Man sits at a table in front of a sign with a crowd sitting around him in Mozambique

Des Mozambicains déracinés par l’escalade de la violence attendent une distribution de nourriture à Mocimboa da Praia, dans la province de Cabo Delgado au Mozambique. Photo d’archives, décembre 2019 © HCR/Eduardo Burmeister

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 07 février 2020 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, renforce sa réponse dans la province de Cabo Delgado au Mozambique où la récente escalade de la violence a forcé des milliers de personnes à fuir pour sauver leur vie. Au moins 100 000 personnes sont désormais déplacées à travers toute la province.

Une hausse spectaculaire d’attaques brutales commises par des groupes armés est survenue ces derniers mois. Ces dernières semaines ont été la période la plus instable depuis le début des incidents, en octobre 2017. Au total, au moins 28 attaques ont été menées dans la province depuis début 2020. Les attaques se sont aujourd’hui étendues à neuf des seize districts de Cabo Delgado. La province est l’une des régions les moins développées du Mozambique. Les attaques s’étendent vers les districts du sud de Cabo Delgado, ce qui pousse les habitants à fuir vers Pemba, la capitale provinciale. L’un des tout derniers incidents a eu lieu à 100 kilomètres seulement de Pemba.

Des groupes armés ciblent au hasard des villages locaux et terrorisent la population locale. Les personnes qui ont fui évoquent des meurtres, des mutilations et des tortures, des maisons réduites en cendres, des récoltes et des magasins détruits. Nous avons également reçu des informations sur des décapitations, des enlèvements ainsi que des disparitions de femmes et d’enfants.

Les attaquants avertissent parfois la population locale du lieu et du moment où ils vont frapper, ce qui crée la panique car les habitants se précipitent pour fuir leurs villages. La plupart d’entre eux laissent tout derrière eux, n’ayant pas le temps de prendre leurs affaires, leur nourriture ou leurs documents d’identité. Des centaines de villages ont déjà été réduits en cendres ou sont complètement abandonnés, les attaquants menant une vaste campagne de terreur aveugle. Des institutions gouvernementales ont également été prises pour cible.

Les civils ont fui dans toutes les directions, y compris vers de petites îles, où beaucoup n’ont nulle part où aller. Certains, dont de nombreux enfants et femmes, dorment dans la rue et n’ont qu’un accès limité à l’eau potable. La majorité des personnes déplacées internes ont trouvé refuge chez des familles ou des amis, ce qui porte une pression supplémentaire sur les maigres ressources au niveau local. Beaucoup de déplacés vivent dans des conditions très précaires. Six personnes sont mortes de diarrhée le mois dernier sur l’île de Matemo.

En réponse à la détérioration rapide de la situation humanitaire, et à la demande du gouvernement mozambicain à toutes les agences humanitaires, le HCR étend sa présence dans la province pour mieux répondre aux besoins croissants de la population déplacée. Beaucoup sont des survivants de la violence et de violations des droits de l’homme et ont un besoin urgent en matière de protection et de soutien psychosocial.

Le HCR aidera à coordonner toutes les activités en matière de protection en partenariat avec le gouvernement. Le HCR déploiera une aide et du personnel supplémentaires pour répondre aux besoins, dans un premier temps pour 15 000 personnes déplacées et communautés d’accueil dans les semaines à venir.

De nombreuses zones touchées par les attaques ont également été dévastées par le cyclone Kenneth en avril 2019. A cette époque, quelque 160 000 personnes avaient été directement affectées et avaient eu besoin d’aide. Par ailleurs, les habitants de Cabo Delgado ont été gravement touchés par de récentes inondations, qui ont détruit des ponts, limitant encore davantage leur accès à la nourriture et à d’autres ressources.

Le HCR appelle à un soutien urgent et robuste afin d’intensifier sa réponse au Mozambique. Parallèlement, le HCR engage deux millions de dollars depuis sa réserve opérationnelle afin de répondre aux besoins initiaux.

 

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter :

Publie par le HCR, le 07 février 2020

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