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Cinq actions pour le climat qui vous inspireront

Sahra Ismael Elade, une femme déplacée à l'intérieur du Somaliland, avec sa fille et son petit-fils. Cette famille a été contrainte de partir après avoir perdu la plupart de son bétail suite à une grave sécheresse

Sahra Ismael Elade, une femme déplacée à l’intérieur du Somaliland, avec sa fille et son petit-fils. Cette famille a été contrainte de partir après avoir perdu la plupart de son bétail suite à une grave sécheresse. © UNHCR/Mustafa Saeed


Découvrez comment des réfugiés participent à la lutte contre les changements climatiques dans le monde


Les changements climatiques et les catastrophes naturelles peuvent provoquer ou aggraver des menaces qui pèsent sur les réfugiés déracinés en raison d’un conflit, de la pauvreté ou de la persécution. Les déplacements liés aux phénomènes climatiques étant déjà une réalité, le HCR a décidé d’agir pour aider les victimes.

En collaboration avec divers partenaires, les populations d’accueil et les réfugiés, l’organisation apporte son aide aux personnes déplacées par des catastrophes naturelles et les changements climatiques. Avec la hausse des désastres écologiques chaque année, le nombre de personnes ayant besoin d’une protection contre les événements climatiques continue d’augmenter.

Que ce soit de sauver des vies après une catastrophe naturelle ou d’avoir recours aux énergies renouvelables, voyez, à travers ces cinq articles, comment le HCR vient en aide aux réfugiés en luttant contre les changements climatiques.

Planter des arbres redonne un souffle de vie aux camps de réfugiés

Abraham, un réfugié sud-soudanais, plante des arbres en Ouganda

Abraham, un réfugié sud-soudanais, plante des arbres en Ouganda. © UNHCR/Michele Sibiloni

Personne ne connait mieux le risque et la réalité de tout perdre, y compris son foyer, que les réfugiés. Pour les millions de personnes qui ont été forcées de fuir à cause de la guerre, de la violence et des persécutions, la menace imminente liée à l’inaction climatique est déjà bien trop réelle.

C’est pourquoi Bidal, un réfugié sud-soudanais vivant en Ouganda a décidé de planter des arbres dans sa nouvelle terre d’accueil. Bidal, âgé de 32 ans, a déjà dû fuir le Soudan du Sud, son pays natal ravagé par la guerre, à trois reprises. À chaque fois, il a trouvé refuge en Ouganda, le pays voisin. Mais à chacun de ses périples, il a remarqué qu’il y avait de moins en moins d’arbres sur la route.

« Il est important de planter des arbres parce que les arbres sont sources de vie… Si un jour nous retournons au Soudan du Sud, nous laisserons cet endroit tel que nous l’avons trouvé », explique Bidal.

En plantant des arbres, Bidal et les autres luttent contre la déforestation et fournissent du bois aux réfugiés pour qu’ils puissent construire leur propre abri. Depuis 2017, plus de 1,1 million d’arbres ont été plantés dans la région du Nil occidental. « Nous ne baissons pas les bras. Nous continuons », dit Bidal.

En Ouganda, un système de puits et de pompes solaires permet à des réfugiés de survivre

Asha Rose Sillah, une réfugiée sud-soudanaise transporte un bidon du point d’eau jusqu’à chez elle, dans le camp de réfugié de Bidibibi, en Ouganda

Asha Rose Sillah, une réfugiée sud-soudanaise transporte un bidon du point d’eau jusqu’à chez elle, dans le camp de réfugié de Bidibibi, en Ouganda. © UNHCR/Michele Sibiloni

Asha Rose Sillah, une réfugiée sud-soudanaise transporte un bidon du point d’eau jusqu’à chez elle, dans le camp de réfugié de Bidibibi, en Ouganda. © UNHCR/Michele Sibiloni

Quand Asha Rose Sillah est arrivée en Ouganda en tant que réfugiée, la pénurie d’eau était telle qu’elle était contrainte de boire dans un marais pour étancher sa soif.

En 2016, au plus fort de la crise qui a forcé des milliers de personnes à traverser la frontière chaque jour, Asha a fui le Soudan du Sud pour s’installer dans le camp de réfugiés de Bidibidi en Ouganda. À cette époque, l’eau était rare, et il lui était difficile de prendre soin de ses cinq enfants.

« Il y avait beaucoup de maladies. Nous buvions l’eau de toutes les sources que nous pouvions trouver », explique Asha.

Par des routes en mauvais état, des camions acheminaient l’eau venant d’une source située à 100 kilomètres de là. Les réfugiés devaient faire la queue pendant des heures pour remplir autant de bidons qu’ils pouvaient transporter.

Vingt litres par personne est la quantité minimale d’eau que le HCR souhaite fournir chaque jour aux réfugiés comme Asha. Toutefois, les changements climatiques limitant l’approvisionnement en eau, le HCR ne peut atteindre cet objectif que dans 43 pour cent des camps. Il y a quelques temps, dans le camp de réfugiés de Bidibidi, l’approvisionnement en eau n’était que de 2,3 litres par personne et par jour en moyenne.

Heureusement, les choses ont changé pour Asha et les autres réfugiés. Le HCR a investi pour forer des puits afin que les camps disposent de puits profonds qui pourront approvisionner les résidents en eau potable pendant 20 ans. Là où vit Asha, le HCR a construit un puits fonctionnant à l’énergie solaire qui pompe l’eau souterraine et l’achemine vers des points de distribution proches de près de 500 ménages.

