Mythes et réalités sur l’asile
Vos réponses à quelques idées reçues courantes
© HCR/Dann Yamsuan
Démystifier les idées reçues sur les demandeurs d’asile au Canada
Les questions entourant les demandeurs d’asile donnent lieu à de nombreux débats. Ce guide a pour objectif de dissiper la confusion et de contrer la désinformation fréquemment véhiculée. En déconstruisant ces mythes, nous souhaitons favoriser une compréhension éclairée, fondée sur les faits et empreinte d’empathie, de la réalité vécue par les personnes en quête d’asile au Canada.
Définitions essentielles
Demandeur d’asile : Il s’agit d’une personne qui a fui son pays d’origine en raison de persécutions, de guerre ou de violence, et qui demande l’asile (protection) dans un autre pays. Elle cherche refuge à l’étranger parce qu’elle craint la persécution ou un danger pour sa vie si elle retourne dans son pays d’origine. Les personnes qui demandent l’asile sont protégées par le droit international et canadien, ce qui signifie qu’elles ont le droit d’être entendues et de recevoir un traitement équitable pendant l’examen de leur dossier.
Réfugié : Personne qui a obtenu l’asile dans un autre pays après avoir été reconnue comme fuyant la persécution, la guerre ou la violence dans son pays d’origine. Selon la Convention de 1951, pour qu’une personne soit reconnue comme personne réfugiée en vertu du droit international, sa crainte de persécution doit être liée à un ou plusieurs des cinq motifs suivants : race, religion, nationalité, appartenance à un certain groupe social, ou opinion politique. Les réfugiés bénéficient d’une protection juridique et de droits dans le pays d’accueil. Cette protection garantit qu’ils ne seront pas renvoyés vers un lieu où ils seraient en danger. Ils ont également accès à l’éducation, aux soins de santé et aux possibilités d’emploi, au même titre que les autres résidents du pays.
❌ Mythe : Demander l’asile est un privilège, non un droit
✅ Réalité : Demander l’asile est un droit humain fondamental
Selon la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH), toute personne dont la vie est menacée dans son propre pays a le droit de chercher protection et asile dans un autre pays. Le Canada, signataire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, s’est engagé à respecter ce droit dans sa législation. Le gouvernement canadien a établi un système indépendant et rigoureux pour évaluer les demandes d’asile. Il est crucial de souligner qu’en vertu du droit international comme du droit canadien, le droit de demander l’asile demeure protégé, indépendamment du mode d’entrée sur le territoire.
❌ Mythe : Le Canada accueille trop de réfugiés
✅ Réalité : Le Canada n’accueille qu’une fraction des réfugiés mondiaux
Le Canada n’héberge qu’une petite partie des réfugiés dans le monde. Les pays à revenu faible ou intermédiaire accueillent près des trois quarts (71 %) des personnes déplacées à l’échelle mondiale. À la mi-2024, la République islamique d’Iran accueillait 3,8 millions de réfugiés, la Turquie 3,1 millions et la Colombie 2,8 millions. Le Canada reçoit moins de 1 % des réfugiés mondiaux. En 2024, les demandeurs d’asile représentaient moins de 1 % de la population canadienne totale.
❌ Mythe : Les demandeurs d’asile abusent du système d’immigration canadien
✅ Réalité : Au Canada, demander l’asile est un droit qui ne peut être exercé que sur le territoire
Les personnes fuyant la violence ou le danger doivent être physiquement présentes au Canada avant de pouvoir demander l’asile. Il est impossible de déposer une demande depuis l’étranger. Pour beaucoup, cela signifie qu’elles n’ont d’autre choix que d’utiliser tous les moyens disponibles pour atteindre la sécurité : documentation insuffisante, visas obtenus irrégulièrement, ou recours risqué à des passeurs.
Peu importe leur mode d’arrivée au Canada, ces personnes ont le droit de demander protection. Le droit international stipule qu’elles ne peuvent être pénalisées pour leur mode d’entrée. Il revient à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR) de statuer sur le bien-fondé de leur demande d’asile.
❌ Mythe : La plupart des demandes d’asile ne sont pas fondées
✅ Réalité : La majorité des demandeurs d’asile sont reconnus comme nécessitant une protection
La grande majorité des demandeurs d’asile qui arrivent au Canada fuient véritablement la violence et la persécution. À la mi-2024, selon les décisions rendues au fond (excluant les dossiers abandonnés ou retirés), environ huit demandeurs d’asile sur dix ont été reconnus comme réfugiés nécessitant une protection par la Section de la protection des réfugiés (SPR) de la CISR — le tribunal chargé d’évaluer les demandes d’asile. Ce taux élevé d’acceptation démontre que la demande d’asile est avant tout une question de sécurité.
❌ Mythe : Les demandeurs d’asile prennent la place d’autres immigrants
✅ Réalité : L’asile est une mesure de sauvegarde pour ceux qui ont besoin de protection
Une confusion fréquente consiste à croire que les demandeurs d’asile prennent la place de ceux qui souhaitent immigrer au Canada. Cette perception est erronée.
