Manock Lual

Manock Lual, un ancien réfugié du Soudan du Sud, est un entrepreneur et entraineur de basketball à Ottawa, Canada. Photo gracieusement offerte par Prezdential.


Par Gisèle Nyembwe

« Je veux que vous appreniez à avoir confiance en vous-mêmes. Vous ne pouvez pas marcher la tête baissée ou avoir peur de vous exprimer. »

Manock Lual dit à ses joueurs de connaître leur valeur et d’être fiers d’eux-mêmes.

L’ancien joueur professionnel de basketball de 32 ans est fondateur et entraineur en chef de Prezdential, un programme de mentorat dans l’est de la ville d’Ottawa. Il se sert du basketball pour apprendre aux jeunes de ce quartier moins nanti comment se bâtir une confiance en soi et surmonter l’adversité.

Manock en fait sa mission personnelle, après avoir été confronté aux préjugés et au racisme dans sa vie personnelle en tant que jeune garçon et jeune homme noir. Le Canada a été une source de paix, d’opportunités et de beaucoup de moments de joie pour sa famille, réfugiée du Soudan du Sud et arrivée à Ottawa alors qu’il n’avait que quatre ans : Manock révèle cependant que les choses ne sont pas toujours faciles quand on a le teint plus sombre.

« J’avais sept ans quand j’ai vécu pour la première fois le racisme systémique, » dit Manock. « Ma sœur avait été battue violemment à l’école sans aucune raison apparente par un groupe de garçons blancs qui lui avaient cassé le doigt. »

Manock Lual

2. Manock Lual se met debout devant le centre Communautaire Overbrook dans l’est d’Ottawa où il conduit les pratiques de basketball.

« À l’hôpital, personne n’a cru ce que mon père avait raconté sur l’attaque à l’école. Nous (les enfants) avons été alors séparés de mon père et questionnés dans une autre salle, au prétexte qu’il s’agissait d’un cas de maltraitance.

L’injustice raciale reste un problème majeur qui pousse des milliers de personnes à travers le monde à quitter leur foyer, et qui continue à affecter plusieurs personnes réfugiées même dans leurs nouveaux pays adoptifs alors qu’elles essaient de refaire leurs vies.

Malgré l’expérience traumatisante restée gravée dans la mémoire de Manock jusqu’à ce jour et beaucoup d’autres vécues dans sa vie, il dit avoir appris à être prêt à affronter ce genre d’incidents.

« Je dis aux joueurs : vous ne pouvez pas marcher la tête baissée ou avoir peur de vous exprimer. »

Environ une centaine de jeunes provenant de toutes les couches de la société, Blancs, Noirs, Autochtones et autres personnes racisées participent au programme de basketball de Prezdential.

Manock Lual

Assis sur un panier en tenant sa balle, Manock Lual profite de quelques minutes de liberté entre les exercices de basketball.

Comme dans n’importe quel sport, donner le meilleur de soi et rechercher l’excellence sont essentiels à la performance d’un joueur sur le terrain de basketball.  Manock veut que ses joueurs appliquent ces compétences à tous les autres aspects de leurs vies et qu’ils soient prêts à dénoncer toutes formes d’injustices et d’inégalités.

Il espère que la conversation concernant le racisme et la violence policière à travers le monde entier suscitée par la mort de George Floyd, changera le récit dans lequel les Noirs pourront prendre contrôle de leurs histoires, leur identité, et la façon dont ils sont représentés.

« Le futur s’annonce prometteur dans la mesure où vous faites briller tous vos feux, » Manock dit à ses joueurs.

 

Le HCR est né d’une conviction puissante et partagée, selon laquelle nous sommes tous égaux en dignité et en droits, et que celles et ceux qui sont persécutés à cause de leurs croyances ou caractéristiques – y compris la race – ont le droit d’être protégés.

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