Une employée médicale organise l'équipement du centre de soins de santé primaires de Gergaresh à Tripoli, en Libye

Une employée médicale organise l’équipement du centre de soins de santé primaires de Gergaresh à Tripoli, en Libye. © HCR/Caroline Gluck

Grâce à de nouveaux équipements et à des formations, cet établissement fournit des soins de santé et des prestations de protection gratuits à une population de 30 000 personnes – dont des Libyens, des réfugiés et des migrants.

Les nouveaux parents, Alhadi, un réfugié soudanais, et sa femme somalienne, Umalkeyr, sont assis et bercent leur fils âgé de 20 jours dans une couverture, alors qu’ils attendent de voir un médecin. Le jeune couple a besoin de soins médicaux pour Ayman, leur bébé qui souffre d’un problème gastrique persistant.


La Libye demeure aux prises avec la pandémie de Covid-19. Alors que certaines restrictions de mouvement ont été récemment assouplies, les couvre-feux de nuit et de week-end sont toujours en vigueur et la vie quotidienne dans le pays fonctionne toujours au ralenti. Seuls quelques magasins ont rouvert leurs portes et la plupart des entreprises et des bâtiments publics sont fermés. L’accès aux soins de santé reste un défi pour beaucoup.

Toutefois, en pleine période de confinement pour prévenir et lutter contre le coronavirus, un centre de soins de santé primaires dans le quartier de Gergaresh à Tripoli – desservant une zone comptant au moins 30 000 personnes, dont de fortes concentrations de réfugiés et de migrants d’Afrique subsaharienne – a rouvert ses portes, grâce à l’appui fourni par le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, et son partenaire, le Comité international de secours (IRC).

Le centre, qui fournit des services médicaux et des prestations de protection aux personnes dans le besoin, est l’un des trois seuls centres de soins de santé primaires qui fonctionnent actuellement dans l’ensemble de la ville qui compte environ 450 000 résidents.

« Tout était fermé. »

« Cette clinique est proche de notre lieu d’habitation – ce qui nous aide beaucoup », a déclaré Alhadi, 19 ans. « C’est très bien qu’il y ait un établissement médical près de chez nous. Je suis très heureux, surtout parce que tout était fermé. »

Selon ce jeune père, il pouvait être très difficile de sortir de chez soi durant le confinement pour aller chercher une aide médicale d’urgence à l’hôpital, car les autorités pouvaient vous arrêter aux points de contrôle.

C’était aussi coûteux, selon lui, car il fallait prendre le taxi et, même si vous arriviez à l’hôpital, il y avait souvent des problèmes pour l’admission car de nombreux établissements ne reconnaissaient pas les documents d’enregistrement du HCR, ou voulaient des paiements anticipés.

Le centre de santé de Gergaresh a été fermé par le gouvernement lorsque l’état d’urgence a été déclaré, les premiers cas de Covid-19 étant apparus en mars, pour tenter de contenir la propagation du virus. Dans la clinique, le personnel était confronté à une pénurie de matériel, notamment d’équipement de protection individuelle (EPI), et manquait de formation sur la gestion et le contrôle des maladies infectieuses.

Lorsque le HCR et son partenaire, l’IRC, ont proposé d’assurer des services par le biais d’une équipe médicale et de protection de l’IRC, tout en achetant du matériel et en offrant une formation au personnel local, le responsable du centre de santé, Belgasim Shibli, a accepté avec enthousiasme.

« Nous accueillons tout le monde : les Libyens, les réfugiés, les migrants. »

« Il y a d’importants besoins en matière de santé dans cette ville », a-t-il déclaré. « Lorsque le centre a fermé, de nombreux Libyens sont allés se faire soigner dans les services d’urgence des hôpitaux, ce qui a provoqué une surpopulation. »

« Les prestations fournies ici ont un impact énorme sur la population locale. Nous accueillons tout le monde : les Libyens, les réfugiés, les migrants », a ajouté Belgasim Shibli. « Nous pouvons fournir des services pour tous, quelle que soit leur origine. »

Le personnel libyen travaillant au centre, qui devrait bientôt reprendre son travail aux côtés de l’équipe d’IRC, a bénéficié de plusieurs sessions de formation sur le contrôle et le traitement des maladies infectieuses.

