{"id":81470,"date":"2024-12-17T10:58:19","date_gmt":"2024-12-17T15:58:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.unhcr.ca\/?p=81470"},"modified":"2025-01-22T15:17:11","modified_gmt":"2025-01-22T20:17:11","slug":"sortir-de-lombre-mettre-fin-a-lapatridie-en-asie-centrale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unhcr.ca\/fr\/news\/sortir-de-lombre-mettre-fin-a-lapatridie-en-asie-centrale\/","title":{"rendered":"Sortir de l&rsquo;ombre : mettre fin \u00e0 l&rsquo;apatridie en Asie centrale"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_81377\" style=\"width: 1510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-81377\" class=\"wp-image-81377 size-full\" src=\"https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/adolat_tajikistan.jpg\" alt=\"\" width=\"1500\" height=\"1000\" srcset=\"https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/adolat_tajikistan.jpg 1500w, https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/adolat_tajikistan-1280x853.jpg 1280w, https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/adolat_tajikistan-980x653.jpg 980w, https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/adolat_tajikistan-480x320.jpg 480w\" sizes=\"(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) and (max-width: 1280px) 1280px, (min-width: 1281px) 1500px, 100vw\" \/><p id=\"caption-attachment-81377\" class=\"wp-caption-text\">Adolat Shabozova n&rsquo;avait pas la nationalit\u00e9 du Tadjikistan, bien qu&rsquo;elle y soit n\u00e9e. Lorsque ses trois fils sont n\u00e9s, ils se sont \u00e9galement retrouv\u00e9s apatrides.\u00a9 HCR\/Elyor Nemat<\/p><\/div>\n<h2>Apr\u00e8s avoir v\u00e9cu en marge de la soci\u00e9t\u00e9 pendant la majeure partie de leur vie, pr\u00e8s de 220 000 personnes se sont vu accorder la nationalit\u00e9 par les \u00c9tats d&rsquo;Asie centrale au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie.<\/h2>\n<p><strong>By Radhika Bhatnagar in Kulob, Tajikistan<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<h3>Adolat Shabozova ne se souvient pas avoir \u00e9t\u00e9 en paix un seul jour au cours des 34 premi\u00e8res ann\u00e9es de sa vie. \u00ab J&rsquo;\u00e9tais constamment stress\u00e9e. Je m&rsquo;inqui\u00e9tais de savoir o\u00f9 aller et \u00e0 qui m&rsquo;adresser \u00bb, confie-t-elle<\/h3>\n<hr \/>\n<p>Adolat est n\u00e9e en 1988 dans une famille pauvre de la ville de Kulob, dans le sud du Tadjikistan. Ses parents n&rsquo;ayant pas les moyens de payer les frais li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;obtention de documents d&rsquo;identit\u00e9 officiels, Adolat est rest\u00e9e sans papiers et apatride pendant plus de trente ans. Lorsque ses propres enfants sont n\u00e9s, ils se sont \u00e9galement retrouv\u00e9s apatrides.<\/p>\n<p>N&rsquo;ayant pas de nationalit\u00e9, elle n&rsquo;a pas pu terminer ses \u00e9tudes, trouver un emploi ou voyager librement, et a v\u00e9cu dans l&rsquo;angoisse constante de ce que l&rsquo;avenir r\u00e9servait \u00e0 ses enfants. L&rsquo;histoire d&rsquo;Adolat n&rsquo;est pas unique.<\/p>\n<h4><strong>Des vies invisibles<\/strong><\/h4>\n<p>Il y a dix ans, plus de 255 000 personnes n&rsquo;\u00e9taient reconnues comme citoyennes d&rsquo;aucun des \u00c9tats d&rsquo;Asie centrale, une r\u00e9gion qui comprend le Kazakhstan, la R\u00e9publique kirghize, le Tadjikistan, le Turkm\u00e9nistan et l&rsquo;Ouzb\u00e9kistan.