Une femme réfugiée verse du savon liquide dans des moules, dans une fabrique de savon à Hamdallaye, au Niger. Le savon est distribué gratuitement à d’autres réfugiés et à la communauté locale

Une femme réfugiée verse du savon liquide dans des moules, dans une fabrique de savon à Hamdallaye, au Niger. Le savon est distribué gratuitement à d’autres réfugiés et à la communauté locale. © HCR/Jean-Sebastien Josset

Une coopérative employant des réfugiés produit du savon, du gel hydroalcoolique pour le lavage des mains, de l’eau de javel et des récipients d’eau à distribuer gratuitement.


Elle a commencé en tant que micro-coopérative pour octroyer un petit revenu à des centaines de réfugiés évacués depuis la Libye.


Depuis l’apparition de la pandémie de coronavirus, ce petit projet d’entraide est devenu une fabrique qui produit du savon liquide, du gel hydroalcoolique pour le lavage des mains, de l’eau de javel et des récipients d’eau à distribuer gratuitement.

Le projet a été créé en 2019 par le HCR, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, et Forge Arts, une association locale à but non lucratif, dans un centre de transit d’urgence (ETM) à Hamdallaye, une petite localité située à moins de 100 kilomètres de Niamey, la capitale du Niger.

« Nous participons à la lutte contre la maladie, mais nous apprenons aussi un savoir-faire. »

Ici, plus de 280 femmes réfugiées travaillent, faisant leur part pour répondre à la demande croissante d’articles d’hygiène.

« Nous participons à la lutte contre la maladie, mais nous apprenons aussi un savoir-faire qui nous servira pour nos foyers », explique Nicole, qui a été évacuée de Libye et vit actuellement dans le centre, où elle participe déjà à la production d’eau de javel.

Aboubacari Nana Kadidjatou, Directrice de l’association Forge Arts qui dispense des formations au sein de l’ETM, ajoute qu’il est essentiel de doter les femmes de ces nouvelles compétences.

« Cette crise de Covid-19 est une vrai drame », explique-t-elle. « Mais, grâce à cette formation, initialement lancée en 2019, les réfugiés ont le sentiment d’avoir une utilité pour l’ETM mais aussi pour les populations qui les accueillent. »

Depuis le début de la pandémie, le Niger a confirmé 860 cas de Covid-19. Avec quelque 215 000 réfugiés et 225 000 personnes déplacées à l’intérieur de ce pays, le risque de propagation du virus est élevé au sein des populations déplacées. Les installations sanitaires y sont surchargées.

Le HCR a mis en œuvre des mesures de prévention spéciales qui comprennent l’intensification des campagnes de communication auprès des réfugiés et des déplacés internes sur l’hygiène et l’assainissement, l’augmentation de la distribution de articles d’hygiène et la formation des agents de santé.

Le HCR a également formé différents groupes de réfugiés – des réfugiés touaregs à Niamey, des réfugiés nigérians dans le camp de Sayam Forage à Diffa et des réfugiés maliens à Tillaberi et Ouallam – à la production de savon.

« On se réunit chaque lundi pour fabriquer du savon mais, depuis l’arrivée de la maladie, nos activités se sont arrêtées, car le travail de groupe n’était plus possible. Mais nous nous sommes adaptés », explique Fatouma, une réfugiée malienne à Niamey.

Pour assurer que les groupes continuent à travailler tout en respectant les directives de l’OMS sur la distanciation sociale, le HCR et les agences partenaires ont mis en place des mesures de prévention sur l’hygiène, notamment en sensibilisant sur la stigmatisation, le lavage des mains et le port de masques faciaux de protection.

« Désormais, nous travaillons à moins de dix personnes à la fois afin de respecter les mesures préventives. Nous fabriquons jusqu’à 30 morceaux de savon par semaine », ajoute Fatouma.

Le HCR fait son possible pour étendre ces formations, qui sont devenues stratégiques dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19.

« En permettant aux réfugiés de devenir acteurs de la réponse sanitaire … ils apparaissent comme un élément clé de la cohésion sociale. »

« En permettant aux réfugiés eux-mêmes de devenir acteurs de la réponse sanitaire, en plus de l’activité économique et de la création d’emplois, ils apparaissent comme un élément clé de la cohésion sociale, aussi bien au sein du site qu’aux yeux de la population hôte », explique Alessandra Morelli, représentante du HCR au Niger. « Cela favorise non seulement leur capacité à contribuer à l’économie locale, mais aussi la cohésion sociale. »

Alessandra Morelli ajoute que le HCR intensifie ses activités à Hamdallaye, Niamey, Ouallam, Abala, Agadez et Maradi pour une période de trois mois. D’ici là, elle estime que les réfugiés dans ces localités seront encore plus autonomes et joueront un rôle crucial dans la lutte contre la maladie.

Le HCR a lancé son plan révisé d’urgence mondial contre le coronavirus avec un appel de fonds d’un montant de 745 millions de dollars pour soutenir la préparation et la réponse aux situations de déplacement forcé pour les neuf prochains mois.

Le Niger est l’un des pays prioritaires où un montant estimé à 5,9 millions de dollars est nécessaire pour intensifier les mesures de réponse à la crise de Covid-19.

Publie par le HCR, le 18 mai 2020

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