Le 3 juin 2026, le HCR Canada a été invité à comparaître devant le Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration (CIMM) de la Chambre des communes dans le cadre de son étude intitulée « Attirer et autonomiser les talents mondiaux pour renforcer l’économie canadienne ». Michael Cassasola, agent principal chargé de la réinstallation et des voies d’immigration complémentaires au HCR Canada, a présenté un exposé au nom du HCR. Ce qui suit est une traduction de son intervention.
Enregistrement vidéo de la comparution devant le CIMM (3 juin 2026)

Le 3 juin 2026, le HCR Canada a été invité à comparaître devant le Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration (CIMM) de la Chambre des communes dans le cadre de son étude intitulée « Attirer et autonomiser les talents mondiaux pour renforcer l’économie canadienne ». Michael Cassasola, agent principal chargé de la réinstallation et des voies d’accès complémentaires au HCR Canada, a présenté un exposé au nom du HCR.
Le HCR est heureux de participer à l’étude menée par le Comité sur l’attraction des talents à l’échelle mondiale. Les réfugiés constituent un bassin de talents inexploité auquel les employeurs canadiens n’ont pu accéder que récemment, grâce au Programme pilote de voies de mobilité économique (PPVME) lancé en 2018. Offrant une option supplémentaire aux réfugiés possédant les compétences requises pour s’établir au Canada, le HCR a accueilli favorablement le PPVME et attend avec impatience que le Canada tienne l’engagement pris lors du Forum mondial sur les réfugiés de faire du PPVME un programme permanent.
En 2018, le Canada a fait figure de pionnier en évaluant dans quelle mesure les réfugiés pouvaient accéder aux programmes d’immigration économique sans modifier les exigences en matière de capital humain. Cette évaluation a révélé que les réfugiés possèdent les compétences et l’expérience requises, mais qu’ils peuvent se heurter à des obstacles liés à leur déplacement, comme l’impossibilité de fournir un passeport valide. Le PPME a été conçu pour permettre aux réfugiés de surmonter ces obstacles et d’accéder à l’immigration économique sur un pied d’égalité. Grâce à IRCC, aux ONG partenaires et aux employeurs, plus de 1 300 réfugiés ont immigré au Canada par l’entremise du PEPE à ce jour. Le principal enseignement tiré est constant : lorsqu’on leur en donne la chance, les réfugiés peuvent rivaliser avec les autres immigrants économiques pour apporter les talents indispensables qui permettent aux entreprises de maintenir leurs activités ou de prendre de l’expansion.
Dès le départ, le Canada a clairement indiqué que la mobilité de la main-d’œuvre des réfugiés ne remplace ni la réinstallation ni l’asile, mais offre plutôt une possibilité supplémentaire aux réfugiés qui répond aux objectifs économiques de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés. Le HCR appuie cette approche, en particulier dans un contexte mondial marqué par des niveaux records de déplacements forcés et par une diminution des possibilités de solutions pour les réfugiés. Des partenariats novateurs avec la société civile et le secteur privé sont nécessaires, comme le prévoit le Pacte mondial sur les réfugiés.
Le secteur privé joue un rôle essentiel dans le Programme de placement des réfugiés (EMPP), puisque la plupart des demandes ont été appuyées par une offre d’emploi. Nous tenons à remercier des employeurs tels que Glenhaven Manor, St Joseph’s Care Group, Tri-County Mennonite Homes, Newfoundland and Labrador Health Services, Chancellor Parks, Ice River Springs et IKO Industries, parmi tant d’autres. Ces employeurs ont fait du recrutement de réfugiés une partie intégrante de leurs stratégies de recrutement international, se rendant parfois dans des camps de réfugiés pour mener des missions de recrutement. Par conséquent, des réfugiés occupent désormais des emplois dans des collectivités telles que le comté de Pictou et Thunder Bay, ainsi que dans les grandes villes du Canada.
Tout comme les autres programmes d’immigration économique, le Programme d’immigration des entrepreneurs (EMPP) doit fonctionner sans heurts pour les employeurs. Nous avons pris note de leurs préoccupations concernant les délais de traitement et la prévisibilité. Le Programme EMPP a été affecté par le nombre limité de places prévu dans le plan annuel des quotas et par l’arriéré de demandes, ce qui a entraîné de longs délais de traitement. Bien que cette situation soit similaire pour d’autres volets d’immigration économique, les réfugiés ont de la difficulté à satisfaire aux exigences relatives aux permis de travail temporaires qui leur permettraient de commencer à travailler pendant que leur demande de résidence permanente est en cours de traitement. Nous attendons avec intérêt de savoir comment IRCC compte s’attaquer à ce problème, en s’appuyant sur l’évaluation du projet pilote actuellement en cours.
Nos propres recherches montrent que le Programme de migration économique pour les réfugiés (EMPP) a donné des résultats. Nos sondages ont révélé que les anciens participants à l’EMPP présentent un taux élevé de rétention auprès de leur employeur et/ou dans leur secteur, et que bon nombre d’entre eux connaissent une progression de carrière. Le HCR a également organisé des groupes de discussion avec d’anciens participants à l’EMPP. Ce qui ressort, c’est leur motivation et leur désir d’investir en eux-mêmes par le biais de la formation continue et du perfectionnement professionnel. Les anciens participants ont exprimé leur gratitude pour cette occasion et recommanderaient à d’autres réfugiés d’immigrer par le biais de l’EMPP.
Nos recherches ont également révélé que les personnes arrivant dans le cadre du Programme de migration économique (EMPP) ont rencontré des difficultés en matière de reconnaissance des titres de compétences, tout comme les autres immigrants économiques. En collaboration avec ses partenaires, le HCR s’intéresse à la manière dont ces problèmes pourraient être résolus à l’échelle du système plutôt qu’au niveau individuel. Les autorités de réglementation pharmaceutiques de la Nouvelle-Écosse en constituent un excellent exemple. Leur « Jordan Pharmacy Licensure Pathway » (parcours d’autorisation d’exercice en pharmacie pour les Jordaniens) a accéléré l’accès à la pratique pour les immigrants formés en Jordanie, à la suite d’une évaluation approfondie des programmes de formation en pharmacie, de rencontres avec le gouvernement jordanien, ainsi que de l’évaluation et du recrutement des candidats. La première cohorte recrutée dans le cadre de cette initiative, qui travaille désormais comme pharmaciens en Nouvelle-Écosse, comprend 11 réfugiés et 6 ressortissants jordaniens.
Si le Programme EMPP devenait un programme permanent, idéalement avec des délais de traitement plus courts et un nombre important de places disponibles, l’inclusion des réfugiés pourrait être généralisée. Une voie d’immigration fiable pourrait libérer ce potentiel. Elle permettrait aux employeurs à la recherche de groupes de réfugiés qualifiés d’aller de l’avant avec leur recrutement, ou aux organismes de réglementation à la recherche de partenariats systémiques de procéder en toute confiance, sachant que la voie de l’immigration facilitera le processus. Pour notre part, le HCR est convaincu que le prochain infirmier, couvreur ou enseignant en immersion française parmi les réfugiés n’attend que l’occasion de mettre ses compétences à profit et, par la même occasion, de contribuer à répondre aux besoins d’emploi non comblés au Canada.