<\/p>\n<p>La majorit\u00e9 d&rsquo;entre elles \u00e9taient citoyennes de l&rsquo;ancienne Union sovi\u00e9tique jusqu&rsquo;\u00e0 son effondrement en 1991 et n&rsquo;avaient pas acquis la citoyennet\u00e9 des \u00c9tats ind\u00e9pendants qui lui ont succ\u00e9d\u00e9. D&rsquo;autres, comme Adolat, n&rsquo;avaient pas \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es \u00e0 leur naissance, principalement en raison des co\u00fbts et des obstacles bureaucratiques.<\/p>\n<p>Sans citoyennet\u00e9 l\u00e9gale, un quart de million de personnes \u00e9taient invisibles et vivaient en marge de la soci\u00e9t\u00e9. L&rsquo;absence de documents d&rsquo;identit\u00e9 officiels les emp\u00eachait de jouir de leurs droits fondamentaux, d&rsquo;acc\u00e9der aux biens et services essentiels tels que l&rsquo;\u00e9ducation, les soins de sant\u00e9, l&#8217;emploi et le logement, ou encore de voyager ou de participer aux \u00e9lections.<\/p>\n<h4><strong>D\u00e9couvrez la vid\u00e9o :<\/strong><\/h4>\n<p><iframe title=\"YouTube video player\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Vrhk9Iq5IY8?si=hX72YFtRsTFJkiF6\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\" data-mce-fragment=\"1\"><\/iframe><br \/>\n\u00a9 HCR<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ces difficult\u00e9s, Adolat a r\u00e9ussi \u00e0 suivre des \u00e9tudes primaires, puis elle s&rsquo;est mari\u00e9e et a eu trois enfants. Mais lorsque son mari a \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9 comme \u00e9tant atteint de tuberculose, Adolat a d\u00fb prendre en charge la subsistance de la famille.<\/p>\n<p>\u00ab Il m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s difficile de trouver un emploi \u00bb, explique-t-elle. \u00ab J&rsquo;ai fait du porte-\u00e0-porte pour approcher les gens, \u00e0 la recherche d&rsquo;opportunit\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p>Sans identit\u00e9 l\u00e9gale, il lui \u00e9tait impossible d&rsquo;obtenir un emploi formel. Adolat a fini par d\u00e9nicher le seul emploi possible : un travail occasionnel consistant \u00e0 faire la vaisselle lors de mariages. \u00ab On se sent d\u00e9prim\u00e9. On se sent vide de l&rsquo;int\u00e9rieur. O\u00f9 que vous alliez, on vous demande des papiers \u00bb, ajoute-t-elle.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s de nombreux \u00e9checs, Adolat a finalement \u00e9t\u00e9 orient\u00e9e vers Chashma, une organisation non gouvernementale partenaire du HCR, l&rsquo;Agence des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s, qui offre une assistance juridique gratuite aux groupes les plus vuln\u00e9rables, y compris les apatrides. Chashma a aid\u00e9 Adolat \u00e0 se frayer un chemin dans la proc\u00e9dure de demande de documents d&rsquo;identit\u00e9 et, en 2022, elle a re\u00e7u son passeport tadjik, mettant ainsi fin \u00e0 des d\u00e9cennies d&rsquo;angoisse et d&rsquo;incertitude.<\/p>\n<p>\u00ab Maintenant que j&rsquo;ai des papiers, je peux tout faire \u00bb, affirme-t-elle, \u00ab Tant pour mes enfants que pour moi-m\u00eame&#8230; Je suis heureuse. Je suis toujours heureuse. \u00bb<\/p>\n<div id=\"attachment_81323\" style=\"width: 1510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-81323\" class=\"wp-image-81323 size-full\" src=\"https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/adloltson_tajikistan.jpg\" alt=\"\" width=\"1500\" height=\"1000\" srcset=\"https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/adloltson_tajikistan.jpg 1500w, https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/adloltson_tajikistan-1280x853.jpg 1280w, https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/adloltson_tajikistan-980x653.jpg 