Schoolgirls smile at the camera at Vahdat school in Isfahan, Iran.

Parissa et Parimah, deux sœurs, sont arrivées en Iran avec leur famille il y a dix ans en provenance de Hérat, en Afghanistan. Elles sont maintenant inscrites à l’école primaire de Vahdat. C’est la première fois qu’elles bénéficient d’une éducation formelle. © UNHCR/Mohammad Hossein Dehghanian


OTTAWA, CANADA 
 Dans un rapport publié ce jour, intitulé « Tous unis pour l’éducation des réfugiés », le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, prédit qu’en l’absence de mesures immédiates et audacieuses adoptées par la communauté internationale pour contrer les effets catastrophiques de la COVID-19 sur l’éducation des réfugiés, le potentiel de millions de jeunes réfugiés vivant dans certaines des communautés les plus vulnérables au monde sera mis un peu plus en péril.

Même si les enfants de tous les pays ont subi les conséquences de la COVID-19 sur leur éducation, le rapport montre que les enfants réfugiés ont été particulièrement impactés. Avant la pandémie, un enfant réfugié risquait deux fois plus d’être déscolarisé qu’un enfant non réfugié, un écart qui va encore se creuser : nombre d’entre eux n’auront probablement pas la possibilité de reprendre leurs études du fait de la fermeture des écoles, des difficultés à payer les frais de scolarité, les uniformes ou les manuels scolaires, du manque d’accès aux technologies ou parce qu’on leur impose de travailler pour subvenir aux besoins de leur famille.

« La COVID-19 a interrompu le système d’éducation de façon historique, affectant 1,6 milliard d’étudiants dans le monde », a affirmé Rema Jamous Imseis, Représentante du HCR au Canada. « Au moment où le Canada réouvre les classes aux élèves en respectant les contraintes imposées par la pandémie, la moitié des enfants dans le monde n’auront pas cette chance. Même lorsque les écoles réouvriront, nous craignons qu’une jeune fille réfugiée sur deux en sera privée pour toujours. »

Les données de 2019 indiquent que s’adapter aux contraintes imposées par la COVID-19 a été particulièrement difficile pour 85% des réfugiés à travers le monde qui vivent dans des pays en développement ou parmi les moins avancés en raison du manque d’accès nécessaire aux technologies ou à la connectivité.

 

Venezuelan refugee Emily has settled into her new home in Quito, Ecuador.

Au Venezuela, Emily allait à la même école depuis l’âge de trois ans. C’était la meilleure élève de sa classe. Le monde d’Emily s’est brisé lorsque sa famille a dû fuir, en quête de sécurité face à l’escalade de la crise au Venezuela. Elle est maintenant en deuxième année en Équateur, où elle a retrouvé sa position comme première de classe et a été élue présidente du conseil étudiant. © UNHCR/Ramiro Aguilar Villamarín


Pour les filles réfugiées, la menace est particulièrement préoccupante

Alors que le taux brut de scolarisation dans l’enseignement primaire est de 77%, seulement 31% des jeunes sont inscrits au secondaire. Et seulement 3% des jeunes réfugiés poursuivent leurs études au niveau supérieur.

Bien que très inférieures aux moyennes mondiales, ces statistiques n’en constituent pas moins une avancée. La scolarisation dans l’enseignement secondaire a progressé du fait de dizaines de milliers d’enfants qui poursuivent aujourd’hui leur scolarité, soit une augmentation de 2% pour la seule année 2019. Toutefois, la pandémie de la COVID-19 menace aujourd’hui de réduire à néant ces progrès, comme d’autres avancées majeures. La menace pesant sur la scolarité des filles réfugiées est particulièrement préoccupante.

Les jeunes filles réfugiées étaient déjà moins scolarisées que les garçons et deux fois moins susceptibles de poursuivre leurs études au niveau secondaire. En se fondant sur des données du HCR, le Fonds Malala a estimé qu’en raison de la COVID-19, la moitié des jeunes filles réfugiées inscrites au secondaire ne retourneront pas en classe à la réouverture des écoles ce mois-ci. Dans les pays où le taux brut de scolarisation des jeunes filles réfugiées au secondaire était déjà inférieur à 10%, toutes les jeunes filles risquent désormais d’abandonner leurs études de manière définitive, une perspective alarmante qui aurait un impact sur les générations à venir.

