{"id":52069,"date":"2020-04-17T18:10:03","date_gmt":"2020-04-17T22:10:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.unhcr.ca\/news\/six-visages-crise-sahel\/"},"modified":"2020-04-17T18:10:03","modified_gmt":"2020-04-17T22:10:03","slug":"six-visages-crise-sahel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unhcr.ca\/fr\/news\/six-visages-crise-sahel\/","title":{"rendered":"Six visages de la crise au Sahel"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_48729\" style=\"width: 1890px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-48729\" class=\"size-full wp-image-48729\" src=\"https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/face1FR.jpg\" alt=\"Zeinabou, 42 ans, photographi\u00e9e dans la cour d\u2019une maison appartenant \u00e0 ses proches au Burkina Faso. Trois jours plus t\u00f4t, son mari a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 sous ses yeux.\" width=\"1880\" height=\"1300\" \/><p id=\"caption-attachment-48729\" class=\"wp-caption-text\">Zeinabou, 42 ans, photographi\u00e9e dans la cour d\u2019une maison appartenant \u00e0 ses proches au Burkina Faso. Trois jours plus t\u00f4t, son mari a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 sous ses yeux.<\/p><\/div>\n<p><strong>Texte de Kathryn Mahoney<\/strong><br \/>\n<strong>Photos de Sylvain Cherkaoui<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<div class=\"et_pb_module et_pb_text et_pb_text_1 pullintro et_pb_bg_layout_light et_pb_text_align_left\">\n<div class=\"et_pb_text_inner\">\n<h2>Au Burkina Faso, presque aucune localit\u00e9 n\u2019est s\u00fbre.<\/h2>\n<div class=\"et_pb_module et_pb_text et_pb_text_1 pullintro et_pb_bg_layout_light et_pb_text_align_left\">\n<div class=\"et_pb_text_inner\">\n<p>Des groupes arm\u00e9s, des extr\u00e9mistes et des bandes criminelles s\u00e8ment la terreur au quotidien, assassinant ceux qui refusent de rejoindre leurs rangs. Les tueurs abattent des familles. Ils violent et torturent les femmes. Ils d\u00e9truisent tout ce qui symbolise l\u2019\u00c9tat : les \u00e9coles, les commissariats de police, et m\u00eame les h\u00f4pitaux.<\/p>\n<p>Ceux qui survivent \u00e0 une attaque savent qu\u2019ils n\u2019auront peut-\u00eatre pas autant de chance la prochaine fois. Alors ils fuient en h\u00e2te. Au cours des 15 derniers mois, 800 000 Burkinab\u00e9s ont fui leur maison pour se mettre \u00e0 l\u2019abri. Certains se rendent au Mali ou au Niger, o\u00f9 les conditions de vie sont \u00e9galement dangereuses. D\u2019autres cherchent un abri au Burkina Faso. Mais au fur et \u00e0 mesure que la violence s\u2019\u00e9tend, beaucoup fuient pour la deuxi\u00e8me ou la troisi\u00e8me fois.<\/p>\n<p>La vie quotidienne au Burkina Faso, un pays enclav\u00e9 de 19 millions d\u2019habitants, est pr\u00e9caire. Faites la connaissance de six personnes \u2013 photographi\u00e9es et interview\u00e9es d\u00e9but f\u00e9vrier 2020 \u2013 dont la vie a \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9e par la crise.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<hr \/>\n<p>La violence au Sahel \u2013 une ceinture aride qui s\u2019\u00e9tend sur des milliers de kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019extr\u00eame sud du Sahara \u2013 a \u00e9clat\u00e9 apr\u00e8s la r\u00e9volution de 2011 en Libye et un soul\u00e8vement au Mali en 2012. Des hommes arm\u00e9s ont franchi les fronti\u00e8res, exploitant les tensions ethniques, la pauvret\u00e9 et la faible gouvernance pour terroriser les populations locales. Lorsque l\u2019effusion de sang a atteint le Burkina Faso, il y a environ quatre ans, elle a mis fin \u00e0 la paix que le pays connaissait depuis longtemps.<\/p>\n<p>Pendant des ann\u00e9es, les personnes ayant fui les conflits au Mali voisin ont trouv\u00e9 refuge au Burkina Faso, et quelque 25 000 r\u00e9fugi\u00e9s vivaient dans des camps \u00e0 travers le pays. Beaucoup de ces camps ont \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9s plus d\u2019une fois et la menace de violence rend presque impossible l\u2019acc\u00e8s des travailleurs humanitaires du HCR, de l\u2019Agence des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s, et d\u2019autres organisations aupr\u00e8s de certains de ces r\u00e9fugi\u00e9s. Il est \u00e9galement devenu trop dangereux de maintenir les march\u00e9s et les \u00e9coles ouverts. Les emplois disparaissent.