980w, https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/adloltson_tajikistan-480x320.jpg 480w\" sizes=\"(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) and (max-width: 1280px) 1280px, (min-width: 1281px) 1500px, 100vw\" \/><p id=\"caption-attachment-81323\" class=\"wp-caption-text\">Muhammad, le fils d&rsquo;Adolat, dans la petite ferme familiale. Lui et ses deux fr\u00e8res ont d\u00e9sormais des passeports tadjiks. \u00a9 HCR\/Elyor Nemat<\/p><\/div>\n<h4><strong>Briser le cycle<\/strong><\/h4>\n<p>Nataliyia Zaretskaya n&rsquo;a su qu&rsquo;elle \u00e9tait apatride qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 16 ans. N\u00e9e en Union sovi\u00e9tique en 1985, elle a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 \u00e0 Shymkent dans le sud du Kazakhstan en 1998 avec sa m\u00e8re qui ne s&rsquo;est pas enregistr\u00e9e aupr\u00e8s des autorit\u00e9s \u00e0 son arriv\u00e9e, les laissant sans identit\u00e9 l\u00e9gale.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, Nataliyia n&rsquo;a pas pu s&rsquo;inscrire dans l&rsquo;enseignement secondaire ni trouver un emploi, et ses enfants sont \u00e9galement devenus apatrides.<\/p>\n<p>Nataliyia \u00e9tait d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 obtenir la citoyennet\u00e9, pour elle et ses enfants, mais le parcours allait s&rsquo;av\u00e9rer long et frustrant.<\/p>\n<p>\u00ab Partout, vous devez prouver que vous existez, et on vous regarde comme si c&rsquo;\u00e9tait de votre faute si vous n&rsquo;avez pas de papiers. Vous n&rsquo;\u00eates rien et tout le monde vous dit que ce n&rsquo;est pas leur probl\u00e8me ! \u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s plusieurs d\u00e9marches infructueuses aupr\u00e8s de fonctionnaires de l&rsquo;immigration, Nataliyia s&rsquo;est adress\u00e9e \u00e0 Sana Sezim, une organisation partenaire du HCR. Cette rencontre a marqu\u00e9 le d\u00e9but d&rsquo;une d\u00e9marche juridique de sept ans pour obtenir des documents d&rsquo;identit\u00e9.<\/p>\n<p>Nataliyia est enfin devenue citoyenne du Kazakhstan en 2024. \u00ab La premi\u00e8re chose que j&rsquo;ai faite a \u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00e9tablir les documents d&rsquo;identit\u00e9 de mes enfants. Tout de suite ! J&rsquo;ai insist\u00e9 sur le fait que je suis une m\u00e8re qui a la citoyennet\u00e9, que je suis une personne. \u00bb<\/p>\n<div id=\"new-royalslider-1\" class=\"royalSlider new-royalslider-1 rsUni rsContentSlider\" style=\"width:100%;height:500px;;\" data-rs-options='{&quot;template&quot;:&quot;default&quot;,&quot;image_generation&quot;:{&quot;lazyLoading&quot;:&quot;true&quot;,&quot;imageWidth&quot;:&quot;&quot;,&quot;imageHeight&quot;:&quot;&quot;,&quot;thumbImageWidth&quot;:&quot;&quot;,&quot;thumbImageHeight&quot;:&quot;&quot;},&quot;thumbs&quot;:{&quot;thumbWidth&quot;:96,&quot;thumbHeight&quot;:72},&quot;video&quot;:[],&quot;width&quot;:&quot;100%&quot;,&quot;height&quot;:500,&quot;autoScaleSliderHeight&quot;:600,&quot;autoHeight&quot;:&quot;true&quot;,&quot;imageScaleMode&quot;:&quot;none&quot;,&quot;imageAlignCenter&quot;:&quot;false&quot;,&quot;globalCaptionInside&quot;:&quot;true&quot;,&quot;keyboardNavEnabled&quot;:&quot;true&quot;,&quot;fadeinLoadedSlide&quot;:&quot;false&quot;}'>\n<div class=\"rsSlideRoot\">\n  <a class=\"rsImg\" href=\"https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/nataliyiazaretskaya_stateless_shymkent-1360x907.jpg\">nataliyiazaretskaya_stateless_shymkent<\/a>\n  \n   \n  \n  <div class=\"rsSlideCaption\">Nataliyia et sa famille ont re\u00e7u l'aide de Sana Sezim, partenaire du HCR, pour obtenir leurs documents d'identit\u00e9.