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Une nouvelle vie au Canada pour ce jeune Irakien, après trois ans d’enfer à Mossoul

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Emad joue avec son petit frère Rebar chez eux à Winnipeg, au Canada. © HCR/Zachary Prong

Emad Tammo, 13 ans, vit aujourd’hui dans sa nouvelle maison, entouré de sa mère ainsi que de ses frères et sœurs. Il a un visage souriant et méconnaissable en comparaison du petit corps poussiéreux et émacié retrouvé sous les décombres dans la vieille ville, à Mossoul en juillet.

Winnipeg, Canada: Annie Sakkab, août 2017

Après avoir été détenu en captivité pendant trois ans, Emad, 13 ans, retrouve sa mère ainsi que ses frères et soeurs à Winnipeg.

Après la découverte d’Emad au cours des derniers jours de la bataille pour la reconquête de Mossoul, des responsables du HCR – l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés – l’ont identifié et ont aidé à le réunir avec sa mère au Canada qui, avec ses frères et sœurs, avaient été réinstallés au début 2017.

« C’est vraiment sympa ici », dit Emad, assis sur un canapé à côté de sa mère souriante, Nofa. « Le temps est super ici, tout est super ici. J’aime  vraiment beaucoup la vie ici. »

Le HCR a collaboré avec ses partenaires Winnipeg Accueil Francophone et l’Organisation internationale des migrations pour réunir la famille au Canada, dans le cadre de la politique de regroupement familial menée par ce pays.

Après une réunion émouvante avec ses proches à l’aéroport international de Winnipeg, Emad a passé ses deux premières semaines au Canada à s’adapter à sa nouvelle vie. Il apprend à parler à sa famille de nouveau en kurde, après avoir été contraint de ne parler que l’arabe quand il était prisonnier.

La communauté yézidie du Sinjar, dans le nord-ouest de l’Iraq, a été la cible des extrémistes en 2014. Les groupes armés ont séparé les hommes et les garçons de plus de 12 ans du reste de leur famille et ont assassiné ceux qui refusaient d’adopter leurs croyances.

Plus de 6000 femmes et jeunes filles ont été enlevées et vendues comme esclaves, dont beaucoup de proches d’Emad. Des milliers de Yézidis ont été massacrés ou sont morts de déshydratation et d’épuisement en tentant d’échapper à l’attaque. Les Nations Unies ont qualifié leur sort de génocide relevant de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.

Après l’attaque, la vie de la famille d’Emad, comme celle de beaucoup d’autres familles, a changé à jamais.

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Nofa embrasse Emad pour la première fois depuis leur séparation en 2014. Derrière eux, le Représentant du HCR au Canada, Jean-Nicolas Beuze, capte le moment de leurs retrouvailles. © HCR/Zachary Prong

« Ce regroupement familial montre qu’il faut toujours garder l’espoir et que, lorsque des civils fuient les persécutions, il faut que la communauté internationale et des pays comme le Canada leur offrent un havre de sécurité », affirme Jean-Nicolas Beuze, Représentant du HCR au Canada.

Pour la première fois depuis des années, Emad peut désormais commencer à oublier le passé et se concentrer sur l’avenir.

« Je veux qu’il soit en bonne santé et heureux », indique sa mère. « Je veux qu’il puisse aller où il veut, librement. »

La famille étant désormais rassurée et réunie, Emad est heureux de pouvoir vivre comme les enfants de son âge, comme par exemple jouer avec ses frères et sœurs. « Je les aime bien et ils m’ont manqué », dit-il.

Charlie Dunmore a contribué à ce reportage.

Article originaire de unhcr.org