« Je suis particulièrement inquiet de l’impact sur les jeunes filles réfugiées », a déclaré Filippo Grandi, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. « Outre le fait que l’éducation est un droit fondamental, la protection et les retombées économiques qu’elle offre aux filles réfugiées, à leurs familles et à leurs communautés sont évidentes. La communauté internationale ne peut tout simplement pas leur faire défaut en ne leur offrant pas les opportunités découlant d’une éducation. »

 

Malian refugee children study at an UNHCR-supported primary school in one of the refugee camps in Burkina Faso.

Des enfants réfugiés maliens étudient dans une école primaire soutenue par le HCR dans l’un des camps de réfugiés du Burkina Faso. © UNHCR/Paul Absalon


Une pandémie ne doit pas interrompre les engagements en matière d’éducation

Le HCR, les gouvernements et les partenaires travaillent sans relâche pour combler des lacunes capitales et assurer la continuité de l’éducation des réfugiés pendant la pandémie.

Au Burkina Faso, avec l’appui du Canada, le HCR distribue des documents d’identité afin de permettre aux enfants déplacés de retourner à l’école, incluant des postes radio, des cahiers et des crayons, et offre également des alternatives à l’enseignement traditionnel par le biais de programmes éducatifs diffusés à la radio.

Le rapport présente des exemples encourageants de gouvernements qui ont légiféré sur le droit à l’éducation des enfants réfugiés dans les écoles publiques, avec des témoignages venant de l’Équateur et de l’Iran. L’innovation numérique est également mise en lumière par le Ministre égyptien de l’éducation ainsi que par l’expérience d’une famille vivant en Jordanie qui tire profit de la transition vers l’apprentissage en ligne. Étant donné que plus de la moitié des réfugiés à travers le monde vivent en milieu urbain, l’importance des villes qui les accueillent est également soulignée.

Cependant, à un moment si grave, notamment pour les jeunes filles qui sont menacées de ne plus pouvoir retourner à l’école, il faut en faire plus.

Le rapport appelle les gouvernements, le secteur privé, la société civile et tous les autres acteurs importants à unir leurs forces pour trouver les moyens de renforcer les systèmes nationaux d’éducation, de créer des passerelles en vue de cursus d’études certifiants et de garantir des financements pérennes pour l’éducation.

« L’inclusion des réfugiés et des élèves déplacés doit faire partie de la réponse mondiale contre la COVID-19, » explique Jamous Imseis. Au sujet du rôle du Canada, elle ajoute : « Le Canada est vu comme un leader mondial en matière d’éducation et s’est engagé fortement à s’assurer que les réfugiés et les enfants déplacés ne soient pas laissés pour compte, notamment par le biais d’une campagne menée à ce sujet. Une pandémie ne doit en aucun cas interrompre ces plans mais plutôt mettre en exergue l’importance vitale qu’ils représentent pour des millions de vies de jeunes réfugiés.»

 

À propos de ce rapport

« Tous unis pour l’éducation des réfugiés » est le cinquième rapport annuel du HCR sur l’éducation. Le premier, intitulé « Privés d’école », avait été publié en 2016, avant l’ouverture du Sommet de l’Assemblée générale des Nations Unies pour les réfugiés et les migrants, tenu en septembre de la même année. Il exhortait les donateurs à mettre en place un financement pluriannuel et prévisible en faveur de l’éducation des réfugiés. Le second rapport, « Laissés pour compte », a été publié en 2017. Il lançait un appel afin que l’éducation soit considérée comme un élément fondamental de la réponse aux crises de réfugiés. Publié en 2018, le troisième rapport, « Inverser la tendance », soulignait qu’à la fin 2017, quatre millions d’enfants réfugiés n’étaient pas scolarisés. Le quatrième rapport, « Redoubler d’eorts : L’éducation des réfugiés en crise », mettait en évidence la chute massive du nombre d’inscrits entre le secondaire et l’enseignement supérieur.

Le rapport 2020 offre une préface de Filippo Grandi, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, et une postface du footballeur Mohamed Salah, qui est devenu cette année le premier ambassadeur du réseau Instant Network Schools, créé en 2013 par la Fondation Vodafone et le HCR pour apporter une éducation numérique de qualité aux élèves réfugiés et à ceux des communautés d’accueil.

 

Pour toute demande d’information ou d’entrevue :

À Ottawa, Emmanuelle Paciullo, Tél. +1 (514) 772-4435, paciullo@unhcr.org

 

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Un dossier complet de contenus multimédias, le rapport complet et les coordonnées des porte-parole du HCR dans les pays et à travers le monde entier sont disponibles sur la page médias.

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