Le HCR et IRC ont acheté conjointement des gants, des masques faciaux, des lunettes de protection, des désinfectants et des thermomètres ainsi que d’autres équipements médicaux et des fournitures de bureau. Un générateur sera également fourni, afin que l’installation ait un accès constant à l’électricité pendant les heures de travail.

L’équipe de protection d’IRC se rend quotidiennement sur place pour apporter un soutien psychosocial aux femmes et aux jeunes filles, ainsi que des services de gestion de cas, en particulier pour celles qui sont touchées par la violence sexiste.

Le réfugié soudanais Alhadi et sa femme somalienne, Umalkeyr, attendent qu’un médecin vienne voir leur nouveau-né

Le réfugié soudanais Alhadi et sa femme somalienne, Umalkeyr, attendent qu’un médecin vienne voir leur nouveau-né. © HCR/Caroline Gluck

Le centre a mis en place des mesures de distanciation sociale, afin de réduire le nombre de personnes dans la salle d’attente principale, les autres attendant dans la cour ombragée à l’extérieur. Les patients reçoivent des masques faciaux et leur température est vérifiée à l’entrée.

En plus de fournir des services de santé aux réfugiés et aux demandeurs d’asile directement dans plusieurs établissements de santé et centres communautaires à travers le pays, en réponse à la pandémie, le HCR a également intensifié son soutien envers les systèmes de santé nationaux, en fournissant des générateurs, des ambulances, des tentes médicales et des unités préfabriquées utilisées en tant que salles de réception et d’examen initial pour la détection du Covid-19.

Le Dr Meftah Lahwel, employé du HCR pour la santé publique, a déclaré qu’il était important de pouvoir fournir des services de santé essentiels à tous en temps de crise de Covid, y compris en matière de santé reproductive et de santé mentale.

« Ici, les besoins en matière de santé sont très importants. Nous travaillons dans cet établissement pour fournir un accès gratuit aux soins de santé pour tous, quel que soit leur statut », a déclaré le Dr Lahwel. « Ce partenariat est l’une des mesures visant à fournir des services de santé intégrés au bénéfice des réfugiés et des demandeurs d’asile dans les régions où ils résident en nombre important. »

Voir aussi : Le HCR vient en aide à des milliers de personnes en Libye, malgré les difficultés accrues dues à la poursuite du conflit et à la pandémie de Covid-19

Les patients libyens présents dans la queue au côté des réfugiés et des migrants dans la zone d’attente étaient également heureux que le centre soit de nouveau opérationnel. Halwa, une mère libyenne qui avait accouché neuf jours plus tôt et qui était venue pour un contrôle, a déclaré : « Tout le monde a fait beaucoup d’efforts pour rouvrir ce lieu. C’est vraiment utile pour nous de pouvoir venir dans ce centre de santé. »

Le Dr Wafa Elmati est membre de l’équipe d’IRC, qui comprend également un gynécologue, un psychiatre, un psychologue, un médecin, un infirmier et un pharmacien, ainsi que le personnel de protection qui assure les soins psychosociaux, les activités récréatives pour les enfants et les consultations de santé mentale.

De nombreux cas concernent des patients souffrant de problèmes chroniques tels que le diabète et l’hypertension, nécessitant une médication en continu, qui avait été interrompue pendant la période de confinement. Mais le Dr Wafa Elmati a déclaré qu’elle avait également vu des cas de malnutrition, de gale et même de tuberculose.

« Je suis très heureuse de travailler ici. De nombreux patients arrivent stressés et effrayés, mais ils repartent avec le sourire. »

Publie par le HCR, le 16 juillet 2020

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