<\/p>\n<p>Les r\u00e9fugi\u00e9s sont confront\u00e9s \u00e0 un choix corn\u00e9lien : rester et risquer d\u2019\u00eatre attaqu\u00e9s, ou rentrer chez eux dans un pays encore en proie \u00e0 la tourmente. Certains retournent au Mali, m\u00eame dans des r\u00e9gions dangereuses au point que les humanitaires et les forces de d\u00e9fense nationale ne peuvent pas y entrer.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, les Burkinab\u00e9s accueillent leurs propres compatriotes. Mais les communaut\u00e9s sont au point de rupture. D\u00e9j\u00e0 aux prises avec la pauvret\u00e9, l\u2019\u00e9chec scolaire et un syst\u00e8me de sant\u00e9 fragile, elles sont maintenant confront\u00e9es \u00e0 une menace suppl\u00e9mentaire : le nouveau coronavirus.<\/p>\n<p>Pour ralentir la pand\u00e9mie, les fronti\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9es, ainsi que les \u00e9coles, les march\u00e9s, les cin\u00e9mas et tous les lieux habituellement bond\u00e9s. Un couvre-feu est impos\u00e9 de 19 heures \u00e0 5 heures, les transports dans le pays sont suspendus, la circulation est limit\u00e9e \u00e0 destination et en provenance des villes o\u00f9 des cas de Covid-19 ont \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9s et les rassemblements de plus de 50 personnes sont interdits.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-48711\" src=\"https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/face2-e1587586888811.jpg\" alt=\"A map\" width=\"829\" height=\"765\" \/><\/p>\n<h2><strong>D\u00e9placement interne au Sahel<\/strong><\/h2>\n<blockquote><p><strong>838,548 D\u00e9plac\u00e9s internes au Burkina Faso<\/strong><\/p>\n<p><strong>218,536 D\u00e9plac\u00e9s internes au Mali<\/strong><\/p>\n<p><strong>226,700 D\u00e9plac\u00e9s internes au Niger<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<h2><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-48713\" src=\"https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/face3.jpg\" alt=\"A woman\" width=\"1920\" height=\"1080\" \/><\/h2>\n<h2><strong>La rescap\u00e9e<\/strong><\/h2>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00ab\u00a0Je suis traumatis\u00e9e au point que je ne me souviens m\u00eame pas de ce qui s\u2019est pass\u00e9. Je ne sais pas ce que je dis.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>&#8211;<em> Hawa, 57 ans<\/em><\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<hr \/>\n<\/div>\n<div class=\"et_pb_divider_internal\">\n<p>Hawa \u00e9tait chez elle \u00e0 Boukouma quand son neveu a alert\u00e9 la famille sur le fait que des hommes arm\u00e9s approchaient. En quelques secondes, plus d\u2019une vingtaine d\u2019hommes \u00e0 moto ont fait irruption dans un grand vacarme et ont commenc\u00e9 \u00e0 tirer, alors qu\u2019elle et d\u2019autres femmes se cachaient \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. \u00ab Ils ont tu\u00e9 mon mari et son fr\u00e8re, alors qu\u2019ils avaient les mains en l\u2019air \u00bb, a-t-elle d\u00e9clar\u00e9.<\/p>\n<p>Hawa a enterr\u00e9 les morts le jour suivant, puis elle s\u2019est enfuie avec 32 membres de sa famille. Elle a aujourd\u2019hui trouv\u00e9 une s\u00e9curit\u00e9 relative dans la maison de son fils \u00e0 Kaya, \u00e0 150 kilom\u00e8tres au sud. Mais elle fait des cauchemars, et se r\u00e9veille chaque nuit en criant, des coups de feu fant\u00f4mes r\u00e9sonnant dans ses oreilles. \u00ab Je suis une veuve de ce conflit \u00bb, dit-elle.