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Des réfugiés rohingyas préparent leur abri à Cox Bazar, en prévision des graves répercussions des pluies de mousson. Photo d’archives, mars 2018. © HCR

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 21 avril 2020 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, a lancé aujourd’hui une mise en garde sur les répercussions mortifères d’un éventuel retard dans les préparatifs contre les effets de la mousson au Bangladesh, dans le contexte de l’épidémie mondiale de coronavirus. Alors que les pays du monde entier luttent contre la pandémie, les prochaines pluies de mousson risquent d’aggraver encore la situation déjà difficile des réfugiés au Bangladesh.

Au Bangladesh, aucun cas confirmé d’infection au coronavirus n’a été recensé à ce jour parmi la population de réfugiés rohingyas. Malgré cela, les communautés d’accueil et les réfugiés se trouvant à Cox Bazar, avec une densité de population une fois et demie supérieure à celle de New York, sont considérés comme étant les plus exposés au monde à cette pandémie. Lors de la saison de mousson, la région est également en proie aux glissements de terrain et aux inondations soudaines.

En 2019, lors du pic des précipitations de mousson en septembre, plus de 4000 ménages avaient été temporairement relocalisés dans les installations de Cox Bazar, et plus de 16 000 personnes avaient été affectées. Grâce aux mesures d’atténuation mises en œuvre, les dégâts ont été bien moins importants que l’année précédente. Les réfugiés sont inclus dans la planification pour les efforts de préparation et de réponse, grâce à des équipes comptant quelque 3000 volontaires formés pour l’intervention en première ligne, dirigeant leurs propres communautés et mettant en œuvre ces mesures d’aide vitale.

Les préparatifs avant l’arrivée de la saison annuelle de la mousson ont toutefois été affectés par la suspension des efforts pour la réduction des risques de catastrophe, notamment l’amélioration des systèmes de drainage et les travaux de stabilisation des pentes. La relocalisation des réfugiés vivant dans des zones à haut risque d’inondations et de glissements de terrain est également retardée. La livraison de matériel est de même difficile, car le « confinement » liée à la prévention et la lutte contre la pandémie de coronavirus a eu des répercussions sur le transport routier.

Alors que les opérations humanitaires dans les camps sont aujourd’hui réduites aux activités les plus urgentes, la distribution de « kits d’arrimage » qui renforcent les abris des réfugiés contre les vents violents se poursuit. Des kits post-catastrophe et des articles de secours ont été prépositionnés en cas d’urgence. Des équipes de préparation et de réponse aux urgences sont également en stand-by pour être mobilisées et déployées si besoin et avec la permission d’intervenir en cas de conditions météorologiques extrêmes.

Pour faire face aux risques d’épidémie de coronavirus dans les camps, le gouvernement du Bangladesh, en collaboration avec le HCR et ses partenaires, a fait son possible pour inclure les réfugiés rohingyas dans sa réponse nationale. Le HCR et ses partenaires ont lancé la construction d’unités d’isolement et de traitement, afin d’assurer la disponibilité de 1900 lits pouvant accueillir à la fois les réfugiés et les communautés d’accueil du district dans les semaines à venir. Les campagnes d’information sont accrues grâce à un réseau de plus de 2000 bénévoles communautaires, chefs religieux et travailleurs humanitaires.

S’il est essentiel de donner la priorité aux préparatifs dans le domaine de la santé publique dans les camps pour le moment, les activités de préparation aux effets des cyclones et de la mousson doivent également se poursuivre. Ces deux volets de préparatifs permettront de garantir aux réfugiés des conditions de vie sûres et saines, en cas d’une situation d’urgence sanitaire potentiellement supplémentaire.

Afin que les efforts de préparation puissent se dérouler en toute sécurité, l’équipement de protection individuelle (EPI) est désespérément nécessaire, étant donné l’ampleur des demandes accrues. L’achat et la distribution à grande échelle d’EPI sont essentiels pour éviter que le Covid-19 ne s’installe et ne se propage rapidement. Le Plan conjoint 2020 de réponse à la crise humanitaire des Rohingyas d’un montant total de 877 millions de dollars pour répondre aux besoins les plus critiques avant le début de la pandémie de Covid-19 n’est financé à ce jour qu’à hauteur de 16%.

Etant donné l’ampleur de cette crise mondiale de santé publique, il est clair que nous ne pouvons être tous en sécurité seulement si nous veillons à ce que chacun le soit. Le Covid-19 ne discrimine personne. Nous devons faire notre possible pour que la propagation éventuelle du virus et la mousson à venir n’aggravent pas la situation déjà très vulnérable des réfugiés rohingyas au Bangladesh. Le HCR exhorte la communauté internationale à se montrer solidaire envers les réfugiés et les déplacés internes, afin d’éviter la combinaison menaçante d’une catastrophe naturelle et d’une situation d’urgence de santé publique.

 

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter :

Publie par le HCR, le 21 avril 2020

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