\u00a9 HCR\/Elyor Nemat <\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"rsSlideRoot\">\n  <a class=\"rsImg\" href=\"https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/nataliyiazaretskaya_kazakhstan_stateless-1360x907.jpg\">nataliyiazaretskaya_kazakhstan_stateless<\/a>\n  \n   \n  \n  <div class=\"rsSlideCaption\">Nataliyia Zaretskaya avec son fils Boris. Il lui a fallu sept ans pour obtenir des papiers d'identit\u00e9.\u00a9 HCR\/Elyor Nemat<\/div>\n<\/div>\n\n\n<\/div>\n\n<h4><strong>Une nouvelle dynamique<\/strong><\/h4>\n<p>Au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, sous l&rsquo;impulsion de la <a href=\"https:\/\/www.unhcr.org\/ibelong\/fr\/\">campagne #Jexiste<\/a> (#IBelong) du HCR pour mettre fin \u00e0 l&rsquo;apatridie et des engagements pris par leurs gouvernements, les \u00c9tats d&rsquo;Asie centrale ont pu r\u00e9soudre plus de 218 000 cas d&rsquo;apatridie sur leur territoire, y compris ceux d&rsquo;Adolat et de Nataliyia. Aujourd&rsquo;hui, un tiers de tous les cas d&rsquo;apatridie r\u00e9solus dans le monde se trouvent en Asie centrale.<\/p>\n<p>Mais il n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 facile de parvenir \u00e0 cette avanc\u00e9e historique. \u00ab Le travail du HCR pour mettre fin \u00e0 l&rsquo;apatridie dans cette r\u00e9gion varie selon les pays \u00bb, explique Sergiu Gaina, un responsable des questions d&rsquo;apatridie au HCR. Il pr\u00e9cise que des lois et des proc\u00e9dures diff\u00e9rentes font que des solutions diff\u00e9rentes sont n\u00e9cessaires selon les pays.<\/p>\n<p>La R\u00e9publique kirghize a pris une mesure audacieuse et importante en 2019, en adoptant une loi accordant la nationalit\u00e9 \u00e0 toutes les personnes sans papiers, devenant ainsi le premier pays au monde \u00e0 mettre fin \u00e0 tous les cas connus d&rsquo;apatridie sur son territoire. Ce succ\u00e8s est en partie d\u00fb au HCR et \u00e0 certains de ses partenaires, comme Fergana Valley Lawyers Without Borders, une association dirig\u00e9e par le laur\u00e9at mondial de la Distinction Nansen pour les r\u00e9fugi\u00e9s, Azizbek Ashurov.<\/p>\n<p>En novembre 2024, le Turkm\u00e9nistan a annonc\u00e9 qu&rsquo;il avait \u00e9galement mis fin \u00e0 tous les cas connus d&rsquo;apatridie sur son territoire.<\/p>\n<p>Peu avant la fin de la campagne #Jexiste en novembre 2024, le HCR a annonc\u00e9 la cr\u00e9ation d&rsquo;une nouvelle Alliance mondiale pour mettre fin \u00e0 l&rsquo;apatridie.<\/p>\n<p>\u00ab Nous encourageons tous les pays de la r\u00e9gion \u00e0 rejoindre l&rsquo;Alliance car ils disposent d&rsquo;un grand nombre de bonnes pratiques \u00e0 partager avec le reste du monde \u00bb, souligne Sergiu Gaina. \u00ab Tout le monde devrait savoir qui sont les apatrides, quels sont les probl\u00e8mes auxquels ils sont confront\u00e9s et comment ils peuvent les aider. \u00bb<\/p>\n<p>Adolat et Nataliyia font partie des nombreuses personnes dont la vie a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9e gr\u00e2ce aux efforts concert\u00e9s visant \u00e0 mettre fin \u00e0 l&rsquo;apatridie en Asie centrale.