Hakima, 21 ans, tient dans les bras son bébé de quatre mois, Jad, dans l’installation de réfugiés de Bar Elias au Liban. Elle a fui la Syrie il y a cinq ans et vit aujourd’hui avec son mari dans la maison de son beau-frère, après qu’une inondation ait frappé celle où ils vivaient auparavant

Hakima, 21 ans, tient dans les bras son bébé de quatre mois, Jad, dans l’installation de réfugiés de Bar Elias au Liban. Elle a fui la Syrie il y a cinq ans et vit aujourd’hui avec son mari dans la maison de son beau-frère, après qu’une inondation ait frappé celle où ils vivaient auparavant. © HCR/Diego Ibarra Sánchez

NEW YORK/GENÈVE – A la veille de la quatrième Conférence de soutien aux Syriens déracinés et aux pays de la région, qui se tiendra à Bruxelles le 30 juin, les Nations Unies ont exhorté les donateurs internationaux à redoubler d’efforts en faveur des Syriens déracinés et des pays de la région qui les accueillent.

Les chefs des agences des Nations Unies pour l’aide humanitaire, le développement et les réfugiés ont appelé à la solidarité envers les pays accueillant un nombre sans précédent de réfugiés et à poursuivre leur soutien aux programmes des Nations Unies qui sauvent des vies, protègent les familles vulnérables, renforcent la résilience à travers la Syrie et les pays de la région et recherchent des solutions durables pour mettre fin aux souffrances des civils.

Cet appel est d’autant plus urgent que l’impact du Covid-19 provoque de forts ralentissements économiques et menace de déstabiliser la région encore davantage.

Les gouvernements et d’autres bailleurs de fonds devraient annoncer des promesses de contributions en réponse à un appel de fonds d’un montant de 3,8 milliards de dollars pour le travail humanitaire des Nations Unies et de leurs partenaires en Syrie ainsi qu’à un plan pour les réfugiés et la résilience dans les pays voisins de la Syrie, d’un montant de 6,04 milliards de dollars. Actuellement, ces plans sont financés respectivement à hauteur de 30% et 19%.

En Syrie, plus de 11 millions de personnes ont besoin d’aide et de protection. Bien que les hostilités aient globalement diminué, il subsiste des tensions et des flambées de violence dans le nord-ouest, le nord-est et le sud, y compris la résurgence de groupes affiliés à ISIS.

« Le conflit en Syrie dure depuis presque aussi longtemps que la Première et la Seconde Guerre mondiale réunies », a déclaré Mark Lowcock, Coordonnateur des secours d’urgence. « Une génération complète d’enfants n’a connu que les difficultés, les destructions et les privations. Près de 2,5 millions d’enfants ne sont pas scolarisés. L’économie s’effondre, des millions de personnes sont déracinées et la faim frappe un grand nombre de personnes. Demain, le monde peut agir. Des promesses de contributions généreuses et rapidement versées peuvent aider les Nations Unies et les ONG humanitaires à maintenir le cap en Syrie et à fournir aux populations la nourriture, les abris, les services de santé et la protection dont elles ont d’urgence besoin. »

La moitié de la population d’avant-guerre – soit plus de 13,2 millions de personnes – est déracinée à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Il s’agit de la plus importante crise de réfugiés au monde, avec 6,6 millions de réfugiés dispersés à travers le monde entier. La grande majorité d’entre eux – soit plus de 5,5 millions de réfugiés – vivent en Turquie, au Liban, en Jordanie, en Irak et en Égypte.

Après avoir accueilli, pendant près d’une décennie, certaines des personnes parmi les plus vulnérables au monde, les gouvernements des pays d’accueil s’efforcent de maintenir les services aux réfugiés. La situation est aggravée par l’impact socio-économique désastreux de la pandémie de Covid-19. Selon de récentes statistiques, les pays d’accueil sont le théâtre d’un fort ralentissement économique et d’une spirale d’appauvrissement. D’importants efforts sont nécessaires pour soutenir les plus vulnérables et préserver la stabilité.

Des millions de réfugiés ont perdu leurs moyens de subsistance, s’endettent et sont dans l’incapacité de satisfaire leurs besoins fondamentaux. Le risque de travail des enfants, de violence sexiste, de mariage précoce et d’autres formes d’exploitation est accru.

« La crise de Covid-19 a eu un impact immédiat et dévastateur sur les moyens de subsistance de millions de réfugiés syriens et de leurs hôtes dans la région », a déclaré Filippo Grandi, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. « Les personnes les plus vulnérables de la société – dont des millions de réfugiés – ont perdu leurs revenus déjà fragiles et maigres. Elles s’enfoncent dans la pauvreté et l’endettement. La communauté internationale doit s’unir pour apporter un soutien durable et prévisible aux réfugiés syriens ainsi qu’aux pays et communautés de la région qui les accueillent généreusement depuis des années. »

Les pays voisins ont continué à exprimer leur engagement à accueillir des réfugiés, mais il faut que la communauté internationale leur apporte d’urgence un soutien solide et que la charge soit partagée. Sans cela, les gains durement acquis ces dernières années risquent d’être perdus, avec des conséquences humaines et politiques potentiellement désastreuses.

« La crise économique qui s’abat actuellement sur une région déjà éprouvée freine le développement et exerce une pression insoutenable sur les gouvernements et les communautés qui accueillent des réfugiés dans la région », a déclaré Achim Steiner, Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement. « Des millions de personnes qui, il y a quelques mois à peine, luttaient pour échapper à la pauvreté, ont désormais complètement perdu leurs moyens de subsistance. En tant que communauté internationale, nous devons envoyer un signe fort de solidarité en augmentant le soutien envers les réfugiés syriens. »

Depuis le début de l’année 2020, les Nations Unies et leurs partenaires en Syrie ont fourni une aide à 6,2 millions de personnes en moyenne chaque mois, y compris des denrées alimentaires vitales pour 4,5 millions de personnes dans les 14 gouvernorats.

En Syrie et dans la région, les partenaires ont intensifié leurs efforts, les besoins ayant augmenté du fait de la pandémie de Covid-19. Tout en assurant une protection globale, une aide humanitaire et un soutien à la résilience au bénéfice de millions de personnes, les plans des Nations Unies comprennent également des mesures spécifiques de prévention et de lutte contre le Covid-19 pour répondre aux besoins les plus urgents.

Lors de la conférence de l’année dernière à Bruxelles, la communauté internationale avait confirmé un financement total d’un montant de 7 milliards de dollars pour soutenir les activités humanitaires, de résilience et de développement en 2019. Toutes les annonces de contributions ont été entièrement réglées et les bailleurs de fonds ont également versé des financements supplémentaires en 2019.

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Des photos et des vidéos sont disponibles sur Refugees Media (login nécessaire)

Publie par le HCR, le 29 juin 2020

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