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Le HCR et l’OIM exhortent les Etats européens à autoriser le débarquement de migrants et de réfugiés secourus en mer et qui se trouvent à bord des navires Captain Morgan

La mer Méditerranée.   ©  HCR/Markel Redondo

La mer Méditerranée. © HCR/Markel Redondo

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) exhortent Malte et les autres États européens à accélérer les efforts pour débarquer dans un port sûr les quelque 160 réfugiés et migrants secourus en mer et qui se trouvent encore à bord de deux navires Captain Morgan.

Un groupe distinct de 21 personnes, principalement des familles, des femmes et des enfants, a déjà été évacué et débarqué à Malte il y a quelques jours. Il est important de débarquer les personnes qui se trouvent toujours en mer dès que possible, car elles sont à bord du navire depuis environ deux semaines – la période de quarantaine standard dans le cadre de la prévention et de la lutte contre la pandémie de Covid-19 – et ce sans aucune information sur la possibilité d’un débarquement. Il est inacceptable de laisser des personnes en mer plus longtemps que nécessaire, surtout dans des conditions difficiles et inadaptées.

Depuis ces dernières années, les États méditerranéens sont en première ligne pour accueillir les personnes arrivées par la mer. Leurs efforts, ainsi que ceux des navires de recherche et de sauvetage des ONG, ont permis d’éviter de nombreux décès tragiques.

Toutefois, le HCR et l’OIM sont également vivement préoccupés par les informations selon lesquelles des États ignorent ou retardent les réponses aux appels de détresse, en particulier dans un contexte de forte diminution de la capacité des États et des ONG pour la recherche et le sauvetage en mer.

Nous rappelons aux États leurs obligations en vertu du droit international de porter secours immédiatement aux personnes en détresse. Les États ne peuvent se soustraire à ces obligations sous prétexte d’offrir du carburant et de l’aide. Les États doivent faire leur possible pour secourir rapidement les personnes en détresse car un retard, même de quelques minutes, est une question de vie et de mort.

Les mesures de santé publique, telles que les quarantaines obligatoires et à durée prédéfinie, les examens médicaux et la distanciation sociale, doivent être appliquées sans discrimination et dans le cadre du protocole sanitaire national stipulé. Les États doivent continuer à débarquer les personnes secourues en mer, conformément aux obligations du droit maritime international, ainsi qu’à garantir l’accès aux procédures de demande d’asile et à l’aide humanitaire.

Les capacités d’accueil dans certains États méditerranéens sont mises à l’épreuve encore davantage par les mesures sanitaires nécessaires du fait de la crise de Covid-19. Conscients de ce grave problème, nous avons offert notre soutien pour assurer une prise en charge efficace et rapide des nouveaux arrivants.

Un débarquement rapide doit également être soutenu par des formes tangibles de solidarité de la part d’autres États européens, grâce à un mécanisme de réinstallation rapide et prévisible et – lorsque les conditions le permettent – à une coopération efficace en matière de retour dans le pays d’origine concernant les personnes dont il s’avère qu’elles n’ont pas besoin de protection internationale.

Il est urgent de mettre en œuvre un système clairement défini de relocalisation après le débarquement, si nous voulons enfin sortir d’un cycle perpétuel de négociations et d’accords ad hoc qui menacent encore davantage la vie et la santé des personnes.

La relocalisation de 17 personnes hier matin depuis Malte vers la France démontre que la solidarité est possible, et ce même en période de crise de Covid-19, avec toutes les précautions et mesures nécessaires pour garantir la prévention d’une nouvelle propagation du coronavirus.

Le HCR et l’OIM réaffirment sans équivoque qu’aucune personne secourue en mer ne doit être renvoyée en Libye. Les conditions de misère sur place et le risque vital que représentent l’intensification du conflit, les détentions arbitraires et les violations généralisées des droits humains, entre autres facteurs, font que ce pays ne peut être considéré comme un lieu sûr. L’implication directe ou indirecte de l’État, par le biais de bateaux commerciaux, dans le retour en Libye des migrants et des réfugiés secourus en mer, pourrait constituer une violation du droit international.

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter :

HCR

OIM

Publie par le HCR, le 21 mai 2020