<\/p>\n<p>\u00ab Maintenant que je poss\u00e8de la citoyennet\u00e9, je peux aller dans des endroits et r\u00e9aliser des choses qui m&rsquo;\u00e9taient impossibles lorsque j&rsquo;\u00e9tais apatride \u00bb, se r\u00e9jouit Adolat. \u00ab Je r\u00eave d&rsquo;utiliser ces papiers pour aider mes enfants \u00e0 construire leur avenir \u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>After living on the margins of society for most of their lives, nearly 220,000 people have been granted nationality by Central Asian states over the past decade.<\/p>\n","protected":false},"author":100,"featured_media":81378,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"[caption id=\"attachment_81377\" align=\"aligncenter\" width=\"1500\"]<img class=\"wp-image-81377 size-full\" src=\"https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/adolat_tajikistan.jpg\" alt=\"\" width=\"1500\" height=\"1000\" \/> Adolat Shabozova n'avait pas la nationalit\u00e9 du Tadjikistan, bien qu'elle y soit n\u00e9e. Lorsque ses trois fils sont n\u00e9s, ils se sont \u00e9galement retrouv\u00e9s apatrides.\u00a9 HCR\/Elyor Nemat[\/caption]\r\n<h2>Apr\u00e8s avoir v\u00e9cu en marge de la soci\u00e9t\u00e9 pendant la majeure partie de leur vie, pr\u00e8s de 220 000 personnes se sont vu accorder la nationalit\u00e9 par les \u00c9tats d'Asie centrale au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie.<\/h2>\r\n<strong>By Radhika Bhatnagar in Kulob, Tajikistan<\/strong>\r\n\r\n<hr \/>\r\n\r\n<h3>Adolat Shabozova ne se souvient pas avoir \u00e9t\u00e9 en paix un seul jour au cours des 34 premi\u00e8res ann\u00e9es de sa vie. \u00ab J'\u00e9tais constamment stress\u00e9e. Je m'inqui\u00e9tais de savoir o\u00f9 aller et \u00e0 qui m'adresser \u00bb, confie-t-elle<\/h3>\r\n\r\n<hr \/>\r\n\r\nAdolat est n\u00e9e en 1988 dans une famille pauvre de la ville de Kulob, dans le sud du Tadjikistan. Ses parents n'ayant pas les moyens de payer les frais li\u00e9s \u00e0 l'obtention de documents d'identit\u00e9 officiels, Adolat est rest\u00e9e sans papiers et apatride pendant plus de trente ans. Lorsque ses propres enfants sont n\u00e9s, ils se sont \u00e9galement retrouv\u00e9s apatrides.\r\n\r\nN'ayant pas de nationalit\u00e9, elle n'a pas pu terminer ses \u00e9tudes, trouver un emploi ou voyager librement, et a v\u00e9cu dans l'angoisse constante de ce que l'avenir r\u00e9servait \u00e0 ses enfants. L'histoire d'Adolat n'est pas unique.\r\n<h4><strong>Des vies invisibles<\/strong><\/h4>\r\nIl y a dix ans, plus de 255 000 personnes n'\u00e9taient reconnues comme citoyennes d'aucun des \u00c9tats d'Asie centrale, une r\u00e9gion qui comprend le Kazakhstan, la R\u00e9publique kirghize, le Tadjikistan, le Turkm\u00e9nistan et l'Ouzb\u00e9kistan.\r\n\r\nLa majorit\u00e9 d'entre elles \u00e9taient citoyennes de l'ancienne Union sovi\u00e9tique jusqu'\u00e0 son effondrement en 1991 et n'avaient pas acquis la citoyennet\u00e9 des \u00c9tats ind\u00e9pendants qui lui ont succ\u00e9d\u00e9. D'autres, comme Adolat, n'avaient pas \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es \u00e0 leur naissance, principalement en raison des co\u00fbts et des obstacles bureaucratiques.\r\n\r\nSans citoyennet\u00e9 l\u00e9gale, un quart de million de personnes \u00e9taient invisibles et vivaient en marge de la soci\u00e9t\u00e9. L'absence de documents d'identit\u00e9 officiels les emp\u00eachait de jouir de leurs droits fondamentaux, d'acc\u00e9der aux biens et services essentiels tels que l'\u00e9ducation, les soins de sant\u00e9, l'emploi et le logement, ou encore de voyager ou de participer aux \u00e9lections.