« Nous avons la capacité de pomper 85 000 litres d’eau par heure, mais nous n’en extrayons que 45 000 litres, car nous ne voulons pas épuiser les nappes phréatiques », explique Richard Ochaya, Responsable principal de l’eau, de l’assainissement et de la santé pour le HCR à Bidibidi. « Nous devons bien gérer les ressources et prendre soin de l’environnement. »

Reverdir le camp de réfugiés de Minawao

Minawao, le camp de réfugiés vert au Cameroun

Minawao, le camp de réfugiés vert au Cameroun. © HCR/Xavier Bourgois

Dans l’extrême nord-est du Cameroun, la terre est sablonneuse, aride et desséchée par le soleil brûlant du Sahel. Mais cela n’a pas empêché les résidents du camp de réfugiés de Minawao de planter des dizaines de milliers d’arbres et de miser sur l’écologie.

En raison de pratiques agricoles néfastes et de l’augmentation des températures causée par les changements climatiques, la région de Minawao est victime d’une déforestation importante. L’arrivée de 56 000 réfugiés nigérians, qui ont échappé à la violence dans leur pays, a également créé une pression énorme sur une région où les ressources naturelles sont très limitées. Le processus de désertification des terres fertiles a déjà commencé. Au fur et à mesure que le camp s’est développé, les réfugiés ont dû abattre des arbres pour obtenir du bois de chauffage et des matériaux pour construire leurs abris. Ils souhaitent désormais aider à reverdir le camp.

Avec des réfugiés nigérians, le HCR et ses partenaires ont lancé un projet de reboisement qui permettra de planter plus de 20 000 arbres dans le camp de réfugiés de Minawao.

« Il est important que nous créions un environnement durable qui bénéficie à la fois à la population hôte et aux réfugiés », explique Fanta Nifaboum, Responsable adjointe du HCR à Maroua, au Cameroun. « Et quand les réfugiés finiront par rentrer chez eux, ils laisseront derrière eux un village plus vert et plus développé. »


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Des réfugiés rohingyas sauvés grâce à une formation de secourisme en période de mousson

Dans le camp de réfugiés de Nayapara au Bangladesh, Hossain, un réfugié rohingya bénévole, regardait des enfants jouer dans une retenue d’eau dont le niveau gonflait à vue d’œil à cause des pluies torrentielles. Puis, il a entendu un cri.

« Après avoir joué au soccer, un garçon de 14 ans a sauté dans l’eau. Croyant que le niveau était bas, il a sauté allègrement dans l’eau », explique Hossain. « Mais au bout de quelques minutes, j’ai vu qu’il était en train de se noyer. J’ai appelé mes cinq autres coéquipiers et nous l’avons immédiatement secouru. »

Formés quelques jours plus tôt à répondre aux situations d’urgence, Hossain et ses collègues ont dû mettre cela en pratique dans les faits, et ce, de manière assez dramatique.

Les bénévoles dont Hussain fait partie contribuent activement aux activités de protection mises en œuvre auprès des résidents des camps pendant la saison des pluies. En un très court laps de temps, les pluies torrentielles résultant de phénomènes météorologiques extrêmes peuvent menacer de multiples façons la sécurité des réfugiés.

Dans le sud-est du Bangladesh, ces camps regroupent près d’un million de personnes. Ils sont constellés de retenues d’eau et d’étangs qui se remplissent très rapidement pendant les moussons. Plus de 200 réfugiés ont déjà bénéficié d’une formation comme sauveteur afin de secourir les personnes en difficulté pendant la saison des pluies.

Le HCR ainsi que ses partenaires continuent de former les réfugiés afin qu’ils soient en mesure d’intervenir dans ce genre de situations critiques. Les interventions vitales menées par Hossain et ses collègues auprès des autres réfugiés leur permettent de se venir en aide mutuellement pendant les moussons qui sont devenues de plus en plus dévastatrices avec les changements climatiques.

Changements climatiques et déplacements : Le plan d’action climatique du HCR

Jafar récolte du sel dans le district de Cox’s Bazar, au Bangladesh

Jafar récolte du sel dans le district de Cox’s Bazar, au Bangladesh. ©UNHCR/Saiful Huq Omi

Dans 25 ans, la maison de Jafar sera probablement engloutie sous les eaux.

Il y a 20 ans, l’île de Kutubdia située au Bangladesh possédait des terres fertiles où les fermiers pouvaient faire pousser du riz. Désormais, avec les effets des changements climatiques, la seule chose que l’on peut y récolter est du sel. Jafar, un maître-saunier bangladais, peine à gagner sa vie et craint d’être forcé de partir. Tout comme pour 10 millions d’habitants, sa maison et sa ferme pourraient disparaitre sous les eaux.

Parmi les catastrophes naturelles, les changements climatiques seront la première cause de déplacement des populations. Et leurs conséquences peuvent venir s’ajouter à la liste déjà consternante de facteurs responsables des exodes de population.

« Les personnes déplacées pour des motifs autres que des catastrophes naturelles résident souvent dans les endroits les plus exposés aux changements climatiques et peuvent par conséquent être contraintes à un second déplacement », déclare Andrew Harper, Conseiller spécial du HCR pour l’action climatique.

Le HCR aide les réfugiés à faire face aux problèmes climatiques en leur fournissant de l’énergie renouvelable, des plants d’arbres pour lutter contre la déforestation. L’organisation a aussi mobilisé des équipements, des bénévoles et du personnel pour nettoyer les déchets accumulés dans les sites accueillant des réfugiés. Les répercussions des changements climatiques prennent plusieurs formes : que ce soit une baisse de la qualité de vie, une augmentation des conflits ou l’incapacité de cultiver la terre. À mesure que les températures augmentent, ces problèmes sont amenés à s’accentuer, mettant en péril l’équilibre écologique et provoquant des déplacements de populations.

« Sans action urgente de notre part, certaines personnes comptant parmi les plus vulnérables et qui ont le moins contribué à la crise actuelle, en souffriront les conséquences », déclare Andrew Harper.

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