Lorsqu’une personne demande l’asile, elle ne cherche pas à devancer quelqu’un qui viendrait au Canada pour un emploi. Elle demande protection parce qu’elle est en danger dans son pays d’origine. Il s’agit d’un processus entièrement distinct de l’immigration économique.
❌ Mythe : Le système d’asile canadien est défaillant
✅ Réalité : Le système d’asile canadien est solide et équitable
Le Canada a démontré de façon constante qu’il dispose d’un système d’asile robuste, capable de gérer une augmentation des arrivées moyennant quelques ajustements mineurs. Bien qu’il y ait toujours place à l’amélioration, le système est conçu pour être équitable et réactif, garantissant que ceux qui cherchent refuge ont la possibilité de présenter leur cas. Le fait que certaines demandes soient rejetées, alors que la majorité sont acceptées, témoigne de la capacité du système à distinguer les demandes de protection légitimes.
Le fonctionnement du système d’asile canadien
Au Canada, l’évaluation des demandes d’asile relève d’un tribunal indépendant, la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR). Voici les étapes du processus :
1. Processus d’évaluation : Lorsqu’une personne demande l’asile (présente une demande de statut de réfugié), un décideur indépendant examine minutieusement son dossier. Il prend en compte le témoignage du demandeur, les preuves fournies et les informations sur le pays d’origine. L’objectif est de déterminer si la personne craint véritablement d’être persécutée en raison de sa race, religion, nationalité, appartenance à un groupe social particulier ou opinion politique. La protection peut également être accordée si le demandeur démontre que sa vie est menacée ou qu’il risque des traitements cruels et inusités dans son pays d’origine.
2. Absence de passe-droit : Contrairement à l’idée reçue, demander l’asile ne garantit pas le droit de rester au Canada. Si une demande est rejetée après épuisement de tous les recours légaux, la personne devra quitter le Canada ou sera expulsée si elle refuse de partir volontairement.
❌ Mythe : Les demandeurs d’asile contribuent à la criminalité au Canada
✅ Réalité : Le processus d’asile garantit la sécurité des Canadiens
Les demandeurs d’asile viennent au Canada pour fuir le danger et la violence. Ils aspirent à reconstruire leur vie, non à causer des problèmes. En 2023, moins de 1 % de l’ensemble des ressortissants étrangers au Canada — dont les demandeurs d’asile ne représentent qu’une faible proportion — étaient soupçonnés d’avoir des antécédents criminels graves.
À leur arrivée au Canada, ils sont soumis à des contrôles de sécurité rigoureux. Les autorités canadiennes évaluent les risques pour la sécurité. Si un demandeur d’asile représente une menace, est reconnu coupable ou soupçonné de criminalité grave, il sera exclu du statut de réfugié. Sa demande sera rejetée et, après épuisement des recours légaux, il devra quitter le pays ou fera l’objet d’une mesure de renvoi.
❌ Mythe : Les demandeurs d’asile mettent de la pression sur l’aide sociale
✅ Réalité : Les demandeurs d’asile contribuent à la main-d’œuvre et à l’économie canadiennes
Il est compréhensible que de nombreux demandeurs d’asile reçoivent initialement de l’aide sociale, puisqu’ils doivent obtenir un permis de travail, processus qui peut prendre plusieurs mois, avant de pouvoir occuper un emploi. Avec le temps, la grande majorité obtiennent leur permis, trouvent un emploi et contribuent à notre économie. En 2021, jusqu’à 79 % des demandeurs d’asile déclaraient des revenus d’emploi. Par exemple, plus de 3000 demandeurs d’asile et leurs familles ont obtenu la résidence permanente après avoir travaillé dans le système de santé canadien durant la pandémie de COVID-19.
Il convient également de souligner que des études antérieures ont démontré que les réfugiés contribuent davantage au Canada par les impôts qu’ils paient que par les services qu’ils reçoivent. En matière d’éducation, en 2023, les enfants demandeurs d’asile de moins de 14 ans ne représentaient que 0,5 % de ce groupe d’âge au Canada.
❌ Mythe : Les demandeurs d’asile aggravent la crise du logement
✅ Réalité : Les demandeurs d’asile représentent une proportion infime de la population canadienne
Au premier trimestre de 2024, les demandeurs d’asile représentaient 0,46 % de la population canadienne. Ils ne sont pas les principaux responsables de la crise du logement qui sévit au pays. En réalité, les demandeurs d’asile et les réfugiés font face aux mêmes défis que tous les Canadiens pour accéder à un logement abordable. Aucune recherche ne suggère que les personnes fuyant la violence ou la persécution soient les principaux facteurs de la crise du logement abordable au Canada. Ces problèmes existaient bien avant l’augmentation des demandes d’asile observée en 2023.
Pour obtenir davantage d’informations, consultez notre page de statistiques sur les demandeurs d’asile au Canada.



