjointe des Nations Unies pour les réfugiés, Kelly T. Clements. « Durant cette période sans précédent, le monde doit élargir son champ d’action en veillant à ne pas oublier les populations déracinées et leurs hôtes généreux, mais aux ressources insuffisantes. Il est temps de renforcer le soutien. »

Le sous-financement a déjà entraîné l’arrêt de nombreux programmes. D’autres activités essentielles, telles que la protection des enfants, l’aide aux victimes de violences sexuelles et sexistes, les services de santé, l’éducation, l’eau, l’assainissement et l’hygiène, sont sur le point d’être annulées ou réduites si des fonds supplémentaires ne sont pas débloqués prochainement.

Par exemple, les services de protection de l’enfance et de soins psychosociaux dans les installations ougandaises accueillant des réfugiés sud-soudanais ont dû être réduits cette année en raison du manque de financement. De nouvelles réductions du nombre de travailleurs sociaux auront pour conséquence que des enfants à risque ne recevront plus de visites de contrôle à domicile.

Sans fonds suffisants, le HCR devra également réduire ou arrêter son aide pour l’équipement contre les conditions hivernales au bénéfice des déplacés internes vulnérables en Syrie et des réfugiés syriens dans la région, et qui comprend des allocations d’aide en espèces et la distribution d’articles de secours cet hiver.

Le manque de fonds a déjà obligé le HCR à mettre fin à son soutien au Shaukat Khanum Memorial Cancer Hospital à Peshawar, au Pakistan, en mars dernier. Un programme de fourniture d’équipements médicaux liés au traitement du cancer avait bénéficié à la fois aux réfugiés afghans et aux membres de la communauté d’accueil.

A partir de septembre 2020, un manque de financement empêchera le HCR d’aider des familles vénézuéliennes au moyen d’allocations d’aide d’urgence en espèces, de bons et d’articles de secours essentiels dans des zones frontalières et urbaines clés en Argentine, au Chili, en Colombie et en Equateur.

En République démocratique du Congo, un manque de financement de 223 millions de dollars a obligé le HCR à réduire ses programmes dans un certain nombre de secteurs. La fourniture d’abris d’urgence aux familles déplacées internes dans la province du Sud-Kivu s’est arrêtée en janvier et la construction prévue de salles de classe pour les enfants réfugiés de RDC au Burundi et en Zambie a été suspendue.

Au-delà des financements supplémentaires, le HCR demande aux donateurs de faire preuve de flexibilité lors du versement des contributions, afin que les ressources puissent être allouées où les besoins sont les plus critiques.

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter:

Publie par le HCR, le 18 septembre 2020

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