Les gens marchent sur un chemin forestier.

Un groupe de réfugiés et de migrants se dirige vers le village de Canaan, à l’extrême sud du Panama, après avoir traversé le passage du Darien. © HCR/Nicolo Filippo Rosso

De plus en plus de personnes, y compris un nombre croissant de Vénézuéliens, choisissent de traverser la jungle du passage du Darien en quête de sécurité et de stabilité, rapportent le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Alors que les répercussions socio-économiques de la pandémie de Covid-19 touchent les réfugiés et les migrants du Venezuela dans leurs pays d’accueil en Amérique latine et dans les Caraïbes, un nombre croissant d’entre eux prennent la direction du nord, se mêlant ainsi à d’autres populations en déplacement.

Selon les statistiques des autorités panaméennes, le nombre de Vénézuéliens ayant traversé le passage du Darien au cours des deux premiers mois de 2022 (environ 2500) a presque atteint le total de 2021 (2819).

Le nombre total de personnes ayant traversé cette jungle depuis le début de l’année a presque triplé par rapport à la même période de l’année dernière, passant de 2928 dans les deux premiers mois de 2021 à 8456 dans la même période de 2022, dont 1367 jeunes filles, garçons et adolescents.

Le passage du Darien, qui marque la frontière entre la Colombie et le Panama, est l’un des itinéraires de réfugiés et de migrants les plus dangereux au monde, avec ses 5000 kilomètres carrés de forêt tropicale sauvage, de montagnes escarpées et de rivières. La traversée peut prendre 10 jours ou davantage pour les plus vulnérables, qui se trouvent confrontés aux aléas de la nature et à des groupes criminels connus pour leur violence, et plus particulièrement pour les abus sexuels et les vols.

Beaucoup de ceux qui entreprennent la traversée – généralement de jeunes adultes et des familles – arrivent dans des communautés autochtones isolées, sont affamés, déshydratés, épuisés et ont besoin de soins médicaux. Le HCR et l’OIM saluent les efforts du gouvernement du Panama pour leur venir en aide, et réitèrent leur engagement à soutenir les autorités pour garantir l’accès à l’aide et à la protection pour tous ceux qui en ont besoin, y compris les communautés d’accueil.

Alors que de nombreux Vénézuéliens qui empruntent cet itinéraire dangereux vivaient auparavant dans d’autres pays d’accueil en Amérique du Sud, un nombre croissant d’entre eux partent désormais directement du Venezuela.

Les réfugiés et les migrants de diverses nationalités traversent le passage du Darien depuis de nombreuses années. Cependant, l’année 2021 a marqué un record quant au nombre de personnes qui ont risqué leur vie à travers la jungle dense qui sépare l’Amérique du Sud de l’Amérique centrale. Quelque 133 000 personnes ont fait le voyage l’année dernière, dont la grande majorité étaient des Haïtiens, y compris leurs enfants nés au Chili et au Brésil, suivis par les Cubains, les Vénézuéliens et des personnes venant d’aussi loin que l’Angola, le Bangladesh, le Ghana, l’Ouzbékistan ou le Sénégal. Rien qu’en 2021, au moins 51 personnes ont été portées disparues ou sont décédées.

En réponse au nombre croissant de personnes qui franchissent le passage du Darien, le HCR, l’OIM et leurs partenaires intensifient leurs interventions au Panama, en fournissant des abris temporaires dans des centres d’accueil gérés par le gouvernement, ainsi que des matelas, des couvertures, des lampes solaires et des kits d’hygiène, parmi d’autres aides matérielles destinées à la fois aux personnes en déplacement et aux communautés locales. Les deux agences continuent également à collaborer étroitement avec les institutions gouvernementales dans toute la région pour garantir l’accès aux systèmes d’asile et aux autres dispositifs de régularisation.

Le HCR et l’OIM appellent à un soutien accru et à des investissements plus importants dans les communautés d’accueil afin de renforcer les services qui bénéficient tant aux réfugiés et aux migrants qu’à la population locale.

Nous encourageons également les pays d’accueil à garantir l’accès aux procédures d’asile, à étendre les dispositifs de séjour régulier pour les réfugiés et les migrants en situation vulnérable, et à fournir une protection et une assistance en fonction des besoins, par exemple aux enfants séparés ou non accompagnés, aux victimes de violences sexuelles et sexistes, ou de la traite des êtres humains. Nous les encourageons également à lutter contre les trafiquants et les passeurs, et à combattre la xénophobie et la discrimination. Seule une approche régionale cohérente peut répondre de manière adéquate aux besoins des personnes en déplacement.

On dénombre plus de six millions de réfugiés et de migrants originaires du Venezuela dans le monde.  La grande majorité – près de cinq millions – se trouve en Amérique latine et dans les Caraïbes. La Plateforme régionale de coordination interagences pour les réfugiés et les migrants du Venezuela (R4V) a lancé un plan régional de 1,79 milliard de dollars pour 2022 afin de répondre aux besoins croissants des réfugiés et des migrants du Venezuela et de leurs communautés d’accueil dans 17 pays de la région.

Pour de plus amples informations, veuillez svp contacter :

Au Panama (régional) :

Au Panama (national) :

Au Mexique :

Au Costa Rica :

 

Publie par le HCR, le 29 mars 2022 .

Pin It on Pinterest