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Le HCR condamne les attaques contre des camps de déplacés en République centrafricaine

Des enfants déplacés jouent au camp de déplacés de M'poko à Bangui en République centrafricaine.

Des enfants déplacés jouent au camp de déplacés de M’poko à Bangui en République centrafricaine. © HCR / O. Laban-Mattei

GENÈVE, 12 novembre (HCR)—Le HCR a condamné la propagation de violences dans l’instable République centrafricaine ces derniers jours, y compris des attaques dans deux camps accueillant des personnes déplacées internes. Ces attaques ont causé la mort de huit personnes et d’un soldat camerounais des troupes de l’ONU pour le maintien de la paix.

Des hommes armés, qui seraient d’anciens rebelles séléka, ont attaqué un site de déplacés internes dans la ville de Bambari jeudi (12 novembre) au centre du pays, causant la mort de trois personnes, en blessant plus de 30 autres et ayant réduit en cendres quelque 40 abris, selon de premières informations. La veille, des hommes armés, qui seraient d’anciens rebelles, avaient tué deux étudiants dans la ville.

Mardi (10 novembre), des combattants rebelles sont entrés dans le camp de Batangafo. Le motif de cette attaque serait la vengeance après l’assassinat de deux jeunes musulmans plus tôt la même journée dans ce même camp. Ils ont tiré des coups de feu et incendié des huttes ainsi que des abris communautaires, déclenchant la panique et causant la mort de cinq personnes, selon des informations préliminaires.

Parmi les victimes de ces attaques, une femme âgée est décédée de brûlures dans son abri. Quelque 5500 personnes ont fui le camp en quête de refuge dans des zones plus sûres à proximité d’un camp des troupes de l’ONU pour le maintien de la paix et d’un complexe de Médecins Sans Frontières. Environ 730 huttes ont été détruites durant l’attaque ainsi qu’un centre de jeunesse.

Suite à cette flambée de violence, un gardien de la paix camerounais a été abattu lors d’une attaque contre un poste de contrôle de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA). Cette attaque a été condamnée par le Conseil de sécurité des Nations Unies, qui a appelé les autorités à ouvrir une enquête et à traduire en justice les responsables.

Vendredi dernier, une attaque contre le village d’Awatche, à environ 25 kilomètres de Bambari, a poussé quelque 900 personnes à fuir vers un camp géré par le HCR où sont hébergés 1850 réfugiés soudanais à Pladama Ouaka.

« Nous condamnons fermement ces exactions ayant coûté la vie de personnes innocentes. Nous appelons tous les acteurs à rétablir le calme ainsi qu’à respecter le caractère civil et humanitaire des camps accueillant des personnes déplacées », a déclaré Charles Mballa, Représentant adjoint du HCR en RCA. « Il est de notre responsabilité à tous de protéger les civils et de préserver la neutralité ainsi que la sécurité dans des refuges sûrs », a-t-il ajouté.

Les événements de Batangafo rappellent également que tout incident peut déclencher une spirale de violence. Malgré un calme relatif depuis janvier 2015, la capitale Bangui est sévèrement affectée par la violence depuis le 26 septembre dernier. Des affrontements armés avaient alors causé la mort d’au moins 90 personnes et en avaient contraint plus de 40 000 autres à fuir vers des zones plus sûres après le meurtre d’un chauffeur de taxi musulman.

Avant cette tout dernière vague de violence, la République centrafricaine comptait une population déplacée interne estimée à 399 000 (à la mi-octobre). Par ailleurs, près de 460 000 personnes ont fui vers des pays voisins.