Une famille à l'aéroport.

Une famille de réfugiés arrive à l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, au Niger, suite à un vol d’évacuation du HCR en provenance de Libye en avril 2019. © HCR/Juan Haro

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 16 octobre 2020 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, a évacué la nuit dernière de Libye un groupe de 153 réfugiés et demandeurs d’asile vulnérables vers ses installations de transit d’urgence au Niger.

Ce vol affrété par le HCR marque la reprise des évacuations humanitaires depuis la Libye après sept mois de suspension. Les vols humanitaires ont dû être interrompus en mars en raison des préoccupations de santé publique liées à la pandémie de coronavirus, qui ont entraîné la suspension du trafic aérien dans de nombreux pays.

Les personnes évacuées hier sont des ressortissants de l’Érythrée, de la Somalie, du Soudan et du Soudan du Sud, parmi lesquels 16 familles et 15 enfants de moins de 18 ans, dont beaucoup ne sont pas accompagnés ou sont séparés de leurs parents.

Tous les passagers ont été testés négatifs avant le départ, alors que le nombre de cas de Covid-19 continue d’augmenter en Libye et que quelque 46 000 cas ont été confirmés dans tout le pays. Les passagers ont également bénéficié de conseils sur les moyens de se protéger et de rester en bonne santé. Le groupe est actuellement soumis à une mise en quarantaine de deux semaines au Niger et un nouveau test sera effectué, conformément aux mesures sanitaires visant à freiner la propagation du coronavirus.

La majorité des personnes évacuées vivaient dans la capitale libyenne, Tripoli. Pratiquement toutes (97%) ont connu la détention arbitraire en Libye, que ce soit dans les centres de détention de Tajoura, Zintan ou Triq al Sikka. Certaines d’entre elles ont été détenues pendant plus de deux ans dans des conditions extrêmement difficiles et ont été récemment libérées grâce à l’action du HCR auprès des autorités libyennes.

On estime que plus de 3400 migrants et demandeurs d’asile sont actuellement détenus dans des centres de détention gérés par le gouvernement libyen, où les conditions sont difficiles et où nombre d’entre eux risquent de subir de graves abus.

La reprise des évacuations aériennes est particulièrement importante maintenant, étant donné la situation volatile en Libye, la propagation rapide du coronavirus et son impact sanitaire et socio-économique sur les réfugiés et les demandeurs d’asile, qui ont de plus en plus de mal à subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille.

Le HCR se félicite du soutien dont ont fait preuve les autorités libyennes en facilitant les démarches qui ont conduit à ce vol d’évacuation tant attendu, ainsi qu’à la libération d’autres personnes des centres de détention.

Le vol d’hier est la preuve que malgré la menace posée par le Covid-19, les évacuations depuis la Libye sont possibles dans le cadre d’efforts conjoints, d’une expertise partagée et de protocoles médicaux en place garantissant des transferts sûrs.

Au Niger, les réfugiés évacués reçoivent désormais une aide humanitaire dans la structure de transit d’urgence, y compris un hébergement, de la nourriture, des soins médicaux et des cours et activités quotidiennes, tandis que les efforts pour trouver des solutions durables à leur sort, telles que la réinstallation, se poursuivent.

Ce mécanisme de transit d’urgence est opérationnel au Niger depuis 2017. Grâce au soutien des autorités nigériennes, le HCR a pu évacuer 3165 demandeurs d’asile vulnérables depuis la Libye vers le Niger au cours des trois dernières années.

Grâce à cette deuxième évacuation aérienne, le HCR a jusqu’ici pu aider 501 réfugiés vulnérables à quitter la Libye en 2020, dont 221 ont été réinstallés en Europe.

Le HCR poursuit son action de plaidoyer auprès des gouvernements afin que ceux-ci mettent à disposition davantage de places de réinstallation et permettent ainsi à un plus grand nombre de réfugiés et de demandeurs d’asile vulnérables de quitter la Libye.

Le HCR réitère également son appel aux autorités libyennes pour qu’elles libèrent tous les demandeurs d’asile placés en détention et qu’elles mettent fin à la détention arbitraire.

Au total, le HCR a enregistré à ce jour 45 661 réfugiés et demandeurs d’asile en Libye.

 

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter :

Publié par le HCR, le 16 octobre 2020.

Pin It on Pinterest

X