©UNHCR/Chris Young

Par Lauren La Rose

La passion de Nabil Maati pour la cuisine a toujours été présente, de ses débuts en tant qu’adolescent dans un service de traiteur, au lancement de son propre restaurant à l’âge adulte. Une passion présente même lorsque des forces hors de son contrôle ont menacé de mettre un terme à la carrière du chef syrien.

« J’aime ce type de travail depuis que je suis tout petit », déclare M. Maati, qui a déjà été chef de partie à l’hôtel Four Seasons de Damas, où il est né. « Depuis plus de 20 ans, j’occupe ce type d’emploi et j’adore ça. On ne s’ennuie jamais.

Il y a toujours quelque chose à faire, quelque chose de nouveau… il n’y a pas de limite au savoir dans ce type d’emploi — c’est ce que j’apprécie. »

En 2007, M. Maati a lancé son propre restaurant à service rapide, le Snack Nobel Takeaway, tout en aidant des amis à lancer des établissements de restauration en Arabie saoudite et dans la ville syrienne de Homs.

« Avant 2011, ça allait en Syrie. Pas de problème. La vie était normale. Nous étions heureux », explique-t-il. « Après 2011, la guerre, qui dure depuis huit ans — a tout changé. »

Le conflit s’est retrouvé directement à sa porte. Un jeune livreur de 18 ans a été touché par des obus de mortier à l’extérieur de son restaurant.

« Je suis allé à l’hôpital pour voir ce qui s’était produit et il était déjà mort », se souvient-il.

« J’ai décidé de partir sur-le-champ. J’avais peur pour ma famille et mes enfants », ajoute M. Maati, père d’Angela (11 ans) et de Saad (8 ans) avec sa femme Raghida.

Maati a fui au Liban voisin et a été forcé d’abandonner son entreprise pour laquelle il avait travaillé si dur. Des années plus tard, il savoure un retour dans le monde de la restauration et à ses racines de la cuisine du Moyen-Orient en tant que chef principal dans un établissement de Paramount Fine Foods à Mississauga, en Ontario.

©UNHCR/Chris Young

Maati a trouvé cet emploi avec l’aide de Talent Beyond Boundaries (TBB), un organisme qui fait le lien entre les employeurs et les réfugiés qui possèdent les compétences requises. En Jordanie et au Liban, l’organisme a une base de données contenant plus de 12 000 professionnels de différents secteurs, notamment dans les métiers de l’ingénierie, des soins de santé et des technologies de l’information.

TBB est le partenaire principal du programme Economic Mobility Pathways Project financé par le gouvernement fédéral, qui teste la possibilité pour les réfugiés d’immigrer au Canada en tant que travailleurs qualifiés.

« Nous avons grand besoin de travailleurs qualifiés, et il s’agit d’une façon pour nos entreprises de consulter d’autres sources, affirme Dana Wagner, directrice des opérations au Canada pour TBB.

Une entreprise comme Paramount obtient une personne très qualifiée. Et pour Nabil et sa famille… c’est un emploi important avec un excellent salaire; sans oublier qu’ils arrivent au Canada en tant que résidents permanents. Alors vraiment, c’est une occasion de reconstruire sa carrière et sa vie dans un pays sûr. »

Paramount a approché TBB pour l’aider à recruter un chef, un poste qu’il était difficile de combler dans la région du Grand Toronto, indique Mme Wagner. Après avoir vérifié dans sa base de données, l’équipe de TBB au Liban a rencontré M. Maati pour la première fois en mars 2018. L’équipe a travaillé avec lui sur son curriculum vitae et sur sa préparation pour l’entrevue avec Paramount — un test qu’il a passé haut la main.

« Il les a vraiment étonnés, indique Mme Wagner. Il s’est présenté comme une personne confiante et professionnelle, et Paramount lui a présenté une offre d’emploi. »

« Être en mesure de fournir à des personnes talentueuses comme Nabil l’opportunité de sortir d’une situation hors de leur contrôle est une chose très importante pour nous ici », déclare Mohamad Fakih, président et PDG de Paramount Fine Foods et partisan du HCR, dont la chaîne de restaurants a embauché environ 150 réfugiés depuis 2017.

« Embaucher des réfugiés, c’est bon pour l’entreprise et pour le Canada. »

Maati a eu la chance de manger avec M. Fakih peu après son arrivée et a été inspiré par le message du PDG qui souhaite offrir des opportunités économiques aux réfugiés, lui compris.

« C’est un message d’espoir pour ces gens. »

 

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