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Crise humanitaire croissante aux frontières entre la Grèce et les Balkans

Mohamed, un réfugié syrien, sa femme Fatima et leurs deux bébés attendent en Serbie de passer la frontière vers la Croatie.

Mohamed, un réfugié syrien, sa femme Fatima et leurs deux bébés attendent en Serbie de passer la frontière vers la Croatie. © HCR / M. Henle

GENÈVE, 24 novembre (HCR)—Le HCR a lancé une alerte sur une nouvelle situation humanitaire qui se développe aux points de passage frontière depuis la Grèce vers les Balkans. De nouvelles restrictions non coordonnées y ont poussé plusieurs centaines de personnes à manifester en entamant une grève de la faim et quelques autres à se coudre les lèvres.

Vendredi dernier, le HCR, conjointement avec ses partenaires l’OIM et l’UNICEF, ont fait part de leur inquiétude sur les risques liés à de nouvelles restrictions, qui concernent essentiellement les personnes étant filtrées sur la base de leurs nationalités présumées.

À la frontière entre la Grèce et l’Ex-République yougoslave de Macédoine, et entre l’Ex-République yougoslave de Macédoine et la Serbie, les ressortissants syriens, afghans et irakiens sont autorisés à traverser. Les ressortissants d’autres pays ne peuvent pas continuer leur voyage. Environ 1000 personnes sont actuellement bloquées au point d’entrée principal vers l’Ex-République yougoslave de Macédoine depuis la Grèce.

La frustration est croissante et des manifestations ont éclaté impliquant quelque 200 personnes—principalement des Iraniens, des Bangladais et des Pakistanais. Environ 60 personnes ont entamé une grève de la faim et 11 personnes auraient cousu leur bouche.

« Les conséquences négatives de ces mesures sont déjà notables car des personnes sont désormais bloquées dans certains pays des Balkans sur leur parcours vers d’autres pays en Europe. Il n’y a aucune solution appropriée à leur situation », a déclaré Adrian Edwards, porte-parole du HCR, lors d’un point de presse à Genève, ajoutant qu’une « nouvelle crise humanitaire se développe en Europe et qu’il est urgent de le reconnaître. »

Environ 150 personnes sont retournées volontairement ces dernières 48 heures à Athènes où elles ont été informées qu’elles peuvent déposer une demande d’asile. Près du point de passage frontière d’Edomani, le HCR et ses partenaires ont mis en place un centre de transit composé de sept entrepôts mobiles chauffés où les personnes bloquées à la frontière peuvent passer la nuit et recevoir un repas chaud.

Adrian Edwards a souligné que des réfugiés et des migrants vont probablement continuer à arriver en Europe via la Grèce pendant l’hiver. En 2016, il est impératif que la situation soit gérée de manière à minimiser les risques de nouveaux problèmes.

« Toutes les personnes ont le droit de déposer une demande d’asile, indépendamment de leur nationalité, et chacun des cas individuels doit être examiné. Les personnes affectées par des décisions sur leur demande d’asile aux points de passage frontière doivent en être informées de manière appropriée et une aide psychosociale doit pouvoir leur être assurée. De plus, des dispositions pour héberger les personnes affectées doivent être mises en œuvre », a-t-il ajouté.

Du fait de la situation actuelle en Grèce, le HCR demeure préoccupé par le fait que ces mesures aux points de passage frontière vers l’Ex-République yougoslave de Macédoine, ainsi qu’entre l’Ex-République yougoslave de Macédoine et la Serbie, vont essentiellement bénéficier aux passeurs car les personnes bloquées aux frontières recherchent des alternatives à leur situation chaotique. A l’approche de l’hiver, une stabilisation ainsi qu’une gestion coordonnée et globale de la crise de l’arrivée en Europe des réfugiés et des migrants demeurent urgentes.

« À l’approche de l’hiver, une stabilisation ainsi qu’une gestion coordonnée et globale de la crise de l’arrivée en Europe des réfugiés et des migrants demeurent urgentes », a indiqué Adrian Edwards.