Man wearing a black soccer jersey leans over a young boy wearing an orange soccer jersey

Coach Saleh, left, with members of the Scarborough Simbas. Credit: Scarborough Simbas.

Sous le soleil qui décline en soirée, dans le parc Terraview, vous observerez souvent Saleh Al Osman qui fait le tour des lignes de côté et applaudit les enfants avec un sifflet autour du cou et une voix qui inspire une confiance tranquille. Pour Saleh, le terrain de soccer n’est pas seulement un endroit où jouer : c’est un endroit où les collectivités se bâtissent, où les amitiés se forment et où l’avenir se façonne.

By Zeba Tasci in Ottawa, Canada


Saleh est un des entraîneurs des Simbas de Scarborough, un programme de soccer dirigé par la communauté conçu pour soutenir les jeunes nouveaux arrivants et réfugiés par le sport. C’est un rôle qu’il assume sérieusement, non seulement parce qu’il adore le sport, mais parce qu’il a vu ce qu’il peut faire.

« Je vois que les enfants aiment vraiment le jeu, dit-il. « Ils deviennent des amis. Ils se soutiennent mutuellement. C’est incroyable de voir comment quelque chose d’aussi simple que le soccer rassemble les gens. »

Pour Saleh, le soccer a toujours été plus qu’un passe-temps. Il s’agit d’une force puissante pour créer l’inclusion, surtout chez les jeunes qui pourraient autrement se sentir isolés ou déconnectés. Son rôle d’entraîneur va au-delà des exercices et des tactiques : il met l’accent sur le renforcement de la confiance, la création de liens et la possibilité d’aider les enfants à trouver du plaisir dans quelque chose de familier, même lorsque tout le reste semble nouveau.

L’impact est clair. Saleh a vu des joueurs sortir de leur coquille, trouver leur voix et former des amitiés qui durent toute une vie sur le terrain. « Même si un enfant ne joue pas au soccer à la maison, il commence à aimer ça à cause de l’équipe, à cause de l’environnement, dit-il. Il sent qu’il fait partie d’une équipe. »

Saleh n’était pas entraîneur au début. En fait, il a déjà été un des enfants qui marche nerveusement sur le terrain pour la première fois.

Originaire d’Idlib, en Syrie, Saleh est arrivé au Canada après avoir fui le conflit sévissant dans le pays. Sa famille a passé du temps au Liban avant de se réinstaller à Toronto, mais le périple était rempli d’incertitude et marqué par le choc culturel et le sentiment de perte.

A young boy wearing a black tracksuit sits on a rail with the sea behind him.

Le jeune garçon Saleh en Syrie, avant que sa famille soit déplacée. Mention de source : Saleh Al Osman. 

« Au début, c’était assez dur, se souvient-il. Nouvelle langue, nouvelle culture… pas beaucoup d’amis. On ressent la douleur d’être un nouvel arrivant. »

La situation a commencé à changer lorsqu’il a déménagé à Victoria Park et a rencontré Karen Scott, une leader de la collectivité locale qui allait lancer le Simbas de Scarborough.

« Karen était extraordinaire, affirme Saleh. Elle ne faisait pas que lancer un programme de soccer. Elle visitait les familles, les aidait à trouver un emploi, écoutait leurs histoires. »

Lorsqu’elle a lancé les Simbas, Saleh a été un des premiers à se joindre au groupe.

« J’étais tellement stimulé, dit-il. Je joue au soccer depuis que je suis gamin. En Syrie, il est très courant de jouer au soccer de rue. Je passais des heures dehors à jouer, je rentrais à la maison épuisé et exalté. »

Saleh a joué avec les Simbas pendant un an, puis est revenu sur le terrain — cette fois-ci comme entraîneur. Il encadre maintenant une nouvelle génération de joueurs, dont plusieurs partagent son histoire en tant que nouveaux arrivants qui apprennent à mener une nouvelle vie au Canada.

En plus d’assumer son rôle d’entraîneur, Saleh est actuellement en deuxième année à l’Université Ontario Tech, où il étudie les sciences biomédicales. Son leadership sur le terrain et à l’extérieur a été un thème constant : il a joué comme attaquant pour les semi-professionnels North Toronto Nitros pendant un an après avoir obtenu le soutien des Simbas, puis à l’école secondaire G.L. Roberts, il a été nommé capitaine de l’équipe de soccer en 12e année en raison de ses grandes qualités de leader.

« Le soccer a vraiment changé ma vie, dit-il en réfléchissant. Quand j’étais adolescent, il m’a tenu à l’écart des mauvaises fréquentations. Il m’a permis de me concentrer, de grandir et de garder les deux pieds sur terre. Je veux donner cette même chance à ces enfants. »

« Les Simbas de Scarborough, ce n’est pas seulement un programme de soccer. C’est un carrefour communautaire. Il offre aux jeunes un environnement sûr et inclusif permettant de former des amitiés, de développer sa confiance et d’acquérir de précieuses aptitudes à la vie quotidienne. » Saleh croit que des programmes comme ceux-ci sont essentiels, et pas seulement à Scarborough, mais dans toutes les régions du Canada. « Ça n’a pas nécessairement à être le soccer, dit-il. Ça peut être le basketball, le baseball, vraiment tout ce qui donne une structure aux enfants et leur permet de créer des liens. Ces programmes les aident à devenir la meilleure version d’eux-mêmes. »

Five young adults wearing grey t-shirts reading 'Scarborough Simbas' stand in a line, each with their thumbs up

Saleh accompagné d’autres entraîneurs des Simbas de Scarborough. Mention de source : Simbas de Scarborough. 

Dans la foulée de la Coupe du Monde de la FIFA 2026 qui se déroulera en partie au Canada, Saleh est particulièrement enthousiaste quant au potentiel de l’événement d’inspirer les jeunes joueurs et de rassembler les collectivités. « La Coupe du Monde est un grand événement communautaire, dit-il. Des gens du monde entier – de la Syrie, de l’Afrique, de l’Europe – vont se rassembler. J’espère que cela motivera les enfants d’ici à rêver grand et à voir ce qui devient possible grâce au soccer. »

Le parcours de Saleh de joueur à entraîneur et de nouvel arrivant à mentor a toujours été centré autour d’une chose : le pouvoir du sport d’unir, d’élever et de transformer.

« J’ai hâte de voir où le soccer mènera ces enfants, dit-il. Parce que pour moi, il a mené à quelque chose de plus que le jeu. Il m’a mené vers une collectivité. Il m’a aidé à me sentir chez moi. »

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