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Des Rohingyas désespérés fuient au Bangladesh sur des radeaux de fortune

Des réfugiés rohingyas ont recours à des mesures désespérées, comme des radeaux de fortune, pour traverser le fleuve Naf jusqu’au Bangladesh. © HCR/Andrew McConnell

Des réfugiés rohingyas ont recours à des mesures désespérées, comme des radeaux de fortune, pour traverser le fleuve Naf jusqu’au Bangladesh. © HCR/Andrew McConnell

Le HCR est préoccupé par le nombre croissant de personnes qui ont recours à des moyens désespérés pour fuir le Myanmar.

Plus de 30 radeaux de fortune transportant plus de 1 000 réfugiés rohingyas sont arrivés au Bangladesh ces dix derniers jours et le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, s’inquiète du nombre croissant des personnes qui ont recours à des moyens désespérés pour fuir le Myanmar.

Les réfugiés n’ont pas les moyens de payer pour traverser la rivière Naf qui forme la frontière. De ce fait, ils construisent des radeaux avec tout ce qu’ils peuvent trouver, des perches de bambou et des jerrycans attachés par une corde et recouverts de bâches en plastique, a déclaré vendredi le porte-parole du HCR, William Spindler, lors d’une conférence de presse au Palais des Nations.

« Plus de deux cents réfugiés rohingyas ont trouvé la mort par noyade lors du naufrage de leurs embarcations et autres incidents de navigation depuis le début de la crise, le 25 août dernier », a déclaré William Spindler. « Les nouveaux arrivants nous ont déclaré avoir attendu pendant plus d’un mois dans des conditions désespérées sur les côtes du Myanmar. La nourriture et l’eau sont des denrées rares. »

Environ 620 000 réfugiés rohingyas ont fui au Bangladesh depuis le 25 août.

William Spindler a déclaré qu’en dépit des efforts déployés pour fournir davantage d’aide et de services, le surpeuplement et les conditions de vie difficiles dans les camps et les sites de fortune ont accru les risques de santé, d’assainissement et d’incendie, ainsi que la violence et la traite des êtres humains.

« Ma famille et moi avons fui, pour ne pas être jetés en prison. »

« Des terrains supplémentaires et davantage d’espace sont nécessaires d’urgence pour les abris et l’infrastructure afin de fournir des services et une aide vitale, y compris des points d’eau, des latrines, des zones de baignade, des points de distribution, des espaces sûrs et conviviaux pour les enfants, les femmes et les jeunes filles, des centres communautaires, etc », a-t-il ajouté.

Le HCR a déjà livré des centaines de milliers d’articles de secours, notamment des tentes, des bâches en plastique, des couvertures, des matelas, des moustiquaires, des ustensiles de cuisine, des seaux et des jerrycans.

Durant des entretiens avec le HCR à Cox’s Bazar au Bangladesh, quelque 70 familles arrivées cette semaine ont déclaré avoir fui l’extorsion de fonds et le harcèlement à Buthidaung, dans l’État de Rakhine, au Myanmar.

Un homme a expliqué que des hommes en uniforme menaçaient de saisir leurs biens. « Mon oncle et mon grand-père ont refusé de partager leurs biens et ils ont été arrêtés », a-t-il déclaré. « Ma famille et moi avons fui, pour ne pas être jetés en prison. »

Ils ont traversé à pied une région vallonnée pour rejoindre l’île de Dong Khali Chor, d’où ils pouvaient traverser vers le Bangladesh. Pendant le voyage, ils ont été arrêtés à un poste de contrôle militaire. « Ils nous ont tout pris. Nous sommes repartis avec rien d’autre que les vêtements portés ce jour-là », a-t-il ajouté.

« Je suis ici car je veux avoir un abri et dormir paisiblement. »

Les personnes arrivées sur l’île ont dû attendre longtemps. Sidiq Ahmad a déclaré que lui et sa famille de sept personnes y ont été bloqués pendant plus de 30 jours, car ils n’avaient pas les moyens d’acheter un billet de bateau pour le Bangladesh. La demande pour les traversées par bateau ayant augmenté, les bateliers ont augmenté les prix à 10 000 takas bangladais (120 dollars) par personne.

La nourriture et l’eau se faisant de plus en plus rares, Sidiq et sept autres hommes ont décidé de construire un radeau au moyen de jerrycans en plastique et de perches de bambou.

« Nous avons décidé de partir de nuit parce que la marée était haute, pour pouvoir rejoindre le Bangladesh plus rapidement et éviter le soleil brûlant le jour », a indiqué Sidiq, 37 ans, qui est arrivé avec sa femme et ses cinq enfants âgés de un à 12 ans. Le radeau transportait 34 personnes à son bord, dont plus de la moitié étaient des enfants.

En pagayant avec des assiettes attachées à des bâtons de bambou, il leur a fallu quatre heures pour traverser le fleuve large de trois kilomètres et rejoindre le Bangladesh. Au moins 130 réfugiés rohingyas sont morts en mer au cours de ce périple périlleux.

A leur arrivée au Bangladesh, le groupe de Sidiq s’est effondré de fatigue et de faim. Ils ont été retrouvés dormant à l’ombre d’un bateau près de Shahporir Dwip, à Cox’s Bazar. Ils ont alors été transférés vers un centre de transit à Sabrang, où on leur a donné de l’eau et un repas chaud.

« Je suis ici car je veux avoir un abri et dormir paisiblement », a expliqué Sidiq.

 

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