Melka, une réfugiée malienne, travaillait en tant que sage-femme assistante dans un centre de santé construit par le HCR à Intikane, dans la région de Tahoua au Niger, après avoir fui son pays

Melka, une réfugiée malienne, travaillait en tant que sage-femme assistante dans un centre de santé construit par le HCR à Intikane, dans la région de Tahoua au Niger, après avoir fui son pays en 2012. © HCR/Boubacar Younoussa Siddo

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 02 juin 2020 au Palais des Nations à Genève.

Plus d’un millier de personnes – parmi lesquels des réfugiés maliens, des déplacés nigériens et des locaux qui les accueillaient – sont en fuite suite à une attaque brutale perpétrée dimanche après-midi par des éléments armés sur un site à l’ouest du Niger. Cette attaque a causé la mort de trois personnes et fait des blessés.

Plus de 50 hommes armés ont fait irruption à Intikane, dans la région de Tahoua – à environ 72 kilomètres de la frontière malienne – et ont tué deux représentants des réfugiés maliens et un responsable de la communauté hôte. Le site visé accueille quelque 20 000 réfugiés et 15 000 déplacés nigériens.

Après avoir tué brutalement les trois hommes, les assaillants ont incendié des réserves de nourriture et d’articles de première nécessité. Ils ont également détruit les antennes de téléphonie mobile ainsi que la principale station d’eau et les canalisations, coupant ainsi les communications et l’approvisionnement en eau de la population déplacée et des communautés d’accueil.

Environ 1100 personnes sont aujourd’hui arrivées aux abords de la ville de Telemces, à environ 27 kilomètres du lieu de l’attaque. Elles ont un besoin urgent d’eau, de nourriture et d’autres formes d’assistance. Les autorités nationales et nos partenaires sont sur le terrain pour les accueillir et les enregistrer.

Les horribles assassinats de dimanche ont profondément choqué les réfugiés, les communautés locales et les travailleurs humanitaires. D’autres attaques sont à présent redoutées. La détérioration de la situation sécuritaire dans la région pousse les populations déplacées à chercher refuge plus loin à l’intérieur du Niger.

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, condamne ces assassinats et appelle toutes les parties au conflit à respecter la vie des civils, à traduire les responsables en justice et à veiller à ce que de tels crimes odieux ne se reproduisent pas à l’avenir.

Le HCR œuvre avec ses partenaires et les autorités locales pour fournir une assistance d’urgence, notamment en acheminant par camion de l’eau et d’autres articles de secours, car les populations concernées risquent de mourir de soif dans la chaleur du désert. L’eau est également essentielle pour aider à lutter contre la pandémie de Covid-19.

Ces derniers mois ont vu une forte augmentation des attaques dans la région du Liptako Gourma, où le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont des frontières communes, ce qui a contraint de nombreux habitants de la région à prendre la fuite.

Malgré les attaques violentes et l’insécurité qui limitent fortement l’accès humanitaire aux personnes nécessitant protection et assistance, le HCR renforce sa réponse au Niger en se concentrant particulièrement sur la mise à disposition d’abris, sur l’éducation et sur les programmes de prévention et de lutte contre la violence sexuelle et sexiste.

Les autorités du Niger maintiennent également leur engagement à protéger les personnes qui fuient la violence.

Le HCR renouvelle son appel aux parties belligérantes au Sahel pour qu’elles protègent les civils, les personnes contraintes de fuir et les communautés qui les accueillent. Les civils sont en effet les premières victimes des attaques qui se multiplient au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Au cours de ces derniers mois, les camps de réfugiés au Burkina Faso ont également été la cible d’attaques et d’incursions, forçant de nombreuses personnes à fuir.

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter :

Publie par le HCR, le 02 juin 2020

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