Mohammad Alkhalaf, réfugié syrien, vérifie les entraînements, les câbles et les roues d'un train express interurbain au dépôt de Hamburg-Eidelstedt de la Deutsche Bahn où il suit une formation d'ingénieur

Mohammad Alkhalaf, réfugié syrien, vérifie les entraînements, les câbles et les roues d’un train express interurbain au dépôt de Hamburg-Eidelstedt de la Deutsche Bahn où il suit une formation d’ingénieur. © HCR/Gordon Welters

Le programme d’intégration de la Deutsche Bahn, l’opérateur ferroviaire allemand, offre aux réfugiés la possibilité d’un emploi permanent, tout en comblant un déficit de compétences sur le marché du travail.

Mohammad Alkhalaf, réfugié syrien, a tout du perfectionniste, une qualité qui le sert bien dans sa formation d’ingénieur électricien avec la Deutsche Bahn, l’opérateur ferroviaire allemand.


« Les médecins et les électriciens n’ont pas droit à l’erreur », dit Mohammad, en deuxième année de formation. « C’est pourquoi je m’efforce toujours de rester concentré sur la tâche à accomplir. Personne n’est parfait, mais je veux faire chaque chose parfaitement. »

Mohammad, 28 ans, est formé à l’entretien de la flotte de trains interurbains à grande vitesse du réseau. Situé dans le nord de l’Allemagne, le dépôt de Hamburg-Eidelstedt où il travaille est le plus important du pays et peut assurer l’entretien simultané de huit trains longue distance.

Un nouveau train arrive tous les deux jours, soit après 3600 km de service, pour inspection, nettoyage et maintenance.

Pour les réfugiés comme Mohammad, trouver du travail est une étape essentielle de leur nouvelle vie dans leur pays hôte. En Allemagne, de nombreux secteurs ont vu les avantages liés à ces nouveaux arrivants qui permettent notamment de combler les lacunes du marché du travail. La clé réside dans leur adaptation à de nouveaux systèmes.

« Il n’y a que ça : des règles, des règles et encore des règles et tenir les délais ! » dit-il. Les programmes d’intégration de la Deutsche Bahn sont désormais dispensés en ligne, via l’enseignement à distance, pour respecter la clôture obligatoire des centres de formation due à la pandémie de Covid-19 et les leçons d’allemand se tiennent maintenant par téléphone.

Durant ces jeunes années, Mohammad a toujours donné la main dans la vaste oliveraie de sa famille à Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie. Doué pour les maths et la physique, il savait cependant qu’un métier technique appliqué lui conviendrait bien et il avait espéré poursuivre ses études au-delà du lycée.

« J’étais tellement heureux d’avoir cette opportunité. »

Puis la guerre a éclaté et, en 2014, il a fui son pays dans l’espoir de rejoindre son frère aîné en Suède. Après des années d’incertitude, il a obtenu le statut de réfugié en Allemagne en 2017. Il avait déjà appris un peu d’allemand tout seul et voulait devenir électricien. Cela n’a guère été facile de se faire sa place et, pendant sa première année en Allemagne, il a envoyé environ 200 candidatures.

C’est alors qu’il est tombé sur une annonce concernant Chance Plus, un programme de préqualification mis en place par la Deutsche Bahn pour préparer les nouveaux arrivants à suivre sa prestigieuse formation professionnelle. Le programme recrute chaque année 300 candidats dans neuf villes d’Allemagne. Mohammad a obtenu une place dans un cours de formation qui débutait à Hambourg en septembre 2017 et son apprentissage a commencé l’été suivant.

« J’étais tellement heureux d’avoir cette opportunité après m’être tant démené », dit Mohammad. Au cours des trois prochaines années, il assimilera toute une gamme de compétences, de l’installation à l’électrotechnique en passant par la programmation.

« Je me rends compte que je suis davantage en sécurité maintenant. »

Une fois qu’il aura passé ses examens de fin de formation, il est garanti d’avoir un emploi permanent à la Deutsche Bahn. L’apprentissage ne cesse jamais. « Dans le train, je suis toujours en train de lire quelque chose. C’est bien mieux que de perdre du temps sur mon téléphone ou de regarder par la fenêtre », dit-il.

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Sa formation présente aussi d’autres avantages. « Nous voyons les participants… évoluer au plan personnel, approfondir les contacts avec leurs collègues, s’ouvrir davantage et commencer à avoir une vie sociale ici », dit Ulrike Stodt, responsable du programme de la Deutsche Bahn pour la préqualification des réfugiés. Elle précise que l’opérateur ferroviaire s’est engagé à aider les réfugiés à obtenir les certificats et qualifications dont ils ont besoin pour travailler sur le marché du travail allemand. L’effort finit par payer en bout de course, dit-elle.

« Nous encouragerons toujours d’autres entreprises à envisager de recruter des réfugiés, de les former et de les intégrer dans leurs espaces de travail », ajoute-t-elle. Maintenant qu’il est sur les rails d’un avenir sûr, Mohammad dit que sa famille lui manque, mais il sait qu’il a de la chance. « Quand je regarde derrière moi, je me rends compte que je suis maintenant davantage en sécurité et que j’ai de meilleures perspectives pour la suite », conclut Mohammad.

Publie par le HCR, le 03 juin 2020

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