
Un bateau ayant transporté des réfugiés rohingyas en mer d’Andaman ancré au large après que les réfugiés aient débarqué sur une plage d’Aceh, en Indonésie, le 8 janvier 2023. © HCR/Kenzie Eagan
GENÈVE/BANGKOK – L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, sont vivement préoccupés par des rapports indiquant que deux embarcations transportant plus de 500 personnes auraient chaviré au large des côtes du Myanmar ces derniers jours.
Selon des informations préliminaires, les deux embarcations ont quitté l’État de Rakhine, au Myanmar, fin juin, avec à leur bord des passagers rohingyas en grande majorité, dont certains auraient voyagé depuis des camps de réfugiés à Cox’s Bazar, au Bangladesh.
Une première embarcation, qui transportait environ 250 personnes selon les estimations, a perdu tout contact peu après son départ. Une seconde, à bord de laquelle se trouvaient quelque 280 personnes, aurait coulé au large des côtes de l’Ayeyarwady, au Myanmar, le 8 juillet.
Bien que les incidents et les chiffres des victimes n’aient pas encore été officiellement confirmés, le HCR et l’OIM sont gravement préoccupés par les pertes humaines potentiellement dévastatrices que cela représente.
Ces traversées ont eu lieu en dehors de la saison de navigation régulière, période pendant laquelle les conditions maritimes sont généralement plus dangereuses. Les pluies torrentielles et les inondations récentes qui ont frappé l’ensemble de la région ont encore accentué les risques liés à de tels mouvements en mer.
Si ces faits sont confirmés, cette tragédie viendrait s’ajouter aux quelque 300 personnes signalées comme disparues ou décédées en mer d’Andaman et dans le golfe du Bengale depuis le début de cette année, parmi lesquelles des réfugiés rohingyas et des ressortissants bangladais.
Ces rapports soulignent l’impact dévastateur du conflit prolongé et du déplacement, ainsi que l’absence persistante de solutions durables pour les communautés rohingyas. L’escalade du conflit et la détérioration de la situation humanitaire au Myanmar, conjuguées à la limitation de l’assistance et des perspectives offertes dans les camps de réfugiés au Bangladesh, contribuent à l’augmentation du nombre de personnes qui tentent de périlleuses traversées maritimes en quête de sécurité et de protection.
Les incidents signalés mettent également en lumière les risques persistants que font peser les réseaux de trafic de migrants et de traite des personnes, qui continuent d’exploiter le désespoir de personnes en quête de sécurité.
Des efforts régionaux et internationaux renforcés sont nécessaires pour prévenir de nouvelles pertes en vies humaines le long de l’une des routes maritimes les plus meurtrières du monde, notamment par le biais d’opérations de recherche et de sauvetage améliorées, d’un accès à l’asile et à la protection, ainsi que d’actions contre les réseaux de trafic de migrants et de traite des personnes.
Tout en reconnaissant la générosité remarquable du Bangladesh, qui accueille des réfugiés rohingyas depuis de nombreuses années, le HCR et l’OIM appellent à un soutien international soutenu en faveur des réfugiés rohingyas et des communautés qui les accueillent, ainsi qu’à des efforts accrus pour s’attaquer aux causes profondes du déplacement forcé.
Le HCR et l’OIM travaillent avec les autorités nationales afin de renforcer la protection et les solutions destinées aux réfugiés, aux migrants et aux apatrides qui se déplacent le long des principales routes migratoires, notamment en Asie du Sud et en Asie du Sud-Est. Cette « approche fondée sur les routes » vise à sauver des vies, à protéger les personnes et à réduire les risques, tout en soutenant les États dans la gestion efficace des mouvements mixtes.
Pour plus d’informations, veuillez contacter :
- Centre des médias de l’OIM
- HCR : Mariko Hall, hallma@unhcr.org, Bureau régional pour l’Asie et le Pacifique, Bangkok