<\/p>\n<\/div>\n<hr \/>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00ab Rien ne m\u2019aurait pu me pr\u00e9parer \u00e0 ce que j\u2019ai vu au Burkina Faso\u2026 J\u2019ai \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement frapp\u00e9 par le sort de tant de femmes qui ont subi des violences, dont les maris ont \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9s ou tu\u00e9s, dont les enfants ne sont toujours pas revenus \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s \u00e0 ce jour. \u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>&#8211; Filippo Grandi, Haut Commissaire des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s, sur France 24<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<hr \/>\n<h2><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-48715\" src=\"https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/face4.jpg\" alt=\"A man\" width=\"1920\" height=\"1080\" \/><\/h2>\n<h2><strong><b>L\u2019h\u00f4te<\/b><\/strong><\/h2>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00ab\u00a0<b>En tant que chef, il est de mon devoir d\u2019accueillir ceux qui viennent me demander de l\u2019aide.<\/b>\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong>&#8211; Dianbend<b>\u00e9, 67 ans<\/b><\/strong><\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<hr \/>\n<div class=\"et_pb_module et_pb_text et_pb_text_12 et_pb_bg_layout_light et_pb_text_align_left\">\n<div class=\"et_pb_text_inner\">\n<p>Dianbend\u00e9, un chef communautaire, accueille plus de 2500 Burkinab\u00e9s d\u00e9plac\u00e9s dans et autour de sa propri\u00e9t\u00e9. Leur nombre augmente chaque jour. Il leur offre de la nourriture, un abri et de l\u2019eau \u2013 souvent \u00e0 ses frais. Souffrant d\u2019un handicap sur une de ses jambes, il se d\u00e9place difficilement et a du mal \u00e0 subvenir aux besoins de sa famille, mais il accueille chaque nouvel arrivant.<\/p>\n<p>\u00ab Au d\u00e9but, nous pensions qu\u2019ils ne faisaient que tuer des hommes. Mais ensuite, nous avons r\u00e9alis\u00e9 qu\u2019ils tuaient aussi des femmes et des enfants \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Dianbend\u00e9. \u00ab Je suis handicap\u00e9. Je n\u2019ai rien \u00e0 donner. Mais il est de mon devoir d\u2019essayer d\u2019am\u00e9liorer leur situation.\u00a0\u00bb<\/p>\n<hr \/>\n<p>Le nombre de d\u00e9plac\u00e9s internes au Burkina Faso a d\u00e9cupl\u00e9 l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, d\u00e9passant aujourd\u2019hui les 800 000. Plus de 90% des d\u00e9plac\u00e9s internes vivent dans des familles d\u2019accueil et le HCR estime qu\u2019\u00e0 travers tout le pays, plus de 35 000 familles ont besoin d\u2019un abri.<\/p>\n<hr \/>\n<h2><img decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-48717 size-full\" src=\"https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/face5.jpg\" alt=\"A man\" width=\"980\" height=\"551\" \/><\/h2>\n<h2><strong><b>Le volontaire<\/b><\/strong><\/h2>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00ab\u00a0<b>Les r\u00e9fugi\u00e9s me disent que mon action est noble mais, honn\u00eatement, j\u2019ai peur. Je prends ces risques car j\u2019aime mon travail. Mon engagement consiste \u00e0 d\u00e9fendre nos droits humains.<\/b>\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong>&#8211; Ilyas, 30 ans<\/strong><\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<hr \/>\n<p>Ilyas travaille pour le HCR dans le cadre du programme des Volontaires des Nations Unies dans la ville de Djibo et le camp de r\u00e9fugi\u00e9s de Mentao, au nord du Burkina Faso. Les conditions de travail sont si risqu\u00e9es qu\u2019il est l\u2019un des deux seuls employ\u00e9s du HCR dans ces camps. Il aide \u00e0 garantir que les r\u00e9fugi\u00e9s ont acc\u00e8s \u00e0 la nourriture, \u00e0 l\u2019eau et \u00e0 un abri. En tant que r\u00e9fugi\u00e9 malien, il se sent honor\u00e9 de travailler pour le HCR, mais il craint de constituer une cible.<\/p>\n<hr \/>\n<div class=\"et_pb_module et_pb_text et_pb_text_16 pullintro et_pb_bg_layout_light et_pb_text_align_left\">\n<div class=\"et_pb_text_inner\">\n<p>Au Burkina Faso, des groupes arm\u00e9s ont tu\u00e9 des fonctionnaires, des professionnels de sant\u00e9, des enseignants et d\u2019autres symboles de l\u2019\u00c9tat. Parfois, ils ont \u00e9galement pris pour cible des organisations humanitaires, volant des v\u00e9hicules et kidnappant du personnel.