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La Grèce doit assurer un filet de sécurité et des possibilités d’intégration pour les réfugiés

Une jeune demandeuse d’asile afghane photographiée au centre d’accueil et d’identification de Fylakio, près de la frontière gréco-turque, le 14 février 2020

Une jeune demandeuse d’asile afghane photographiée au centre d’accueil et d’identification de Fylakio, près de la frontière gréco-turque, le 14 février 2020. © HCR/Achilleas Zavallis

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 02 juin 2020 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, est vivement préoccupé par la sortie du système d’accueil de la Grèce, qui a débuté hier (1er juin) et qui est organisée par le gouvernement, concernant quelque 9000 personnes ayant obtenu le statut de réfugié. Dans les mois à venir, 11 000 autres réfugiés seront exclus des prestations d’assistance aux demandeurs d’asile et bénéficieront désormais de l’aide sociale grecque, une fois qu’ils auront été reconnus en tant que réfugiés par les autorités grecques chargées du traitement des demandes d’asile.

Une nouvelle loi adoptée en mars 2020 réduit de six mois à 30 jours le délai de grâce accordé aux personnes ayant obtenu le statut de réfugié pour transiter vers une vie indépendante après avoir bénéficié d’un logement organisé et de prestations de soutien de base.

L’objectif d’orienter davantage de ressources et de logements à disposition des demandeurs d’asile est bien compris, le système d’accueil grec étant confronté à une pénurie de places. Les réfugiés reconnus doivent libérer les logements dont les demandeurs d’asile ont grand besoin et qui attendent dans les centres d’accueil surpeuplés des îles grecques de la mer Égée. Plus de 31 000 femmes, hommes et enfants y vivent dans cinq centres d’accueil, dont la capacité initiale d’accueil est de moins de 6000 personnes.

Cependant, le HCR a continuellement exprimé son inquiétude quant au fait que les prestations d’assistance accordées à de nombreux réfugiés reconnus se terminent prématurément, avant qu’ils n’aient un accès effectif à l’emploi et au régime de protection sociale, selon les programmes prévus par la loi grecque. Le HCR a également exhorté la Grèce à augmenter la capacité d’accueil nationale dans les sites, les appartements, les hôtels et par le biais de la distribution d’allocations d’aide en espèces pour le paiement des loyers.

Le fait de forcer ces réfugiés à quitter leur logement sans filet de sécurité ni aucune mesure spécifique pour assurer leur autonomie pourrait pousser beaucoup d’entre eux à la pauvreté et à devenir des sans-abri. La plupart des réfugiés concernés n’ont pas de revenus réguliers, beaucoup sont des familles avec des enfants d’âge scolaire, des parents célibataires, des survivants de violences et d’autres ayant des besoins spécifiques. La pandémie de Covid-19 en cours et les mesures visant à réduire sa propagation créent des défis supplémentaires en limitant la capacité des personnes à se déplacer et à trouver un travail ou un logement.

Déplacer le problème survenant dans les îles vers le continent n’est pas une solution. Le HCR exhorte les autorités à mettre en oeuvre une approche graduelle, avec un seuil plus élevé pour étendre l’assistance aux personnes vulnérables qui ne peuvent pas quitter leur logement à ce stade.

L’intégration des réfugiés est un processus qui exige des efforts sincères de la part des réfugiés pour devenir autonomes et contribuer en retour à la société qui les accueille. Parallèlement, l’accès effectif aux régimes nationaux et aux programmes d’intégration qui proposent des cours de langue, une formation professionnelle et l’accès à un emploi rémunéré est essentiel.

Les réfugiés peuvent bénéficier de plusieurs programmes nationaux offrant un revenu minimum garanti, une aide au logement et d’autres prestations aux personnes les plus vulnérables. Dans la pratique, cependant, les réfugiés se heurtent à des obstacles dans l’accès à l’aide. Le HCR a proposé des mesures concrètes aux autorités grecques et travaille avec le gouvernement pour promouvoir l’inclusion effective des réfugiés.

Parmi ceux qui doivent quitter leur habitation, on compte actuellement 4000 réfugiés qui bénéficient d’un logement dans le cadre du programme d’hébergement ESTIA géré par le HCR et financé par la Commission européenne. Les règles et l’éligibilité du programme sont déterminées par le gouvernement grec. Le HCR gère le programme ESTIA dans toute la Grèce en partenariat avec les municipalités et les ONG, et des efforts conjoints importants ont été déployés pour favoriser l’inclusion et donner aux réfugiés les moyens de participer à la vie sociale de leurs communautés d’accueil. L’ESTIA fournit un logement sûr et digne dans des appartements à 22 700 demandeurs d’asile et réfugiés vulnérables.

Le HCR se félicite du programme d’intégration HELIOS, qui est financé par la Commission européenne et mis en œuvre par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en coordination avec les autorités grecques. HELIOS peut combler des lacunes pressantes, mais une certaine flexibilité est nécessaire pour prendre en charge un grand nombre de réfugiés qui quittent aujourd’hui leur logement.

Nous sommes prêts à continuer à apporter notre appui à la Grèce pour trouver des solutions, faire face à cette situation complexe et veiller à ce que les réfugiés reconnus bénéficient d’un soutien appropriés durant leur transition en cours vers l’autonomie.

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter : 

En Grèce, Boris Cheshirkov, cheshirk@unhcr.org, +306 9518 54661

A Athènes, Stella Nanou, nanou@unhcr.org, +30 216 200 7800

A Genève, Andrej Mahecic, mahecic@unhcr.org, +41 79 642 9709

A New York, Kathryn Mahoney, mahoney@unhcr.org, +1 347 443 7646

Publie par le HCR, le 02 juin 2020