\r\n<h4><strong>D\u00e9couvrez la vid\u00e9o :<\/strong><\/h4>\r\n<iframe title=\"YouTube video player\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Vrhk9Iq5IY8?si=hX72YFtRsTFJkiF6\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\" data-mce-fragment=\"1\"><\/iframe>\r\n\u00a9 HCR\r\n\r\nMalgr\u00e9 ces difficult\u00e9s, Adolat a r\u00e9ussi \u00e0 suivre des \u00e9tudes primaires, puis elle s'est mari\u00e9e et a eu trois enfants. Mais lorsque son mari a \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9 comme \u00e9tant atteint de tuberculose, Adolat a d\u00fb prendre en charge la subsistance de la famille.\r\n\r\n\u00ab Il m'a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s difficile de trouver un emploi \u00bb, explique-t-elle. \u00ab J'ai fait du porte-\u00e0-porte pour approcher les gens, \u00e0 la recherche d'opportunit\u00e9s. \u00bb\r\n\r\nSans identit\u00e9 l\u00e9gale, il lui \u00e9tait impossible d'obtenir un emploi formel. Adolat a fini par d\u00e9nicher le seul emploi possible : un travail occasionnel consistant \u00e0 faire la vaisselle lors de mariages. \u00ab On se sent d\u00e9prim\u00e9. On se sent vide de l'int\u00e9rieur. O\u00f9 que vous alliez, on vous demande des papiers \u00bb, ajoute-t-elle.\r\n\r\nApr\u00e8s de nombreux \u00e9checs, Adolat a finalement \u00e9t\u00e9 orient\u00e9e vers Chashma, une organisation non gouvernementale partenaire du HCR, l'Agence des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s, qui offre une assistance juridique gratuite aux groupes les plus vuln\u00e9rables, y compris les apatrides. Chashma a aid\u00e9 Adolat \u00e0 se frayer un chemin dans la proc\u00e9dure de demande de documents d'identit\u00e9 et, en 2022, elle a re\u00e7u son passeport tadjik, mettant ainsi fin \u00e0 des d\u00e9cennies d'angoisse et d'incertitude.\r\n\r\n\u00ab Maintenant que j'ai des papiers, je peux tout faire \u00bb, affirme-t-elle, \u00ab Tant pour mes enfants que pour moi-m\u00eame... Je suis heureuse. Je suis toujours heureuse. \u00bb\r\n\r\n[caption id=\"attachment_81323\" align=\"aligncenter\" width=\"1500\"]<img class=\"wp-image-81323 size-full\" src=\"https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/adloltson_tajikistan.jpg\" alt=\"\" width=\"1500\" height=\"1000\" \/> Muhammad, le fils d'Adolat, dans la petite ferme familiale. Lui et ses deux fr\u00e8res ont d\u00e9sormais des passeports tadjiks. \u00a9 HCR\/Elyor Nemat[\/caption]\r\n\r\n\u00a0\r\n<h4><strong>Briser le cycle<\/strong><\/h4>\r\nNataliyia Zaretskaya n'a su qu'elle \u00e9tait apatride qu'\u00e0 l'\u00e2ge de 16 ans. N\u00e9e en Union sovi\u00e9tique en 1985, elle a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 \u00e0 Shymkent dans le sud du Kazakhstan en 1998 avec sa m\u00e8re qui ne s'est pas enregistr\u00e9e aupr\u00e8s des autorit\u00e9s \u00e0 son arriv\u00e9e, les laissant sans identit\u00e9 l\u00e9gale.\r\n\r\nEn cons\u00e9quence, Nataliyia n'a pas pu s'inscrire dans l'enseignement secondaire ni trouver un emploi, et ses enfants sont \u00e9galement devenus apatrides.\r\n\r\nNataliyia \u00e9tait d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 obtenir la citoyennet\u00e9, pour elle et ses enfants, mais le parcours allait s'av\u00e9rer long et frustrant.\r\n\r\n\u00ab Partout, vous devez prouver que vous existez, et on vous regarde comme si c'\u00e9tait de votre faute si vous n'avez pas de papiers. Vous n'\u00eates rien et tout le monde vous dit que ce n'est pas leur probl\u00e8me ! \u00bb\r\n\r\nApr\u00e8s plusieurs d\u00e9marches infructueuses aupr\u00e8s de fonctionnaires de l'immigration, Nataliyia s'est adress\u00e9e \u00e0 Sana Sezim, une organisation partenaire du HCR. Cette rencontre a marqu\u00e9 le d\u00e9but d'une d\u00e9marche juridique de sept ans pour obtenir des documents d'identit\u00e9.