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Une agente canadienne du HCR revient sur le temps qu’elle a passé aux côtés des réfugiés syriens en Irak

Karen Whiting, Représentante adjointe pour la protection, en compagnie d’un jeune réfugié syrien à Bagdad, en Irak. ©UNHCR/Abed Arslan

« L’histoire de chaque réfugié me touche personnellement. »

Par Karen Whiting, tel que raconté à Hannah Scott


Originaire d’Ottawa, Karen Whiting travaille à Bagdad, en Irak, comme Représentante adjointe pour la protection. Sa tâche est d’établir les priorités du HCR en termes de protection pour les opérations en Irak et d’agir en faveur de la protection des réfugiés syriens.


Qu’est-ce que vous aimeriez que les Canadiens sachent sur la crise actuelle en Syrie?

Le Gouvernement de la Région du Kurdistan en Irak a fait preuve d’une grande générosité en permettant aux réfugiés syriens de bénéficier des services et systèmes publics – un véritable modèle à suivre pour de nombreux gouvernements dans le monde. Le HCR travaille également avec l’administration centrale à Bagdad pour enregistrer tous les réfugiés syriens au niveau national. Après avoir été inscrits et avoir reçus leurs papiers, les réfugiés peuvent ainsi bénéficier d’une protection et d’une certaine sécurité, puis avoir accès à des services.

Malgré les défis auxquels l’Irak est confronté, le pays connaît aussi des modèles de réussite sur lesquels nous espérons nous appuyer en 2020. Notre but est que les réfugiés syriens puissent bénéficier d’un large éventail de solutions.

Vous avez l’occasion unique d’être sur le terrain pour venir en aide aux réfugiés. Que retenez-vous de cette expérience?

« L’histoire de chaque réfugié me touche personnellement. » Chaque jour que je passe dans mes fonctions au HCR, je prends conscience du fait, qu’en tant que Canadienne, j’ai eu la chance incroyable de grandir dans un pays stable et sûr, et de pouvoir m’épanouir ainsi que ma famille. Tout le monde devrait avoir ce droit, peu importe où il se trouve.

Le Canada mais aussi la communauté internationale doivent en faire plus pour veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte.

« Les enfants et les jeunes sont notre avenir, et nous devons investir dans leur développement et leur épanouissement. »

Quel élément aimeriez-vous partager avec les lecteurs sur l’expérience des réfugiés et leur vie dans les camps?

Les enfants et les jeunes sont notre avenir, et nous devons investir dans leur développement et leur épanouissement. Aucun enfant ou jeune ne devrait passer ses premières années de développement dans un camp de réfugiés, où les possibilités d’améliorer ses capacités, ses connaissances, ses compétences et sa résilience sont limitées. Quel que soit le montant que nous investissons dans les camps, ils ne peuvent pas offrir les conditions optimales pour aider les gens à devenir des membres productifs et résilients d’une société active.

Bien que le HCR et ses partenaires aient déployé des efforts importants pour soutenir les enfants et les jeunes dans les camps, nous devons nous concentrer davantage sur les solutions en dehors des camps afin que les enfants et les jeunes réfugiés soient plus intégrés dans les communautés qui les accueillent. Bien qu’il soit essentiel d’investir dans l’éducation, les enfants et les jeunes réfugiés doivent savoir que des opportunités s’offriront à eux lorsqu’ils auront terminé l’école.

Quel est votre rapport avec le Canada, un pays qui a accepté des milliers de réfugiés syriens?

Je suis fière d’être Canadienne et de travailler pour le HCR. La générosité du Canada et son leadership mondial concernant les questions liées aux réfugiés est l’une des raisons pour lesquelles j’ai voulu travailler pour le HCR initialement. Participer au programme du HCR visant la réinstallation de 25 000 réfugiés syriens au Canada en 2015 a été une grande fierté pour moi. Dans le cadre des opérations du HCR en Jordanie, j’ai travaillé les fins de semaine et les jours fériés pour aider le gouvernement canadien à respecter ses engagements. En m’appuyant sur le leadership du Canada, il m’est plus facile de plaider auprès des gouvernements des pays d’accueil où j’ai été affectée et d’expliquer aux autorités et aux communautés d’accueil comment les réfugiés peuvent non seulement contribuer à la société où ils sont établis, mais aussi à son économie.

Quel est le meilleur moyen pour les Canadiens d’offrir leur aide aux réfugiés syriens?

En offrant leur soutien aux réfugiés syriens au Moyen-Orient, et plus particulièrement en Irak, les Canadiens ont fait preuve d’une incroyable générosité jusqu’à présent. Le HCR est reconnaissant pour ce soutien continu qui lui permet de leur apporter une assistance essentielle et vitale. Malgré cette générosité, les besoins demeurent considérables, et nous demandons aux Canadiens de continuer à soutenir les programmes humanitaires du HCR dans le monde ainsi que les initiatives de réinstallation du Gouvernement canadien.

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