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Les Etats concluent un accord historique en faveur des réfugiés et s’engagent à un soutien plus efficace et équitable

Une réfugiée burundaise se tient devant sa boutique de bouteilles de gaz à Kigali, la capitale rwandaise. Novembre 2018. © HCR/Anthony Karumba

NEW YORK, 17 décembre 2018 – Lors d’une décision historique, les États membres de l’Assemblée générale des Nations Unies ont adopté, aujourd’hui, un nouvel accord international  –  connu sous le nom de Pacte mondial sur les réfugiés – qui va transformer la manière dont la communauté internationale réagit face à des déplacements massifs de populations et aux crises de réfugiés, au bénéfice des réfugiés et des communautés qui les accueillent.

« Aucun pays ne devrait être livré à lui-même lorsqu’il s’agit de répondre à un afflux de réfugiés », a déclaré le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi. « Les crises de réfugiés nécessitent un partage mondial des responsabilités et le Pacte exprime avec force la manière dont nous travaillons ensemble dans le monde fragmenté d’aujourd’hui. »

Le Pacte mondial sur les réfugiés a été approuvé dans le cadre de l’examen annuel de la résolution relative au HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés. Il est basé sur le cadre juridique international en vigueur pour les réfugiés, notamment la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, ainsi que sur les droits de l’homme et le droit humanitaire. Il s’agit d’un outil opérationnel non contraignant dont l’objectif est de renforcer la coopération.

Après deux années de consultations élargies, menées par le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, avec les États Membres, les organisations internationales, les réfugiés, la société civile, le secteur privé et des experts, ce nouvel accord mondial fournira un soutien plus important aux pays dans lesquels vivent la plupart des réfugiés. Il renforcera également le partage des responsabilités afin d’aider les personnes contraintes de fuir à cause d’un conflit ou de persécutions.

« Le Pacte traduit l’idée de partage des responsabilités en une série de mesures concrètes et pratiques, afin que les réfugiés ne soient pas pris en otages des caprices de la politique », a souligné Filippo Grandi. « C’est une reconnaissance longtemps attendue du fait que les pays accueillant un grand nombre de réfugiés rendent un immense service à notre humanité commune, et il expose les moyens par lesquels le reste du monde peut aider à partager cette charge. »

Cet accord intervient alors qu’il est urgent de résoudre la question du nombre record de personnes déracinées : plus de 68,5 millions de personnes dans le monde ont été contraintes de fuir leur foyer, dont plus de 25,4 millions d’individus ayant franchi des frontières et qui sont devenus réfugiés.

Neuf réfugiés sur dix vivent dans des pays en voie de développement, dans lesquels les services élémentaires tels que la santé ou l’éducation sont déjà sous pression. Le Pacte vise à résoudre ce problème en contribuant davantage d’investissements – tant de la part des gouvernements que de la part du secteur privé – pour renforcer les infrastructures et la fourniture de services en faveur des réfugiés et des communautés d’accueil. Le Pacte plaide également pour la mise en place de politiques et de mesures qui permettront aux réfugiés d’accéder à une éducation et de mener une vie productive durant leur exil. Le Pacte vise aussi à réduire les conséquences environnementales liées à l’hébergement des populations réfugiées et promeut le recours à l’énergie renouvelable.

L’accord prévoit également davantage d’options de réinstallation et d’autres opportunités – telles que la réunification familiale, des bourses d’études ou des visas humanitaires – afin que les réfugiés puissent voyager en toute sécurité. Il souligne également que le retour volontaire des réfugiés dans des conditions de sécurité et de dignité reste la solution privilégiée dans la majorité des situations de réfugiés.

Le nouvel accord permettra de faire le point sur les progrès accomplis grâce à la mise en place de mécanismes de suivi, notamment la tenue d’un Forum mondial sur les réfugiés tous les quatre ans, au cours duquel les gouvernements présenteront leur bilan ou prendront un certain nombre d’engagements en termes de mesures de financement, de politiques, de changements juridiques, de quotas de réinstallation, etc.

L’adoption par l’Assemblée générale de l’ONU du Pacte mondial sur les réfugiés intervient quelques jours après l’organisation à Marrakech d’une conférence intergouvernementale au cours de laquelle un autre pacte a été adopté : le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, qui doit être présenté à l’Assemblée générale des Nations Unies dans le courant de cette semaine.

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Publie par le HCR, le 17 décembre 2018