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<hr \/>\n<h2><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-48719\" src=\"https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/face6.jpg\" alt=\"A woman\" width=\"1920\" height=\"1080\" \/><\/h2>\n<h2><strong><b>La m\u00e8re<\/b><\/strong><\/h2>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00ab\u00a0Ma fille a paniqu\u00e9 quand elle a entendu les tirs et d\u00e9sormais elle panique tout le temps. Tout ce que je souhaite, c\u2019est un jour o\u00f9 ma fille n\u2019aura aucune crise de panique. \u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong>&#8211; Leila, 30 ans<\/strong><\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<hr \/>\n<p>Le\u00efla a fui la violence au Mali en 2012 et a v\u00e9cu dans le camp de r\u00e9fugi\u00e9s de Goudoubo jusqu\u2019en 2019, date \u00e0 laquelle des hommes arm\u00e9s \u00e0 moto ont attaqu\u00e9 le camp \u00e0 trois reprises.<\/p>\n<p>Rahmata, la fille de Le\u00efla \u00e2g\u00e9e de 10 ans, a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de l\u2019une de ces attaques. Depuis, elle n\u2019a plus jamais \u00e9t\u00e9 la m\u00eame. Le\u00efla t\u00e9moigne \u00eatre elle-m\u00eame \u00ab\u00a0profond\u00e9ment \u00bb affect\u00e9e par le nombre de personnes montrant des signes de d\u00e9tresse psychologique dans ce contexte d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 croissante.<\/p>\n<p>\u00ab \u00c7a fait vraiment mal. C\u2019est difficile d\u2019\u00eatre une m\u00e8re et de voir son enfant dans cet \u00e9tat \u00bb, dit-elle. \u00ab Je continue de prier pour la paix. \u00bb<\/p>\n<hr \/>\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 la toute derni\u00e8re flamb\u00e9e de violence, pr\u00e8s de 9000 r\u00e9fugi\u00e9s vivaient \u00e0 Goudoubo, mais environ la moiti\u00e9 d\u2019entre eux sont depuis rentr\u00e9s au Mali, tandis que les autres ont rejoint d\u2019autres localit\u00e9s au Burkina Faso. Le camp est d\u00e9sormais vide.<\/p>\n<hr \/>\n<h2><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-48721\" src=\"https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/face7.jpg\" alt=\"A man\" width=\"1920\" height=\"1080\" \/><\/h2>\n<h2><strong>L\u2019humanitaire<\/strong><\/h2>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00ab\u00a0<b>Cette situation est tr\u00e8s douloureuse pour moi. Mon pays est attaqu\u00e9 et nous ne pouvons pas assurer aux gens la protection qu\u2019ils m\u00e9ritent.<\/b>\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong>&#8211; Eric<\/strong><\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<hr \/>\n<p>N\u00e9 et \u00e9lev\u00e9 au Burkina Faso, Eric travaille en tant qu\u2019employ\u00e9 du HCR en charge de l\u2019enregistrement dans le nord-est du pays, non loin des fronti\u00e8res avec le Niger et le Mali. Il travaille dans le camp de Goudoubo depuis 2012, lorsque les r\u00e9fugi\u00e9s maliens ont commenc\u00e9 \u00e0 rejoindre son pays en qu\u00eate de s\u00e9curit\u00e9. Il ressent un lien de parent\u00e9 avec les r\u00e9fugi\u00e9s dont il participe \u00e0 la prise en charge.<\/p>\n<p>\u00ab Je suis comme un fr\u00e8re pour les r\u00e9fugi\u00e9s, et eux le sont \u00e9galement pour moi \u00bb, a-t-il d\u00e9clar\u00e9.<\/p>\n<p>Alors que le conflit s\u2019est d\u00e9sormais \u00e9tendu \u00e0 son pays, Eric explique que les r\u00e9fugi\u00e9s lui offrent leur soutien. Ils compatissent \u00e0 sa tristesse. Maintenant que les zones o\u00f9 vivent les r\u00e9fugi\u00e9s sont plus dangereuses, Eric ne peut plus les voir aussi souvent, voire plus du tout. Il se sent \u00ab faible et inquiet \u00bb.<\/p>\n<hr \/>\n<p>Selon\u00a0<a href=\"https:\/\/hr.un.org\/sites\/hr.un.org\/files\/Staff%20Well-being%20and%20Mental%20Health%20in%20UNHCR%20_0.pdf\">une \u00e9tude du HCR<\/a>, 38% du personnel travaillant directement aupr\u00e8s des r\u00e9fugi\u00e9s ou des personnes d\u00e9plac\u00e9es risquent de subir un stress traumatique secondaire, un trouble qui peut entra\u00eener un \u00e9puisement physique, mental et \u00e9motionnel.