Salam AlHariri travaille dans un laboratoire.

Salam AlHariri, une réfugiée syrienne de 26 ans, est pharmacienne en Jordanie. Titulaire d’une bourse DAFI de l’Université de Jordanie en 2018, elle suit depuis une formation dans une pharmacie à Amman. © HCR

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Shabia Mantoo – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 29 septembre 2020 au Palais des Nations à Genève.

Avec trois pour cent de réfugiés seulement qui accèdent à l’enseignement supérieur, le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, exhorte les gouvernements et les donateurs à aider à combler des lacunes critiques en assurant l’inclusion des étudiants réfugiés dans les systèmes éducatifs nationaux et la continuité des programmes d’enseignement supérieur, ainsi qu’en offrant davantage de places aux réfugiés.

La pandémie de Covid-19 cause de nombreuses difficultés aux étudiants, mais aussi et surtout aux étudiants réfugiés dont beaucoup (85%) résident dans les pays en développement ou les pays les moins avancés. Certains sont affectés par les fermetures d’établissements scolaires, l’enseignement à distance n’est pas toujours proposé et, même quand c’est le cas, les téléphones mobiles, les tablettes, les ordinateurs portables, les téléviseurs et les radios ainsi que la connectivité internet ne sont souvent pas accessibles aux personnes déracinées.

Les conséquences socio-économiques de la pandémie ne limitent pas seulement les possibilités, mais peuvent également contraindre les élèves déracinés et démunis à abandonner l’école, pratiquer la mendicité ou subir le mariage précoce, pour tenter de subvenir aux besoins de leur famille.

Le HCR s’inquiète également qu’en l’absence d’un soutien accru de toute urgence, l’une des conséquences de l’urgence sanitaire mondiale sera le renversement de certains des gains durement acquis en matière d’apprentissage pour les réfugiés, y compris une hausse des taux d’inscription dans l’enseignement supérieur.

En 2017, seulement un pour cent des réfugiés étaient inscrits dans l’enseignement supérieur. Depuis la fin 2018, ce chiffre est passé à trois pour cent, en grande partie grâce à une plus grande reconnaissance de la part des États, des établissements d’enseignement et des organisations partenaires de l’importance de l’enseignement supérieur pour les réfugiés.

L’année 2019 a également enregistré un niveau record concernant le programme de bourses d’études supérieures du HCR, connu sous le nom de programme DAFI (l’Initiative académique allemande Albert Einstein pour les réfugiés), qui est largement financé par le gouvernement allemand et, depuis peu, soutenu également par le gouvernement danois.

Ce programme vise à soutenir les systèmes éducatifs nationaux et accorde la priorité à l’inscription des réfugiés dans les établissements d’enseignement supérieur publics. Des bourses sont allouées aux réfugiés par le biais d’un processus de sélection compétitif et elles couvrent les frais de scolarité et autres coûts associés.

Soulignant la demande croissante des réfugiés à travers le monde entier et la forte réponse des gouvernements et des partenaires sur la nécessité d’améliorer l’éducation des réfugiés, le nombre d’étudiants réfugiés inscrits dans le cadre de ce programme à la fin 2019 était de 8347 dans 54 pays.

C’est un niveau record depuis la création du programme il y a près de trois décennies, et une augmentation de 18% par rapport à l’année dernière, soit 1481 bourses supplémentaires. Cette hausse a été rendue possible grâce à un financement accru.

En 2019, les bénéficiaires des bourses du DAFI venaient de 45 pays, les étudiants réfugiés syriens représentant la majorité (29 %), suivis par les étudiants réfugiés d’Afghanistan (14%), du Soudan du Sud (14%), de Somalie (10%) et de la République démocratique du Congo (6%).

Les cinq premiers pays d’accueil des étudiants du DAFI étaient l’Éthiopie, la Turquie, la Jordanie, le Kenya et le Pakistan, ce qui reflète également les mouvements des réfugiés à travers le monde.

Pour les réfugiés inscrits au programme, les principaux domaines d’études étaient les sciences médicales et les domaines liés à la santé, suivis par le commerce et l’administration des affaires, les sciences sociales et comportementales, l’ingénierie et les mathématiques, et l’informatique.

Ces statistiques, ainsi que d’autres sur l’inscription des réfugiés dans l’enseignement supérieur, sont présentées dans le rapport du HCR « Les étudiants réfugiés dans l’enseignement supérieur » publié hier (en anglais).

Mobiliser le soutien envers l’éducation, y compris au niveau tertiaire, était un objectif clé du Forum mondial sur les réfugiés qui s’est tenu en décembre 2019.

Pour contrer l’impact de la pandémie de Covid-19, le HCR appelle les gouvernements, le secteur privé, la société civile et d’autres acteurs clés à aider à renforcer et à améliorer l’inclusion des réfugiés et l’accessibilité aux systèmes éducatifs nationaux dans les pays d’accueil des réfugiés, ainsi qu’à maintenir et garantir le financement de l’éducation. En l’absence d’action dans ce domaine, d’innombrables perspectives d’avenir seront assombries.

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter :

Publié par le HCR, le 29 septembre 2020.

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