\r\n\r\nNataliyia est enfin devenue citoyenne du Kazakhstan en 2024. \u00ab La premi\u00e8re chose que j'ai faite a \u00e9t\u00e9 d'\u00e9tablir les documents d'identit\u00e9 de mes enfants. Tout de suite ! J'ai insist\u00e9 sur le fait que je suis une m\u00e8re qui a la citoyennet\u00e9, que je suis une personne. \u00bb\r\n\r\n[gallery ids=\"81328,81326\"]\r\n<h4><strong>Une nouvelle dynamique<\/strong><\/h4>\r\nAu cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, sous l'impulsion de la campagne #Jexiste (#IBelong) du HCR pour mettre fin \u00e0 l'apatridie et des engagements pris par leurs gouvernements, les \u00c9tats d'Asie centrale ont pu r\u00e9soudre plus de 218 000 cas d'apatridie sur leur territoire, y compris ceux d'Adolat et de Nataliyia. Aujourd'hui, un tiers de tous les cas d'apatridie r\u00e9solus dans le monde se trouvent en Asie centrale.\r\n\r\nMais il n'a pas \u00e9t\u00e9 facile de parvenir \u00e0 cette avanc\u00e9e historique. \u00ab Le travail du HCR pour mettre fin \u00e0 l'apatridie dans cette r\u00e9gion varie selon les pays \u00bb, explique Sergiu Gaina, un responsable des questions d'apatridie au HCR. Il pr\u00e9cise que des lois et des proc\u00e9dures diff\u00e9rentes font que des solutions diff\u00e9rentes sont n\u00e9cessaires selon les pays.\r\n\r\nLa R\u00e9publique kirghize a pris une mesure audacieuse et importante en 2019, en adoptant une loi accordant la nationalit\u00e9 \u00e0 toutes les personnes sans papiers, devenant ainsi le premier pays au monde \u00e0 mettre fin \u00e0 tous les cas connus d'apatridie sur son territoire. Ce succ\u00e8s est en partie d\u00fb au HCR et \u00e0 certains de ses partenaires, comme Fergana Valley Lawyers Without Borders, une association dirig\u00e9e par le laur\u00e9at mondial de la Distinction Nansen pour les r\u00e9fugi\u00e9s, Azizbek Ashurov.\r\n\r\nEn novembre 2024, le Turkm\u00e9nistan a annonc\u00e9 qu'il avait \u00e9galement mis fin \u00e0 tous les cas connus d'apatridie sur son territoire.\r\n\r\nPeu avant la fin de la campagne #Jexiste en novembre 2024, le HCR a annonc\u00e9 la cr\u00e9ation d'une nouvelle Alliance mondiale pour mettre fin \u00e0 l'apatridie.\r\n\r\n\u00ab Nous encourageons tous les pays de la r\u00e9gion \u00e0 rejoindre l'Alliance car ils disposent d'un grand nombre de bonnes pratiques \u00e0 partager avec le reste du monde \u00bb, souligne Sergiu Gaina. \u00ab Tout le monde devrait savoir qui sont les apatrides, quels sont les probl\u00e8mes auxquels ils sont confront\u00e9s et comment ils peuvent les aider. \u00bb\r\n\r\nAdolat et Nataliyia font partie des nombreuses personnes dont la vie a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9e gr\u00e2ce aux efforts concert\u00e9s visant \u00e0 mettre fin \u00e0 l'apatridie en Asie centrale.\r\n\r\n\u00ab Maintenant que je poss\u00e8de la citoyennet\u00e9, je peux aller dans des endroits et r\u00e9aliser des choses qui m'\u00e9taient impossibles lorsque j'\u00e9tais apatride \u00bb, se r\u00e9jouit Adolat. \u00ab Je r\u00eave d'utiliser ces papiers pour aider mes enfants \u00e0 construire leur avenir \u00bb.","_et_gb_content_width":"","inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[495],"tags":[257],"class_list":["post-81470","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-feature-story-fr","tag-children-fr"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v28.5 (Yoast SEO v28.5) - 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