Dans la faible lumière du soir, deux hommes inspectent les ruines d’une maison, avançant avec précaution parmi les débris laissés par des frappes aériennes.

Des habitants constatent les dégâts causés à des immeubles résidentiels à Kharkiv, à la suite de frappes aériennes, le 2 octobre 2026. © NGO Proliska

Ceci est un résumé des propos tenus par Philippe Leclerc, directeur régional du HCR pour l’Europe – à qui toute citation peut être attribuée – lors du point de presse de ce jour, au Palais des Nations à Genève.

GENÈVE – Alors qu’un hiver rigoureux approche et que les frappes russes s’intensifient à travers l’Ukraine, touchant des structures civiles et humanitaires et provoquant des déplacements à l’intérieur du pays, le HCR appelle la communauté internationale à maintenir son engagement et à continuer de soutenir les personnes qui restent comme celles qui ont trouvé refuge.

Les attaques contre l’Ukraine sont incessantes : elles surviennent de jour comme de nuit et visent les infrastructures énergétiques essentielles, au risque de provoquer des coupures de courant prolongées, privant des millions de personnes de chauffage et d’électricité et limitant leur accès à l’eau et à d’autres produits de première nécessité.

La multiplication des frappes de missiles à longue portée et de drones fait qu’il n’existe plus de lieu sûr en Ukraine. Les civils, y compris loin de la ligne de front, voient leur sécurité et leur logement menacés et peinent souvent à accéder aux services.

Le HCR, avec un solide réseau d’ONG partenaires ukrainiennes, continue de fournir une aide d’urgence et une protection : aide à l’hébergement, assistance juridique, soutien psychologique et aide en espèces.

Mais le HCR et ses partenaires ont subi des attaques répétées, touchant le personnel, les véhicules et les locaux. Entre le 1er septembre et le 14 octobre, dix incidents de sécurité ont touché le personnel ou les partenaires du HCR, notamment des frappes de drones ou aériennes sur des équipes humanitaires, des bureaux et des entrepôts, ou à proximité, ainsi que sur des véhicules clairement identifiés comme acheminant de l’aide.

Ces attaques mettent en danger les travailleurs humanitaires et ont endommagé des installations et des équipements essentiels à l’acheminement de l’aide. Le HCR appelle la Fédération de Russie à cesser les attaques contre les civils et rappelle que les travailleurs humanitaires et leurs équipements doivent être protégés et ne pas être pris pour cibles.

Les déplacements internes devraient se poursuivre, les évacuations des zones proches de la ligne de front ayant fortement augmenté. Depuis janvier 2026, plus de 136 000 personnes évacuées ont été accueillies dans l’ensemble des centres de transit soutenus par le HCR, soit environ 70 % de plus que les quelque 80 000 personnes passées par les sites situés dans les communautés proches de la ligne de front en 2025. Ce chiffre ne représente qu’une partie du nombre total de personnes évacuées des zones de front, beaucoup ne sollicitant pas d’aide dans les centres de transit.

Beaucoup de personnes contraintes de fuir sont particulièrement vulnérables : près de 40 % sont des personnes âgées, et un grand nombre sont des personnes en situation de handicap. Au total, 10,8 millions de personnes en Ukraine ont besoin d’une aide humanitaire.

Dans le même temps, près de 5,2 millions de réfugiés ukrainiens demeurent répartis à travers l’Europe. Au déclenchement de la guerre à grande échelle, en 2022, les pays européens ont fait preuve d’une solidarité extraordinaire, en donnant à des millions de personnes un accès immédiat à la protection et à l’aide.

La protection temporaire et des dispositifs similaires ont permis à des millions de réfugiés d’obtenir rapidement un statut juridique, des droits et l’accès aux services. Au fil du temps, la réponse est passée de l’aide d’urgence à l’accès à l’emploi et aux services nationaux, ainsi qu’à un appui pour aider les réfugiés à gagner en autonomie.

Selon une enquête interagences publiée hier, les données de 2025 montrent que, dans neuf pays, 67 % des réfugiés ukrainiens adultes occupaient un emploi, 84 % des enfants réfugiés étaient scolarisés dans les écoles nationales et 84 % des réfugiés ayant besoin de soins de santé ont pu y accéder. C’est la preuve que des progrès sont possibles lorsque les réfugiés ont la possibilité de contribuer aux sociétés qui les accueillent.

La hausse de l’emploi des réfugiés alimente l’offre de main-d’œuvre, la consommation locale et les recettes fiscales. Selon une étude récente de Deloitte, les réfugiés ukrainiens ont généré, en 2025, 2,4 % du PIB de la Pologne, soit quelque 24,4 milliards de dollars.

Dans le même temps, après quatre ans et demi de déplacement, des signes de lassitude apparaissent, à mesure que la pression s’accroît sur les pays et les communautés d’accueil. Face à la montée des discours et des actes hostiles aux réfugiés dans certaines régions d’Europe, il est essentiel de maintenir la solidarité et le soutien, en faveur des réfugiés comme des communautés qui les accueillent.

De nombreux réfugiés ukrainiens peinent encore à trouver un logement abordable ou un emploi correspondant à leurs compétences et à leurs qualifications. Les personnes âgées, les personnes handicapées, les familles monoparentales et d’autres personnes en situation de vulnérabilité font face à des difficultés particulières et ont besoin d’un soutien accru. Ce n’est donc pas le moment de se désengager. C’est au contraire le moment de préserver les progrès déjà accomplis et de nous tenir aux côtés des Ukrainiens, alors qu’ils se préparent aux incertitudes des mois à venir.

Pour toute information complémentaire, veuillez contacter :

Notes à l’attention des rédactions

Le document interagences « Regional Refugee Response Plan for the Ukraine Situation 2022-2026: From emergency response to solutions » (en anglais) met en lumière les réalisations collectives du Plan régional de réponse pour les réfugiés ukrainiens (RRP), en partageant les enseignements tirés, les défis qui subsistent et les perspectives de la prochaine phase de protection, d’inclusion et de solutions pour les réfugiés.

Le rapport interagences « Advancing Inclusion, Closing Gaps » (en anglais) détaille l’enquête de 2025 sur la situation socio-économique des réfugiés (SEIS), menée dans les neuf pays d’accueil du RRP. Il met en évidence les progrès et les lacunes qui subsistent en matière d’inclusion socio-économique, de santé, d’éducation et de protection des réfugiés, et fournit une base factuelle destinée à éclairer les décisions politiques.

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