<\/p>\n<p>Pr\u00e9valant chez les personnes qui travaillent sous stress \u00e9motionnel pendant de longues p\u00e9riodes, ce trouble peut rendre impossible l\u2019accomplissement des fonctions quotidiennes normales et provoquer des sentiments n\u00e9gatifs envers soi-m\u00eame ou le monde.<\/p>\n<hr \/>\n<h2><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-48723\" src=\"https:\/\/www.unhcr.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/face8.jpg\" alt=\"A man\" width=\"980\" height=\"551\" \/><\/h2>\n<h2><strong>Le Local<\/strong><\/h2>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00ab Leur arriv\u00e9e a boulevers\u00e9 notre vie, mais nous ne pouvons pas les rejeter. On ne va pas leur dire de repartir pour aller se faire tuer\u2026 \u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong>&#8211; Yobi<\/strong><\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<hr \/>\n<p>Yobi Sawadogo est conseiller aupr\u00e8s du maire de Kaya, une ville qui comptait 66 000 habitants lors de son dernier recensement (en 2012) et qui accueille aujourd\u2019hui plus de 300 000 Burkinab\u00e9s d\u00e9plac\u00e9s. Le gouvernement local accueille les personnes dans le besoin, mais l\u2019afflux de nouveaux arrivants a radicalement chang\u00e9 la vie quotidienne. Les files d\u2019attente pour aller chercher de l\u2019eau s\u2019allongent et les centres de sant\u00e9 deviennent surpeupl\u00e9s. Les march\u00e9s sont toujours bien approvisionn\u00e9s, mais seulement parce que ceux qui ont fui ici n\u2019ont pas d\u2019argent pour acheter de la nourriture.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les difficult\u00e9s, Yobi a d\u00e9clar\u00e9 que sa ville continuera \u00e0 accepter ceux qui sont arriv\u00e9s en qu\u00eate de s\u00e9curit\u00e9, \u00e0 la fois par solidarit\u00e9 et par peur. \u00ab Nous disons que ce qui leur est arriv\u00e9 pourrait nous arriver aussi \u00bb, a-t-il dit. \u00ab Nous ne pouvons pas refuser les gens. \u00bb<\/p>\n<hr \/>\n<p>Jusqu\u2019en 2016, le Burkina Faso \u00e9tait un mod\u00e8le de coexistence relativement pacifique entre des communaut\u00e9s ethniquement diverses, et un refuge pour les r\u00e9fugi\u00e9s. A ce jour, la violence y est sans pr\u00e9c\u00e9dent, et le gouvernement s\u2019efforce de g\u00e9rer l\u2019ampleur des besoins humanitaires. Mais pour l\u2019instant, beaucoup dorment en plein air, expos\u00e9s aux \u00e9l\u00e9ments et \u00e0 d\u2019autres dangers, et ont un besoin aigu d\u2019un meilleur acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau et \u00e0 des installations sanitaires.<\/p>\n<p>Le HCR recherche 255 millions de dollars apr\u00e8s des donateurs dans le monde pour soutenir les efforts du gouvernement afin de combattre le Covid-19 dans les zones accueillant des r\u00e9fugi\u00e9s et des d\u00e9plac\u00e9s internes.<\/p>\n<hr \/>\n<p><iframe title=\"Comment h\u00e9berger 2500 personnes chez soi ?\" width=\"1080\" height=\"810\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/VUVq7mlSys4?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<h4><strong>Pour soutenir notre travail au Sahel et dans d\u2019autres r\u00e9gions confront\u00e9es aux d\u00e9placements de population et au coronavirus <a href=\"https:\/\/give.unhcr.ca\/page\/52275\/donate\/1?ea.tracking.id=OL20_UNR\">donnez maintenant<\/a>.<\/strong><\/h4>\n<p><em>Publie par le <a href=\"https:\/\/www.unhcr.org\/spotlight\/fr\/2020\/04\/les-6-visages-de-la-crise-au-sahel\/\">HCR<\/a>, le 17 avril 2020<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des groupes arm\u00e9s, des extr\u00e9mistes et des bandes criminelles s\u00e8ment la terreur au quotidien, assassinant ceux qui refusent de rejoindre leurs rangs.<\/p>\n","protected":false},"author":26,"featured_media":50744,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[495,48,81,45],"tags":[359,656,346,200,772],"class_list":["post-52069","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-feature-story-fr","category-bulletin","category-news-stories-fr","category-nouvelle","tag-aveclesrefugies","tag-burkina-faso","tag-le-hcr","tag-refugies","tag-sahel"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v28.3 (Yoast SEO v28.3) - 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