
Une famille arrive au poste frontière de Masnaa, au Liban, pour passer en Syrie afin d’échapper aux bombardements israéliens et aux ordres d’évacuation. © HCR
Ceci est un résumé des déclarations d’Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR et coordinateur régional de la réponse aux situations d’urgence au Moyen-Orient – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 6 mars 2026 au Palais des Nations à Genève.
GENÈVE – L’escalade militaire au Moyen-Orient a fait des victimes civiles, endommagé et détruit des infrastructures vitales et contraint des centaines de milliers de personnes à fuir leur foyer, nécessitant une réponse immédiate dans toute la région.
Même avant la récente escalade, près de 25 millions de personnes dans les pays touchés étaient des réfugiés, des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays ou des réfugiés récemment rentrés chez eux dans des conditions très difficiles.
Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, coordonnera la réponse humanitaire pour le compte des Nations Unies et de la communauté humanitaire au sens large, en soutien aux gouvernements. Des efforts sont en cours pour fournir une aide humanitaire vitale dans les pays affectés et pour maintenir la fourniture de services essentiels aux populations réfugiées existantes.
Il est impératif que tous les civils qui doivent se déplacer ou traverser les frontières pour se mettre en sécurité puissent le faire en toute sécurité. Nous restons préoccupés par le sort des civils et des populations déplacées dans tous les pays touchés par les récentes attaques, notamment l’Azerbaïdjan, Chypre, les pays du Golfe, l’Iran, l’Irak, Israël, la Jordanie, le Liban et la Syrie.
En Iran, où le HCR est la plus grande agence des Nations Unies, nous restons profondément préoccupés par la sécurité des civils et des réfugiés. Les estimations initiales des autorités, qui tablaient sur 100 000 personnes ayant quitté Téhéran au cours des deux premiers jours de la crise, ont désormais été dépassées. Le pays accueille 1,65 million de personnes contraintes de fuir, principalement en provenance d’Afghanistan, et un nombre considérable d’entre elles ont besoin d’aide et de soutien. Dans un contexte d’attaques et de perturbations des communications, l’environnement est dangereux pour les civils et les travailleurs humanitaires. Le HCR reste toutefois présent sur le terrain. Nos centres d’accueil et nos lignes d’assistance téléphonique restent ouverts et nous recevons plus de 250 appels par jour de la part de réfugiés.
Au Liban, plus de 96 000 personnes contraintes de fuir leur foyer sont hébergées dans plus de 440 sites collectifs, selon le gouvernement libanais. Les familles partent avec peu d’effets personnels, en quête de zones plus sûres, notamment dans certaines parties du Mont-Liban, à Beyrouth, dans les districts du nord et dans certaines parties de la plaine de la Bekaa. Les témoignages des personnes déplacées font état d’une peur et d’une anxiété intenses, en particulier compte tenu des derniers ordres d’évacuation sans précédent donnés par Israël aux résidents libanais. En seulement quatre jours au Liban, le HCR a distribué plus de 65 000 articles de secours à 22 000 personnes déplacées dans des abris gouvernementaux, notamment des matelas, des couvertures, des jerrycans, des lampes solaires et des couvertures de sol.
Selon les autorités syriennes, au moins 33 600 Syriens et quelque 3 000 Libanais ont traversé la frontière syrienne. Parmi eux figurent des réfugiés syriens au Liban qui avaient déjà décidé de rentrer chez eux, ainsi que d’autres qui ont fui le conflit en cours. Les équipes du HCR sont présentes à la frontière syrienne avec les autorités et leurs partenaires afin d’apporter une aide d’urgence aux nouveaux arrivants, et nous sommes prêts à intervenir à l’intérieur du pays grâce à des stocks prépositionnés et à un soutien communautaire.
Par ailleurs, nous sommes également préoccupés par la situation en Afghanistan et au Pakistan, qui reste tendue en raison du conflit actif le long de la frontière, avec des rapports faisant état de déplacements internes dans les deux pays : environ 115 000 en Afghanistan et quelque 3 000 au Pakistan. La situation en Afghanistan est déjà fragile. Tout nouveau retour massif de réfugiés afghans exercera une pression considérable sur les services de base et les communautés d’accueil. Un soutien supplémentaire est nécessaire.
Le HCR se mobilise pour répondre à ces mouvements de population complexes et aux besoins de protection. Nous fournissons une aide humanitaire essentielle, notamment en distribuant des articles de première nécessité et en apportant un soutien en matière d’hébergement, et nous disposons des infrastructures nécessaires pour fournir rapidement une aide financière d’urgence.
D’importants déficits de financement persistent dans toutes les opérations du HCR dans les pays touchés, et nous appelons les donateurs à fournir de toute urgence le soutien supplémentaire nécessaire.
Des vidéos sont disponibles au téléchargement ici.
Voir le dernier tableau de bord sur les mouvements de population.
Pour plus d’informations à ce sujet, veuillez svp contacter :
• A Genève, Babar Baloch: baloch@unhcr.org, +41 79 513 95 49
• A Amman: Rula Amin, aminr@unhcr.org, +962 (0) 790 045 84
• A Bangkok, Mariko Hall: hallma@unhcr.org, +66 63 003 2028
