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Étudiant. Grand Frère. Poète.

« J’ai fui à cause de la guerre. »

Hany, 21 ans: « Je suis arrivé au Liban avec ma famille il y a deux ans à cause de la guerre dans mon pays. Depuis la Syrie, j’ai seulement emporté avec moi mon diplôme et des souvenirs de joie, d’amitié, de rigolade, de notre maison chaleureuse, de mon enfance et de mon école.
Ce qui me manque, ce sont les virées avec mes amis, le sourire de ma maman le matin, mon copain qui m’attendait 15 minutes tous les jours pour aller à l’école ensemble, écrire un nouveau poème ou même économiser pour acheter un nouveau livre ! J’ai apporté des souvenirs de moi, Hany, le garçon plein de rêves et d’ambitions qu’il était tout près de réaliser avant que nous soyons subitement affectés par la guerre.

Si seulement vous pouviez voir ce qui est à l’intérieur de ma tête. Vous trouverez un écrivain en train de rédiger la cinquième ébauche de son histoire dans un livre intitulé ‘Espoir’. Vous trouveriez peut-être une version de moi en train de danser sur le tic tac d’une pendule, une torture si vous êtes habitués à la musique de Fayrouz ou de Franck Sinatra. Vous trouverez un échiquier dont les pions sont morts d’ennui. C’est là que vous me trouverez ».

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Hany avec son bien qui lui est le plus cher—son diplôme et ses certificats de l'école secondaire. « C'est ma vie, c'est mon futur. J'ai tout laissé en Syrie, mais pas mon diplôme. » dit le jeune homme à l'entrée de sa maison au Liban. ©HCR / A. McConnell / 2014

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Ashraf, le frère de Hany, adore courir autour du camp. Mais sa famille dit qu'il est facilement effrayé par des sons bruyants et semble encore traumatisé par ses mémoires de la Syrie. ©HCR / A. McConnell / 2014

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Hany prend un auto-portrait sur un portable avec Ashraf dans l'abri familial dans la plaine de la Bekaa. « Le portable est devenu mon meilleur ami. J'y passe des heures et des heures. Je l'utilise pour lire et écrire et communiquer, » raconte Hany. Il dit que son portable le garde branché avec des gens partout autour du monde et l'aide à passer son temps. ©HCR / A. McConnell / 2014

Hany a 21 ans et il est réfugié dans la plaine de la Bekaa, au Liban. Avant la guerre, Hany vivait l’instant présent. Il était rappeur, se produisait dans un groupe à l’école, et rêvait d’aller à l’université. Dans un quartier tranquille de Homs, dans la maison construite par son père, il contemplait les arbres à l’extérieur de sa chambre et écrivait des poèmes.
Son frère Ashraf est né le jour où le conflit en Syrie a débuté, le 15 mars 2011. A peine vingt jours plus tard, la violence a touché son quartier. Les bombes pleuvaient et leurs fenêtres tremblaient. « Pendant un an et demi, nous sommes restés enfermés à l’intérieur », raconte la maman d’Hany. « Nous étions entassés dans une seule pièce où nous mangions et dormions ». Ils sont restés jusqu’à ce que l’horreur frappe leur famille : une tante, un oncle et un cousin ont été assassinés chez eux, égorgés. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
Après leur fuite, leur maison a été pillée et incendiée. Hany n’a emporté qu’une chose avec lui : son diplôme et son dossier scolaire. « C’est ma vie, mon avenir. J’ai tout laissé en Syrie, sauf ça ». Hany s’est remis à la poésie pour rompre la monotonie. « Je fais ça pour contenir mes émotions”, déclare-t-il.

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