Filippo Grandi lors de sa rencontre avec le réfugié soudanais Ekram Yacoub, dont la fille Rana, 3 ans, souffre de thalassémie et d'anémie falciforme

Filippo Grandi lors de sa rencontre avec le réfugié soudanais Ekram Yacoub, dont la fille Rana, 3 ans, souffre de thalassémie et d’anémie falciforme. © HCR/Muhammad Kisswany

Après les tout premiers cas positifs confirmés dans les camps de réfugiés syriens, le chef du HCR promet d’aider à contenir le virus et se félicite du soutien continu de la Jordanie envers les réfugiés.

La Jordanie continue à faire preuve d’un « remarquable esprit de solidarité » envers les réfugiés en les incluant dans son système de santé ainsi que ses plans de prévention et de lutte contre la pandémie de Covid-19, et ce malgré les nombreux défis auxquels le pays est actuellement confronté, a déclaré le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, lors d’une visite de deux jours dans le Royaume les 14 et 15 septembre.


La Jordanie est l’un des plus importants pays d’accueil pour les réfugiés, avec plus de 658 000 réfugiés enregistrés qui ont fui le conflit en Syrie voisine et des dizaines de milliers de réfugiés d’autres pays, dont l’Irak, le Yémen et le Soudan, en plus d’héberger un grand nombre de réfugiés palestiniens.

La visite du Haut Commissaire intervient une semaine après l’émergence de premiers cas positifs de Covid-19 parmi des réfugiés syriens vivant dans les deux principaux camps du pays à Zaatari et Azraq, avec un total de six cas confirmés à ce jour.

« Une fois encore, la Jordanie prend les bonnes décisions en termes d’aide humanitaire avec l’inclusion des réfugiés et en s’assurant qu’ils ne sont pas exclus des soins fournis aux malades affectés par le Covid », a déclaré Filippo Grandi.

« Le virus ne discrimine personne. »

« Je veux remercier la Jordanie, mais aussi dire aux autres pays : regardez ce que fait la Jordanie », a-t-il ajouté. « Un pays avec relativement peu de moyens, pas beaucoup de ressources, un petit pays capable d’inclure les réfugiés dans son système de santé. Je pense qu’il est important que tout le monde sache ce que fait la Jordanie afin que nous puissions également mobiliser davantage de ressources pour l’aider à poursuivre ce travail. »

Filippo Grandi a déclaré que le soutien du HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, dans les efforts de riposte à la pandémie profiterait à tous dans le pays – les réfugiés et les Jordaniens. « Le virus ne discrimine personne, il peut toucher n’importe qui, et il a touché des Jordaniens mais aussi des réfugiés », a-t-il déclaré. « Nous ne voulons faire aucune distinction, et nous aidons vraiment le système de santé à répondre à cette crise. »

Lors de ses rencontres avec le Premier ministre du pays, Omar Razzaz, et le ministre des affaires étrangères, Ayman Safadi, le Haut Commissaire a exprimé sa solidarité envers la Jordanie et a discuté des efforts du HCR en cours aux côtés des autorités pour contenir l’épidémie dans les camps.

« Espérons que le nombre de ces personnes n’augmentera pas », a-t-il déclaré. « Je suis convaincu qu’avec les mesures adoptées et l’expérience accumulée par la Jordanie ces derniers mois, nous serons en mesure de contenir la crise du Covid pour éviter qu’elle ne devienne une situation d’urgence. »

Au cours de sa visite dans la capitale, Amman, Filippo Grandi s’est rendu à l’hôpital de Luzmila, l’un des 50 hôpitaux privés du pays par l’intermédiaire desquels le HCR, avec ses partenaires Caritas et la société paramédicale jordanienne, fournit gratuitement des services d’orientation d’urgence et des traitements médicaux aux réfugiés.

Outre la menace posée par la pandémie de Covid-19 pour la santé, les mesures prises pour contenir le virus ont aggravé la situation économique déjà désastreuse des personnes les plus vulnérables en Jordanie, notamment les réfugiés, dont 79% vivent aujourd’hui en dessous du seuil de pauvreté.

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Le chef du HCR Filippo Grandi lors de sa rencontre avec le Premier ministre jordanien Omar Razzaz à Amman. © HCR/Mohammad Hawari

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Filippo Grandi, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, s’entretient avec des étudiants réfugiés et jordaniens au Luminus Technical University College à Amman. © HCR/Muhammad Kisswany

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Un réfugié yéménite, Walid (à droite), 28 ans, participe à un cours de mécanique hybride dans le cadre de son cursus universitaire au Luminus Technical University College à Amman, en Jordanie. © HCR/Mohammad Hawari

Le Haut Commissaire a rencontré des étudiants au Luminus Technical University College d’Amman où, dans le cadre de ses efforts plus larges pour renforcer les moyens d’existence et l’inclusion économique, le HCR finance des bourses pour 58 jeunes réfugiés et Jordaniens qui acquièrent des qualifications professionnelles dans des secteurs comme la réparation automobile, l’informatique et l’hôtellerie.

Parmi les étudiants se trouve Walid Najman, qui est arrivé en Jordanie en 2017 après avoir fui le conflit au Yémen avec son frère et sa mère. Bien qu’il ait achevé trois années d’études dans le domaine des médias au Yémen, Walid n’avait pas les moyens de poursuivre ses études à son arrivée en Jordanie.

« Je n’ai pas trouvé de bourse pour continuer dans la même filière », a déclaré Walid. « J’étais désespéré, car j’avais atteint l’âge de 26 ou 27 ans sans avoir terminé mes études. »

Mais lorsqu’il a pu étudier la mécanique automobile à Luminus, il a saisi la chance d’acquérir de nouvelles compétences.

« L’éducation, c’est primordial. »

« C’était une opportunité, et il n’y a pas de problème pour que je change d’orientation. J’avais un but … mais j’ai changé à cause des circonstances », a déclaré Walid. « L’éducation, c’est primordial. J’en tire un bénéfice pour moi car j’accrois mes compétences, et je contribue aussi en retour pour le pays. »

Abdulrahman, 20 ans, est un Jordanien qui bénéficie également d’une bourse du HCR pour étudier la mécanique automobile. Il a déclaré que, comme beaucoup d’étudiants réfugiés de sa classe, il n’aurait pas pu continuer à étudier sans cette opportunité.

« Il y a des gens dans le besoin en Jordanie, ils n’ont pas d’argent pour étudier. J’étais l’un d’entre eux », a déclaré Abulrahman. « Donc … pour eux, l’aide est aussi très importante. »

« Ce qui est remarquable, c’est que l’initiative Luminus sert plusieurs communautés – les ressortissants jordaniens bien sûr, mais aussi de nombreuses communautés différentes de réfugiés », a déclaré Filippo Grandi après la visite.

« C’est aussi pour les réfugiés un moyen très important de développer les compétences dont ils auront besoin lorsqu’ils rentreront chez eux, et de participer – comme nous l’ont dit certains – à la reconstruction de leur pays, ou de construire leur propre vie dans d’autres pays », a-t-il conclu.

Publie par le UNHCR, le 15 septembre 2020

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