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Pour le HCR, l’aide à la santé mentale doit être une priorité de la réponse à la pandémie de Covid-19

Le sentiment d’isolement contribue à mettre en péril la santé mentale et les réfugiés y sont particulièrement exposés. Un réfugié vénézuélien assis seul sur un banc dans un camp au Brésil, 28 mars 2019

Le sentiment d’isolement contribue à mettre en péril la santé mentale et les réfugiés y sont particulièrement exposés. Un réfugié vénézuélien assis seul sur un banc dans un camp au Brésil, 28 mars 2019. © HCR/Vincent Tremeau

Les conséquences de la pandémie de Covid-19 ont des effets délétères sur la santé mentale des réfugiés, des déplacés et des apatrides, a alerté ce jour le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés.

« La crise de Covid-19 n’affecte pas seulement la santé physique, car elle est maintenant en train de déclencher une crise de santé mentale. Même si de nombreux réfugiés et déplacés internes font preuve d’une extraordinaire résilience et de la capacité à avancer, malgré les violences ou les persécutions auxquelles ils ont été directement confrontés, leur aptitude à faire face est aujourd’hui proche du point de rupture », a déclaré le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés Filippo Grandi.

« On nous rapporte actuellement une augmentation des problèmes de santé mentale et des besoins des déplacés dans ce domaine. La peur de la contamination, le confinement, les mesures d’isolement, la stigmatisation, la discrimination, la perte des moyens d’existence et l’incertitude face à l’avenir constituent tous des facteurs aggravants. »

Étant donné l’asphyxie socio-économique généralisé qui est infligée par la pandémie, le HCR est extrêmement préoccupé par le risque que la perte de leurs salaires en tant que journaliers et de leurs moyens d’existence plonge de nombreux réfugiés dans une profonde angoisse. Il y a notamment tout lieu de s’inquiéter de ce que certains d’entre eux s’automutilent sous l’effet de ces pressions.

Les réfugiés qui avaient trouvé un soutien psycho-social dans les échanges communautaires, les rassemblements sociaux ou l’observation de rites religieux ont vu leur aptitude à affronter la détresse intérieure amoindrie par les mesures de distanciation physique et les restrictions de mouvement.

Par ailleurs, du fait que les conséquences de la pandémie déclenchent ou aggravent des troubles mentaux préexistants, les mesures prises pour enrayer la propagation du coronavirus pèsent elles aussi sur l’offre d’assistance. Les services d’aide et de soutien en santé mentale sont plus difficiles à assurer dans le cadre du confinement et des restrictions de voyage, les effectifs sont parfois réduits, les réfugiés sont souvent dans l’impossibilité de se déplacer pour aller chercher de l’aide et un grand nombre d’activités de groupe ont été annulées.

« L’immense majorité – 84% – des réfugiés à travers le monde vit dans des pays en développement et leur accès à des services de santé mentale de bonne qualité était déjà des plus limités, avant même la pandémie. Dans les circonstances catastrophiques du moment où le coronavirus provoque d’énormes souffrances physiques et mentales, la nécessité d’investir dans le maintien des services de santé, dont la santé mentale, et d’assurer l’accès de tous à ces services est plus évidente et plus importante que jamais », a ajouté Filippo Grandi.

Afin d’assurer la continuité des services de santé mentale et de soutien psycho-social pour les réfugiés et les déplacés, le HCR intensifie son action et adapte ses modalités d’intervention dans toutes les situations possibles.

Certains services de santé mentale sont désormais dispensés à distance, notamment au moyen de centres d’appels téléphoniques multilingues ou de consultations en ligne. Les personnes présentant des troubles mentaux graves et complexes sont prises en charge à distance ou directement dans le respect des conditions de sécurité, y compris au moyen de visites à domicile. Des dispositions ont également été prises pour s’assurer que les personnes médicamentées puissent poursuivre leur traitement pendant le confinement.

Dès que possible, le HCR s’efforce d’augmenter la capacité de soutien en santé mentale de ses réseaux communautaires de protection et dispense des formations aux premiers soins psychologiques à des agents de santé primaire, des équipes de gestion des camps, des bénévoles communautaires et au personnel des centres d’appel.

Dans certains endroits, les bénévoles communautaires déjà mobilisés dans le cadre des efforts de prévention et de réponse à la crise de Covid-19 interviennent auprès des réfugiés et des déplacés internes pour les sensibiliser aux problèmes de santé mentale et aux différentes façons d’affronter la détresse.

S’associant à l’appel à l’action du système des Nations Unies, le HCR réitère son appel à l’aide d’urgence pour garantir la disponibilité et la poursuite des services de santé mentale et de soutien psychosocial pour les réfugiés et les déplacés. Ils doivent être considérés comme des services essentiels devant faire partie des plans nationaux de réponse au Covid-19.

Pour de plus amples informations sur ce sujet, veuillez svp contacter :

Publie par le HCR, le 14 mai 2020